Le sacrement du Pardon
30. La révélation de la valeur de ce
ministère, et du pouvoir de remettre les péchés
conféré aux Apôtres et à leurs successeurs par le
Christ, a fait se développer dans l'Eglise la conscience du signe du
pardon donné par le sacrement de Pénitence. Il s'agit de
la certitude que le Seigneur Jésus lui-même a institué et
confié à l'Eglise - comme don de sa bienveillance et de son
«amour pour les hommes »(172) à proposer à tous - un
sacrement spécial pour la rémission des péchés
commis après le baptême.
La
pratique de ce sacrement, quant à sa célébration et
à sa forme, a connu un long processus de développement, comme
l'attestent les sacramentaires les plus anciens, les Actes des Conciles et des
Synodes épiscopaux, la prédication des Pères et
l'enseignement des Docteurs de l'Eglise. Mais, en ce qui concerne la substance du
sacrement, la certitude que, par la volonté du Christ, le pardon est
offert à chacun au moyen de l'absolution sacramentelle donnée par
les ministres de la Pénitence, est toujours demeurée solide et
inchangée dans la conscience de l'Eglise; et cette certitude est
réaffirmée vigoureusement aussi bien par le Concile de
Trente(173) que par le Concile Vatican II: «Ceux qui s'approchent du
sacrement de Pénitence y reçoivent de la miséricorde de
Dieu le pardon de l'offense qu'ils lui ont faite et du même coup sont
réconciliés avec l'Eglise que leur péché a
blessée et qui, par la charité, l'exemple, les prières,
travaille à leur conversion»(174). On doit réaffirmer
comme une donnée essentielle de la foi sur la valeur et le but de
la Pénitence, que notre Sauveur Jésus Christ institua dans son
Eglise le sacrement de Pénitence, afin que les fidèles
tombés dans le péché après leur baptême
puissent recevoir la grâce et se réconcilier avec
Dieu(175).
La foi de l'Eglise dans ce sacrement comporte
quelques autres vérités fondamentales qu'on ne peut
éluder. Le rite sacramentel de la
Pénitence, dans son évolution et les variations de ses formes
concrètes, a toujours conservé et mis en lumière ces
vérités. Le Concile Vatican II, en prescrivant la réforme
de ce rite, avait en vue une expression encore améliorée de ces
vérités(176) et cela s'est réalisé
grâce au nouveau Rituel de la Pénitence(177).
Celui-ci, en effet, a repris dans son intégrité la doctrine de la
tradition formulée par le Concile de Trente, en la transférant de
son contexte historique (celui d'un effort déterminé de
clarification doctrinale face à de graves déviations par rapport
à l'enseignement authentique de l'Eglise) pour l'exprimer
fidèlement en termes plus adaptés au contexte de notre
époque.
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