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Respect
croissant des droits humains
19. Dans le
domaine civil, mais avec des implications morales immédiates, on doit signaler,
parmi les aspects positifs de l'Amérique d'aujourd'hui, la mise en place
croissante dans tout le continent de systèmes politiques démocratiques et la
réduction progressive des régimes dictatoriaux. L'Église considère avec
sympathie cette évolution, dans la mesure où cela favorise un respect toujours
plus évident des droits de chacun, y compris ceux de l'accusé et du coupable, à
l'égard desquels il n'est pas légitime de recourir à des méthodes de détention
et d'investigation — que l'on pense ici particulièrement à la torture —
préjudiciables à la dignité humaine. « L'État de droit est, en effet, la
condition nécessaire pour établir une vraie démocratie ».( 51)
En outre,
l'existence d'un État de droit implique chez les citoyens, et plus encore dans
la classe dirigeante, la conviction que la liberté ne peut être séparée de la
vérité.( 52) En effet, « les graves problèmes qui menacent la dignité
de la personne humaine, la famille, le mariage, l'éducation, l'économie et les
conditions de travail, la qualité de la vie et la vie elle-même, soulèvent la
question du droit ».( 53) Les Pères synodaux ont souligné avec raison
que « les droits fondamentaux de la personne humaine sont inscrits dans la
nature elle-même, qu'ils sont voulus par Dieu et que par conséquent ils
demandent à être universellement acceptés et observés. Aucune autorité humaine
ne peut les transgresser en faisant appel à la majorité ou au consensus
politique, sous prétexte que de cette manière le pluralisme et la démocratie
sont respectés. C'est pourquoi l'Église doit s'engager à former et à
accompagner les laïcs qui ont une fonction dans le domaine législatif, dans le
gouvernement et dans l'administration de la justice, afin que les lois
expriment toujours des principes et des valeurs morales qui soient conformes à
une saine anthropologie et qui tiennent compte du bien commun ».( 54)
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