28. Dans toutes les phases et à tous les niveaux
de son déroulement, le Synode a porté la plus grande attention au
signe sacramentel qui représente et en même temps réalise
la pénitence et la réconciliation. Assurément, ce
sacrement n'épuise pas en lui-même les concepts de conversion et
de réconciliation. L'Eglise, en effet, connaît et valorise depuis
ses origines des formes nombreuses et variées de pénitence:
certaines de type liturgique ou paraliturgique, qui vont de l'acte
pénitentiel de la messe aux cérémonies pour implorer le
pardon et aux pèlerinages; d'autres de caractère
ascétique, comme le jeûne. Cependant, parmi tous ces actes, aucun
n'est plus significatif, plus divinement efficace, ni plus élevé
et en même temps plus accessible au sein du rite lui-même que le
sacrement de Pénitence.
Dès
sa préparation, et ensuite au long des nombreuses interventions qui
eurent lieu pendant son déroulement, dans les travaux de groupe et dans
les Propositions finales, le Synode a tenu compte de cette affirmation
bien des fois répétée, avec des diversités de ton
et de contenu: le sacrement de Pénitence traverse une crise,
et le Synode en a pris acte. Il a recommandé une catéchèse
approfondie, mais également une analyse non moins approfondie de
caractère théologique, historique, psychologique, sociologique et
juridique sur la pénitence en général et sur le sacrement
de Pénitence en particulier. Il a cherché ainsi à
éclaircir les causes de la crise et à ouvrir la voie à une
solution positive pour le plus grand bien de l'humanité. En même
temps, du Synode lui-même l'Eglise a reçu une claire confirmation
de sa foi en ce qui concerne le sacrement qui donne à tout
chrétien et à la communauté entière des croyants la
certitude du pardon grâce à la puissance du sang rédempteur
du Christ.
Il
est bon de renouveler et de réaffirmer cette foi à une
époque où elle pourrait s'affaiblir, perdre quelque chose de son
intégrité ou entrer dans une zone d'ombre et de silence,
menacée comme elle l'est par la crise déjà
mentionnée en ce qu'elle a de négatif. En effet, le sacrement de la
confession est en butte à de nombreuses menaces: d'un côté,
l'obscurcissement de la conscience morale et religieuse, la diminution du sens
du péché, la déformation de la notion de repentir,
l'élan insuffisant vers une vie authentiquement chrétienne; d'un
autre côté, la mentalité répandue ici ou là
selon laquelle on pourrait obtenir le pardon directement de Dieu, même de
façon ordinaire, sans s'approcher du sacrement de la
Réconciliation, et aussi la routine d'une pratique sacramentelle
qui manque parfois de ferveur et de spontanéité spirituelle,
cette routine étant due peut-être à une conception
erronée et détournée de son vrai sens en ce qui concerne les
effets du sacrement.
Il
convient donc de rappeler les principaux aspects de ce grand sacrement.
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