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V - Prier pour nos
besoins temporels
La confiance, telle que
nous venons de la décrire, ne nous dispense pas de la prière.
Dans nos nécessités temporelles, il ne suffit pas d'attendre le
secours de Dieu; il faut encore le lui demander.
Jésus-Christ nous
a laissé dans le Pater, un modèle parfait d'oraison. Or il nous y
fait demander notre pain de chaque jour : panem nostrum quotidianum da nobis
hodie.
Ne
négligeons-nous pas souvent ce grand devoir ? Quelle imprudence et
quelle folie ! Nous nous privons ainsi par notre légèreté
de la protection céleste, la seule souverainement efficace. Les
Capucins, dit-on parfois, ne meurent jamais de faim, parce qu'ils
récitent pieusement le Notre Père. Imitons-les et le
Très-Haut ne nous laissera pas manquer du nécessaire.
Nous devons donc
demander notre pain quotidien. C'est une obligation que nous imposent la foi et
la charité envers nous-mêmes. Mais pouvons-nous hausser davantage
nos prétentions et demander la richesse ?
Rien ne s'y oppose,
pourvu que notre prière s'inspire de motifs surnaturels et que nous
restions soumis à la Volonté de Dieu. Le Seigneur ne nous
défend pas de lui exprimer nos désirs; il aime au contraire que
nous agissions filialement avec lui. N'attendons pas cependant qu'il se plie
à toutes nos fantaisies; sa Bonté le lui défend. Il sait
ce qui nous convient; il ne nous accordera les biens de la terre que s'ils doivent
servir à notre sanctification.
Abandonnons-nous donc
entièrement à la conduite de la Providence et récitons la
prière du Sage : “ Ne me donnez ni la pauvreté ni la richesse.
Donnez-moi seulement ce qui me sera nécessaire pour vivre; de peur que
rassasié je ne sois tenté de vous renoncer et de dire : Qui
est le Seigneur ? Ou qu'étant contraint par l'indigence je me
dérobe et que je ne blasphème le Nom de mon Dieu (8). ”
Notes
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