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59. L'existence d'une dette extérieure qui étouffe
beaucoup de peuples du continent américain constitue un problème complexe. Sans
pour autant entrer dans ses nombreux aspects, l'Église, dans sa sollicitude
pastorale, ne peut pas ignorer ce problème, car il concerne la vie d'un grand
nombre de personnes. C'est pourquoi diverses Conférences épiscopales en
Amérique, conscientes de la gravité de cette question, ont organisé à ce sujet
des rencontres d'étude et ont publié des documents visant à proposer des
solutions concrètes. (216) Moi-même, j'ai exprimé plusieurs fois ma
préoccupation face à cette situation, devenue en certains cas insoutenable.
Dans la perspective du grand Jubilé de l'An 2000, maintenant tout proche, et me
souvenant de la signification sociale que les jubilés revêtaient dans l'Ancien
Testament, j'ai écrit: « Dans l'esprit du Livre du Lévitique (25, 8-12), les
chrétiens devront se faire la voix de tous les pauvres du monde, proposant que
le Jubilé soit un moment favorable pour penser, entre autres, à une réduction
importante, sinon à un effacement total, de la dette internationale qui pèse
sur le destin de nombreuses nations ». (217)
J'exprime à nouveau le souhait, repris par le
Synode, que le Conseil pontifical « Justice et Paix », avec d'autres organismes
compétents comme la Section pour les Relations avec les États de la
Secrétairerie d'État, « cherche, par l'étude et le dialogue avec des
représentants du Premier Monde et avec des responsables de la Banque mondiale
et du Fonds monétaire international, des voies de solution au problème de la
dette extérieure ainsi que des normes qui empêchent que de telles situations se
reproduisent à l'occasion de futurs emprunts ». (218) Au niveau le plus
large possible, il serait opportun que « des experts en économie et en
questions monétaires, de renommée internationale, procèdent à une analyse
critique de l'ordre économique mondial, dans ses aspects positifs et négatifs,
pour corriger l'ordre actuel et proposer un système et des mécanismes en mesure
d'assurer le développement intégral et solidaire des personnes et des peuples
». (219)
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