Quelques
cas plus délicats
34.
J'estime devoir mentionner à cet endroit, même très
brièvement, un cas pastoral que le Synode a voulu traiter, autant qu'il
lui était possible de le faire, en l'examinant aussi dans l'une des Propositions.
Je veux parler de certaines situations, qui ne sont pas rares aujourd'hui,
où se trouvent des chrétiens désireux de continuer la
pratique religieuse sacramentelle, mais qui en sont empêchés par
leur condition personnelle en opposition avec les engagements qu'ils ont
librement assumés devant Dieu et devant l'Eglise. Ce sont des situations
qui apparaissent particulièrement délicates et quasi
inextricables.
Un
certain nombre d'interventions, au cours du Synode, exprimant la pensée
générale des Pères, ont mis en lumière la
coexistence et l'interférence de deux principes, également
importants, au regard de ces cas. Le premier est le principe de la compassion et de la miséricorde,
en vertu duquel l'Eglise - qui prolonge dans l'histoire la présence et
l'œuvre du Christ - , ne voulant pas la mort du pécheur mais qu'il
se convertisse et qu 'il vive (197), attentive à ne pas briser le
roseau froissé et à ne pas éteindre la mèche qui
fume encore(198), cherche toujours à offrir, autant qu'il lui
est possible, la voie du retour à Dieu et de la réconciliation
avec lui. L'autre principe est celui de la vérité et de la cohérence,
en vertu duquel l'Eglise n'accepte pas d'appeler bien ce qui est mal et mal ce
qui est bien. En se fondant sur ces deux
principes complémentaires, l'Eglise ne peut qu'inviter ses fils qui se
trouvent dans ces situations douloureuses à s'approcher de la
miséricorde divine par d'autres chemins, sans que ce soit cependant
celui des sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie, tant qu'ils ne
remplissent pas les conditions requises.
En
ce domaine, qui, il est certain, afflige aussi, et profondément, nos
cœurs de pasteurs, il m'a semblé qu'il était de mon strict
devoir de dire des paroles claires dans l'exhortation apostolique Familiaris
consortio, en ce qui concerne le cas des divorcés
remariés(199), ou des chrétiens qui cohabitent d'une
manière irrégulière.
En
même temps, je me sens le devoir d'exhorter, avec le Synode, les
communautés ecclésiales et surtout les évêques
à apporter toute l'aide possible aux prêtres qui, manquant aux
graves obligations assumées à leur ordination, se trouvent dans
des situations irrégulières. Aucun de ces frères ne doit
se sentir abandonné de l'Eglise.
Pour
tous ceux qui ne se trouvent pas actuellement dans les conditions objectives
requises par le sacrement de Pénitence, les manifestations de
bonté maternelle de la part de l'Eglise, le soutien des actes de
piété en dehors des actes sacramentels, l'effort sincère
de se maintenir en contact avec le Seigneur, la participation à la
Messe, la répétition fréquente d'actes de foi, d'espérance,
de charité, de contrition les plus parfaits possible, pourront
préparer le chemin pour une pleine réconciliation à
l'heure que seule la Providence connaît.
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