Au service de
la Révélation
et de la conversion
52. La première question d'ordre
général qui se présente concerne le risque et la tentation
de mêler indûment à l'enseignement
catéchétique des perspectives idéologiques, ouvertes ou
larvées, surtout de nature politico-sociale, ou des options politiques
personnelles. Lorsque ces perspectives l'emportent sur le message central
à transmettre jusqu'à l'obscurcir et à le rendre
secondaire, voire à l'utiliser à leurs fins, la
catéchèse est dénaturée jusque dans ses racines. Le
Synode a insisté à juste titre sur la nécessité,
pour la catéchèse, de se tenir au-dessus des tendances
unilatérales divergentes - d'éviter des «dichotomies» -
même sur le terrain des interprétations théologiques données
à de semblables questions. C'est sur la Révélation que la
catéchèse cherchera à se régler, la
Révélation telle que la transmet le Magistère universel de
l'Eglise, sous sa forme solennelle ou ordinaire. Cette Révélation
est celle d'un Dieu créateur et rédempteur, dont le Fils, venu
parmi les hommes dans leur chair, entre non seulement dans l'histoire
personnelle de chaque homme mais dans l'histoire humaine elle-même dont
il devient le centre. Cette Révélation est donc celle du
changement radical de l'homme et de l'univers, de tout ce qui fait le tissu de
l'existence humaine sous l'influence de la Bonne Nouvelle de
Jésus-Christ. Une catéchèse ainsi conçue
dépasse tout moralisme formaliste, bien qu'elle inclue une vraie morale
chrétienne. Elle dépasse principalement tout «messianisme»
temporel, social ou politique. Elle cherche à atteindre le fond de
l'homme.
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