Nostalgie de
réconciliation
3.
Et pourtant, le même regard, s'il conduit ses investigations avec assez
d'acuité, saisit au plus vif de la division un désir
incomparable, ressenti par les hommes de bonne volonté et par les vrais
chrétiens, de réduire les fractures, de cicatriser les
déchirures, d'instaurer à tous les niveaux une unité
essentielle. Chez beaucoup, ce désir comporte une véritable
nostalgie de réconciliation, même si on n'emploie pas ce terme.
Pour certains, il s'agit d'une utopie qui pourrait devenir le levier
idéal pour un véritable changement de la société;
pour d'autres, au contraire, c'est l'objet d'une difficile conquête et
donc un objectif à atteindre grâce à un sérieux
effort de réflexion et d'action. Dans tous les cas, l'aspiration
à une réconciliation sincère et profonde est, sans l'ombre
d'un doute, un mobile fondamental de notre société, et comme le
reflet d'une incoercible volonté de paix; en dépit du paradoxe,
elle l'est aussi fortement que sont dangereux les facteurs de division.
Toutefois, la réconciliation ne peut
être moins profonde que la division. La nostalgie de la
réconciliation et la réconciliation elle-même seront
totales et efficaces dans la mesure où elles atteindront - pour le guérir
- le déchirement primordial qui est la racine de tous les autres,
à savoir le péché.
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