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III - Sa bonté
C'est que Notre-Seigneur
est adorablement bon : son coeur ne peut pas voir souffrir sans être
déchiré. Cette pitié lui a fait accomplir quelques-uns de
ses plus grands miracles spontanément, avant d'avoir reçu aucune
prière.
La foule le suit
à travers les montagnes désertes de la Palestine; pendant trois
jours elle oublie pour l'entendre de boire et le manger. Mais le Maître
appelle les Apôtres : “ Voyez ces pauvres gens, leur dit-il; je ne puis
les renvoyer ainsi : ils tomberaient en défaillance sur la route. J’ai
pitié de cette foule (10). ” - Et il multiplie les pains qui
restaient à ses disciples.
Une autre fois, il se
rendait dans la petite ville de Naïm, escorté d'une troupe
nombreuse. Presque aux portes de la cité, il rencontra un cortège
funèbre. C'était un jeune homme que l'on portait à sa
dernière demeure : il était fíls unique et sa mère
était veuve. Sans espoir désormais, n’attendant plus rien de la
vie, la pauvre femme suivait lamentablement le corps de son enfant. La vue de
cette douleur muette bouleversa le Maître : il fut ému de
miséricorde. “ Pauvre affligée, lui dit-il, ne pleurez plus
(11). ” Et il s'approcha de la civière où gisait le
cadavre; et il rendit le jeune homme vivant à sa mère.
Ames meurtries par
l'épreuve; consciences troublées par le doute peut-être,
peut-être aussi par le remords; coeurs brisés par la trahison ou
par les deuils ; vous qui souffrez, croyez-vous que Jésus n'ait pas pitié
de vos douleurs ? Vous ne comprendriez rien à son immense Amour. Il
connait vos misères; il les voit et son Coeur en est touché.
C'est sur vous qu'il jette aujourd'hui son cri de compassion; c'est à
vous qu'il redit, comme à la veuve de Naïm : “ Ne pleurez plus, je
suis la Résignation; je suis la Paix; je suis la Résurrection et
la Vie ! ”
Cette confiance, que
devrait nous inspirer naturellement sa Bonté, Notre-Seigneur nous la
réclame explicitement. Il la pose comme une condition essentielle
à ses faveurs. Nous le voyons, dans l'Evangile, en exiger des actes
formels avant d'accomplir certains miracles.
Pourquoi lui, si tendre,
se montre-t-il en apparence si dur envers la Chananéenne qui lui demande
la guérison de sa fille ? Il la repousse à plusieurs reprises; mais
rien ne la rebute. Elle multiplie ses supplications touchantes; rien
n'arrête son inébranlable confiance. C'est
précisément ce que veut le Sauveur : “ 0 femme,
s'écrie-t-il avec une admiration joyeuse, comme ta confiance est grande!
” Et il ajoute : “ Qu'il te soit fait selon ta volonté (12). ”
La confiance obtient la
réalisation de nos désirs Notre-Seigneur lui-même nous
l'affirme.
Etrange aberration de
l'intelligence humaine. Nous croyons aux miracles de l'Evangile, puisque nous
sommes des catholiques convaincus; nous croyons que Notre-Seigneur n'a rien
perdu de sa Puissance en montant aux cieux; nous croyons à sa
Bonté, que prouve sa vie tout entière... et nous ne savons pas
nous abandonner à la confiance.
Nous connaissons
très mal le Coeur de Jésus. Nous nous obstinons à le juger
d'après nos faibles coeurs : on dirait vraiment que nous voudrions
réduire son immensité aux mesquines proportions des nôtres.
Nous avons de la peine à admettre son incroyable Miséricorde
envers les pécheurs, parce que nous sommes vindicatifs et lents à
pardonner. Nous comparons sa tendresse infinie à nos petites affections.
Nous ne comprenons rien à ce feu dévorant qui faisait de ce Coeur
un immense brasier d'amour, à cette passion sainte pour les hommes qui
le dominait tout entier, à cette charité folle qui le poussa des
abaissements de la crèche au sacrifice du Golgotha. Et nous ne pouvons
pas dire avec l'Apôtre saint Jean, dans la plénitude de notre foi
: “ Nous croyons à son Amour ! (13) ”
0 Maître adorable,
nous voulons désormais nous abandonner entièrement à votre
amoureuse conduite.
Nous vous confions le
soin de notre avenir matériel. Nous ignorons ce que nous réserve
cet avenir, chargé de menaces. Mais nous nous mettons entre les mains de
votre Providence.
Nous vous confions nos
peines. Elles sont bien cruelles parfois. Mais vous êtes là pour
les adoucir.
Nous vous confions nos
misères morales. Notre faiblesse nous fait craindre toutes les
défaillances. Mais vous nous soutiendrez et nous préserverez des
chutes.
Comme votre Apôtre
préféré qui reposait sa tête sur votre poitrine,
nous nous reposerons sur votre Coeur divin; et selon la parole du Psalmiste,
nous nous y endormirons dans une paix délicieuse, parceque vous nous avez
établis, ô Jésus, dans une inaltérable confiance.
Notes
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