L'effort
du chrétlen
21.
Mais dans le mysterium pietatis, il y a une autre face: à la
piété de Dieu envers le chrétien doit correspondre la piété
du chrétien envers Dieu. Dans cette seconde acception, la
piété (eusébeia) signifie précisément
le comportement du chrétien qui répond à la
piété paternelle de Dieu par sa piété filiale.
En
ce sens encore nous pouvons affirmer avec saint Paul qu' «il est grand le
mystère de la piété». Dans ce sens aussi, la piété,
comme force de conversion et de réconciliation, affronte
l'iniquité et le péché. Dans ce cas également les
aspects essentiels du mystère du Christ sont objets de la piété,
c'est-à-dire que le chrétien accueille le mystère, le
contemple, en tire la force spirituelle nécessaire pour mener sa vie
selon l'Evangile. Ici encore, on doit dire que «celui qui est né de Dieu
ne commet pas le péché»; mais l'expression a un sens
impératif: soutenu par le mystère et par les mystères du
Christ, comme par une source intérieure d'énergie spirituelle, le
chrétien est mis en garde contre le péché et, plus encore,
il reçoit le commandement de ne pas pécher en se comportant
dignement «dans la maison de Dieu, c'est-à-dire dans l'Eglise du Dieu
vivant»(109), étant un fils de Dieu.
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