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IV - Chercher en premier
lieu le royaume de Dieu et sa justice
“ Cherchez donc en
premier lieu le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera
donné par surcroît. ”
C'est ainsi que le
Sauveur conclut son discours sur la Providence. Conclusion consolante, qui
renferme une promesse conditionnelle : il tient qu'à nous d'en
bénéficier. Le Seigneur s'occupera d'autant plus de nos
intérêts, que nous nous occuperons davantage des siens.
Là encore il
convient de nous arrêter pour méditer les paroles du Maître.
Une question se pose
nécessairement : où se trouve ce royaume de Dieu, que nous devons
chercher avant tout ? - “ Il est en vous (5) ”, répond
l'Evangile. Regnum Dei intra vos est.
Chercher le royaume de
Dieu, c'est donc dresser à Dieu un trône dans notre âme :
c'est nous soumettre entièrement à sa domination souveraine.
Courbons toutes nos facultés sous le sceptre miséricordieux du
Très-Haut. Que notre intelligence se rappelle sans cesse sa présence;
que notre volonté se conforme en toutes choses à sa
volonté adorable; que notre coeur s'élance fréquemment
vers lui par des actes d'une charité ardente et sincère. Nous
pratiquerons alors cette justice, qui dans le langage des Ecritures, signifie
la perfection de la vie intérieure. Nous suivrons alors à la
lettre le conseil du Sauveur : nous chercherons le royaume de Dieu.
Et le reste nous sera
donne par surcroît.
Il y a là une
sorte de contrat bilatéral : de notre côté, nous devons
travailler à la gloire du Père céleste ; de son
côté, le Père s’engage à subvenir à nos
besoins. “ Jetez donc vos soucis dans le Coeur du Maître ”;
exécutez le contrat qu'il vous propose – il tiendra sa parole; il
veillera sur vous et “ il vous nourrira (6). ”
- “ Pense à moi,
dit le Sauveur à sainte Catherine de Sienne, et je penserai à
toi. ” Et quelques siècles plus tard, dans le monastère de Paray,
il promettait à sainte Marguerite-Marie de faire réussir dans
leurs entreprises ceux qui se montreraient particulièrement dévôts
à son Sacré-Coeur.
Heureux le
chrétien qui se conforme à cette maxime de l’Evangile ! Il
cherche Dieu et Dieu prend ses affaires entre ses mains toutes puissantes : de
quoi “ pourrait-il manquer (7) ”. Il pratique les vertus
intérieures et solides; et par le fait même il évite les
désordres, les fautes, les vices, qui sont la cause la plus commune des
insuccès et de la ruine.
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