Nécessité
de la catéchèse
au sens large pour la maturation
et la force de la foi
25. Ainsi donc, grâce à la
catéchèse, le kérygme évangélique -
première annonce pleine de chaleur qui un jour a bouleversé
l'homme et l'a porté à la décision de se livrer à
Jésus-Christ par la foi - est peu à peu approfondi,
développé dans ses corollaires implicites, expliqué par un
discours qui fait appel aussi à la raison, orienté vers la
pratique chrétienne dans l'Eglise et dans le monde. Tout ceci n'est pas
moins évangélique que le kérygme, quoi qu'en disent
certains pour qui la catéchèse viendrait forcément
rationaliser, dessécher et finalement tuer ce qu'il y a de vivant, de
spontané et de vibrant dans le kérygme. Les vérités
qu'on approfondit dans la catéchèse sont celles-là
mêmes qui ont touché l'homme au cœur lorsqu'il les a
écoutées pour la première fois. Le fait de les connaître mieux, loin de les
émousser ou de les tarir, doit les rendre encore plus provocantes et
décisives pour la vie.
Dans la conception qu'on vient d'exposer, la
catéchèse garde l'optique toute pastorale sous laquelle le Synode
a voulu la considérer. Ce sens
large de catéchèse ne contredit point mais comprend, en le
débordant, un sens plus étroit, autrefois communément
retenu par les exposés didactiques: le simple enseignement des formules
qui expriment la foi.
En
définitive, la catéchèse est nécessaire aussi bien
pour la maturation de la foi des chrétiens que pour leur
témoignage dans le monde: elle veut amener les chrétiens
«à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu et
à constituer cet homme parfait, dans la force de l'âge, qui
réalise la plénitude du Christ»(55); elle veut aussi les rendre
prêts à justifier leur espérance devant tous ceux qui leur
en demandent compte(56).
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