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I - La confiance
glorifie Dieu
Le plus magnifique
éloge qu'on puisse faire de la confiance, consiste à en montrer
les fruits : ce sera le sujet de ce dernier chapitre. Puissent les
considérations suivantes encourager les âmes inquiètes
à vaincre enfin leur pusillanimité et à pratiquer
parfaiternent cette précieuse vertu !
La confiance
n'évolue pas dans les sphères plus humbles des vertus morales;
elle s'élance d'un bond jusqu'au trône de l'Etemel, jusqu'au coeur
même du Père céleste.
Elle rend un excellent
hommage à ses Perfections infinies; à sa Bonté, parce
qu'elle n'attend que de lui les secours nécessaires; à sa
Puissance, parce qu'elle dédaigne toute autre force que la sienne;
à sa Science parce qu'elle reconnaît la sagesse de ses
interventions souveraines; à sa Fidélité, parce qu'elle
compte sans hésitation sur la parole divine.
Elle participe donc
à la fois de la louange et de l'adoration. Or il n'y a pas, dans les
manifestations de la vie religieuse, d'actes plus élevés que
ceux-là : ce sont les actes sublimes, à quoi s'occupent au ciel
les Esprits bienheureux. Les Séraphins se voilent la face de leurs ailes
en présence du Très-Haut, et les choeurs angéliques lui
répètent éperdument leur triple acclamation.
La confiance
résume, dans une lumineuse et très douce synthèse, les
trois vertus théologales : la foi, l'espérance et la
charité.
Aussi le
prophète, ébloui par l'éclat de cette vertu, se sent-il
incapable de contenir son admiration et il s'écrie dans son enthousiasme
: “ Béni l'homme qui se confie en Dieu ! (1) ”
Mais par contre,
l’âme défiante outrage le Seigneur. Elle doute de sa Providence,
de sa Bonté, de son Amour. Elle va chercher le secours des
créatures; parfois même de nos jours, elle se livre à des
pratiques superstitieuses. La malheureuse s'appuie sur des soutiens fragiles :
ils se briseront sous son poids et la blesseront cruellement.
Et Dieu s'irrite d'une
pareille offense.
Il est raconté,
au quatrième livre des Rois, qu'Ochozias, tombé malade, envoya
consulter les prêtres des idoles. Jéhovab s'en irrita; il chargea
le prophète Elie de terribles menaces contre le souverain : “ N'y a-t-il
pas un Dieu en Israël, pour que vous consultiez Béelzébub,
le dieu d'Accaron ? C'est pour cela que vous ne vous relèverez pas du
lit où vous êtes, mais vous mourrez très certainement
(2). ”
Le chrétien
défiant de la Bonté divine, qui accroche son espoir aux
créatures, ne mérite-t-il pas le même reproche ? Ne
s'expose-t-il pas à de justes chátiments ? La Providence ne
veille-t-elle pas sur lui, pourqu'il s'adresse follement à des
êtres débiles, incapables de lui venir en aide ?
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