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Ioannes Paulus PP. II
Reconciliatio et Paenitentia

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  • DEUXIÈME PARTIE
    • CHAPITRE I
      • 14
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14. Si nous lisons dans la Bible la page sur la ville et la tour de Babel à la lumière nouvelle de l'Evangile, et si nous la confrontons avec le récit de la chute des premiers parents, nous pouvons y trouver des éléments précieux pour prendre conscience du mystère du péché. Cette expression, qui fait écho à ce qu'écrivait saint Paul sur le mystère d'iniquité(66), tend à nous faire percevoir ce qui se cache d'obscur et d'insaisissable dans le péché. Sans aucun doute, le péché est l'œuvre de l'homme; mais dans la densité même de cette expérience humaine, interviennent des facteurs qui le situent au-delà de l'humain, dans cette zone limite où la conscience, la volonté et la sensibilité de l'homme sont au contact des forces obscures qui, selon saint Paul, agissent dans le monde au point de parvenir presque à s'en rendre maîtres(67).

La désobéissance à Dieu

Dans le récit biblique sur la construction de la tour de Babel ressort un premier élément qui nous aide à comprendre le péché: les hommes ont prétendu bâtir une cité, former une société, être forts et puissants sans Dieu, même si ce n'était pas à proprement parler contre Dieu(68). Dans ce sens, le récit du premier péché dans le paradis terrestre et le récit de Babel, malgré les différences notables de leurs contenus et de leurs formes, présentent une convergence sur un point: dans l'un et l'autre, nous nous trouvons en face d'une exclusion de Dieu, par le refus explicite de l'un de ses commandements, par un geste qui manifeste une rivalité face à lui, par la prétention illusoire d'être «comme lui»(69). Dans le récit de Babel, l'exclusion de Dieu n'apparaît pas tellement sur le mode d'une confrontation avec lui, mais comme l'oubli et l'indifférence à son égard, comme si Dieu ne présentait aucun intérêt dans le cadre du projet humain de bâtir et de s'unir. Mais, dans les deux cas, c'est avec violence que se trouve rompu le rapport avec Dieu. Dans la scène du paradis terrestre apparaît toute la gravité dramatique de ce qui constitue l'essence la plus intime et la plus obscure du péché: la désobéissance à Dieu, à sa loi, à la norme morale qu'il a donnée à l'homme et inscrite dans son cœur, la confirmant et l'achevant par la révélation.

Exclusion de Dieu, rupture avec Dieu, désobéissance à Dieu: c'est ce qu'a été et ce qu'est le péché tout au long de l'histoire humaine, sous des formes diverses qui peuvent aller jusqu'à la négation de Dieu et de son existence: c'est le phénomène de l'athéisme.

La désobéissance de l'homme qui - par un acte de sa liberté - ne reconnaît pas la prédominance de Dieu dans sa vie, au moins au moment précis où il viole sa loi.




66 Cf. 2 Th. 2, 7



67 Cf. Rm 7, 7-25; Ep 2, 2; 6, 12.



68 La terminologie adoptée par la traduction grecque des Septante et par le Nouveau Testament au sujet du péché est significative à cet égard. Le plus souvent, il est désigné par hamartìa, avec les termes formés sur la même racine. Celle ci exprime l'idée de manquer plus ou moins gravement soit à une norme ou à une loi, soit à une personne ou même à une divinité. Mais le péché est appelé aussi adikìa, et l'idée est alors celle de pratiquer l'injustice. On parlera de paràbasis ou transgression; d'asèbeia, impiété, et d'autres concepts encore; tous ensemble forment l'image du péché.



69 Gn 3, 5: «... vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal»; cf. aussi le v. 22.






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