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IV - Cette
défiance leur est préjudiciable
La défiance,
quelles qu'en soient les causes, nous porte préjudice : elle nous prive
de grands biens.
Quand saint Pierre,
sautant de sa barque, s'élançait à la rencontre du
Sauveur, il marchait avec assurance sur les flots. Le vent soufflait avec violence.
Les vagues tour à tour se dressaient d'un bond furieux et creusaient des
gouffres profonds. L'abîme s'ouvrait devant l’apôtre. Pierre
trembla; il hésita une seconde. Aussitôt il enfonça : “
Homme de peu de foi, lui dit Jésus, pourquoi as-tu douté ? (12)
”
Voilà notre
histoire. Dans nos moments de ferveur nous nous tenons recueillis près
du Maître. Vienne la tempête, le péril absorbe notre
attention. Nous détournons nos regards de Notre-Seigneur pour les porter
anxieusement sur nos souffrances et nos dangers. Nous hésitons;
aussitôt nous enfonçons.
La tentation nous
assaille. Le devoir nous paraît maussade; son austérité
nous rebute; son poids nous accable. Des imaginations troublantes nous
obsèdent. L'orage gronde dans notre intelligente dans notre
sensibilité, dans notre chair... Et nous nous affolons; nous tombons dans le péché;
nous tombons dans le découragement, plus pernicieux que la faute. Ames
sans confiance pourquoi avons- nous douté ?
L'épreuve nous
frappe de mille manières. Nos affaires temporelles périclitent;
notre avenir matériel nous inquiète. La malveillance s'attaque
à notre réputation. La mort brise les liens de nos affections les
plus légitimes et les plus tendres... Et nous oublions quel soin
paternel la Providence prend de nous. Nous murmurons, nous nous
révoltons : nous augmentons ainsi nos difficultés et l'amertume
de nos deuils. -Ames sans confiance pourquoi avons-nous douté ?
Si nous nous
étions attachés au Bon Maître, avec une confiance d'autant
plus grande que notre situation semblait plus désespérée,
nous n'aurions subi aucun dommage. Nous aurions marché paisiblement sur
les flots; nous serions arrivés sans encombre au golfe tranquille et
sûr; nous aurions bientôt retrouvé la plage
ensoleillée, qu'illuminent les clartés célestes.
Les Saints ont
lutté contre les mêmes difficultés que nous; plusieurs
d'entre eux ont connus les mêmes fautes. Mais du moins ils n’ont pas
douté. Ils se sont relevés sans retard, plus humbles après
leur chute, ne comptant désormais que sur le secours d'en-haut. Ils
conservaient dans leurs coeurs cette certitude absolue, qu'appuyés sur
Dieu ils pouvaient tout. Leur confiance ne les a pas confondus (13).
Devenez donc des
âmes de confiance. Notre-Seigneur vous l’ invite; votre
intérêt le réclame. Vous deviendrez en même temps des
âmes de paix et de lumière.
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