Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText
Ioannes Paulus PP. II
Ecclesia in Asia

IntraText CT - Lecture du Texte

  • CHAPITRE III
    • L'Esprit Saint et l'Incarnation du Verbe
Précédent - Suivant

Cliquer ici pour activer les liens aux concordances

L'Esprit Saint et l'Incarnation du Verbe

16. Sous la conduite de l'Esprit, l'histoire du salut se déroule sur la scène du monde, et même du cosmos, selon le plan éternel du Père. Ce plan, mis en œuvre par l'Esprit dès le premier moment de la création, est déjà présent dans l'Ancien Testament et il a été porté à son accomplissement par la grâce de Jésus Christ; il se poursuit dans la nouvelle création, par ce même Esprit Saint, jusqu'à ce que le Seigneur revienne dans la gloire à la fin des temps. 56 L'Incarnation du Fils de Dieu est l'œuvre suprême de l'Esprit Saint: « La conception et la naissance de Jésus sont l'œuvre la plus grande accomplie par l'Esprit Saint dans l'histoire de la création et du salut, c'est-à-dire la grâce suprême — "la grâce d'union" — source de toute autre grâce ».57 L'Incarnation est l'événement par lequel Dieu rassemble en une union nouvelle et définitive avec lui-même non seulement les hommes, mais toute la création et toute l'histoire. 58

Ayant été conçu dans le sein de la Vierge Marie par la puissance de l'Esprit (cf. Lc 1, 35; Mt 1, 20), Jésus de Nazareth, Messie et unique Sauveur, fut rempli de l'Esprit Saint. Celui-ci descendit sur lui au moment du baptême (cf. Mc 1, 10) et le mena au désert pour le fortifier avant son ministère public (cf. Mc 1, 12; Lc 4, 1; Mt 4, 1). Dans la synagogue de Nazareth, Jésus commença son ministère prophétique en s'appliquant à lui-même la vision d'Isaïe sur l'onction de l'Esprit qui le conduit à prêcher la Bonne Nouvelle aux pauvres, la libération aux prisonniers et une année de grâce du Seigneur (cf. Lc 4, 18-19). Par la puissance de l'Esprit, Jésus guérit les malades et chassa les démons, comme signe que le Royaume de Dieu était arrivé (cf. Mt 12, 28). Après être ressuscité des morts, il communiqua aux disciples l'Esprit Saint qu'il avait promis de répandre sur l'Eglise quand il retournerait vers le Père (cf. Jn 20, 22-23).

Tout cela montre que la mission salvifique de Jésus porte la marque unique de la présence de l'Esprit: la vie, la vie nouvelle. Entre l'envoi du Fils par le Père et l'envoi de l'Esprit par le Père et le Fils, il y a un lien étroit et vital. 59 L'action de l'Esprit dans la création et dans l'histoire humaine acquiert une signification totalement nouvelle en regard de son action dans la vie et dans la mission de Jésus. Les  « semences du Verbe » semées par l'Esprit préparent toute la création, l'histoire et l'homme à la pleine maturité dans le Christ. 60

Les Pères synodaux ont exprimé leur préoccupation face à la tendance à séparer l'activité de l'Esprit Saint de celle de Jésus Sauveur; et, répondant à leur préoccupation, je redis ce que j'ai déjà écrit dans l'encyclique Redemptoris missio: « [L'Esprit] ne se substitue pas au Christ, et il ne remplit pas une sorte de vide, comme, suivant une hypothèse parfois avancée, il en existerait entre le Christ et le Logos. Ce que le Christ fait dans le cœur des hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les religions, remplit une fonction de préparation évangélique et cela ne peut pas être sans relation au Christ, le Verbe fait chair par l'action de l'Esprit, "afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui" ».61

La présence universelle de l'Esprit Saint ne peut donc pas servir d'excuse pour omettre de proclamer explicitement Jésus Christ comme seul et unique Sauveur. A l'inverse, la présence universelle de l'Esprit Saint est inséparable du salut universel en Jésus. La présence de l'Esprit dans la création et dans l'histoire conduit à Jésus Christ, en qui la création et l'histoire sont rachetées et trouvent leur accomplissement. La présence et l'action de l'Esprit, que ce soit au moment de l'Incarnation ou au moment culminant de la Pentecôte, visent toujours Jésus et le salut qu'il apporte. C'est pourquoi la présence universelle de l'Esprit ne peut jamais être séparée de son action à l'intérieur du Corps du Christ, qui est l'Eglise. 62





56) Cf. Assemblée spéciale pour l'Asie du Synode des Evêques, Rapport avant la discussion, n. 13: L'Osservatore Romano, 22 avril 1998, p. 5.



57) Jean-Paul II, Encycl. Dominum et vivificantem (18 mai 1986), n. 50: AAS 78 (1986), p. 870; La Documentation catholique 83 (1986), p. 601; cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique III, q. 2, aa 10-12; q. 6, a. 6; q. 7, a. 13.



58) Cf. Jean-Paul II, Encycl. Dominum et vivificantem (18 mai 1986), n. 50: AAS 78 (1986), p. 870; La Documentation catholique 83 (1986), p. 601.



59) Cf. ibid., n. 24: AAS, l.c., p. 832; La Documentation catholique, l.c., pp. 589-590.



60) Cf. Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio (7 décembre 1990), n. 28: AAS 83 (1991), p. 274; La Documentation catholique 88 (1991), p. 162.



61) Ibid., n. 29: AAS, l.c., p. 275; La Documentation catholique, l.c., p. 163; Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 45.



62) Cf. ibid.






Précédent - Suivant

Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText

Best viewed with any browser at 800x600 or 768x1024 on Tablet PC
IntraText® (V89) - Some rights reserved by EuloTech SRL - 1996-2007. Content in this page is licensed under a Creative Commons License