2.
Dans cette approche des malades et du
mystère de la souffrance, l'Eglise est guidée par une conception
précise de la personne humaine et de sa destinée dans le plan de
Dieu. Elle considère que la médecine et les soins thérapeutiques
ont pour objectif non seulement le bien et la santé du corps, mais la
personne comme telle, qui dans son corps est frappée par le mal. En
effet, la maladie et la souffrance ne sont pas des expériences qui
regardent seulement le substrat physique de l'homme, mais l'homme, dans sa
totalité et dans son unité somatique-spirituelle. On sait du
reste comment parfois la maladie manifestée dans le corps trouve son
origine et sa véritable cause dans les replis de la psyché
humaine.
Maladie et souffrance sont des
phénomènes qui, scrutés à fond, présentent
toujours des interrogations qui vont au-delà de la médecine
elle-même pour atteindre l'essence de la condition humaine en ce monde
(cf. G.S. 10). On comprend donc facilement l'importance que revêt, dans
les services socio-sanitaires, la présence non seulement de pasteurs
d'âmes, mais aussi de personnel sanitaire qui soit guidé par une
vision intégralement humaine de la maladie, et sache en
conséquence réaliser une proximité humaine complète
envers le malade qui souffre. Pour le chrétien, la rédemption du
Christ et sa grâce salvifique atteignent tout l'homme dans sa condition
humaine et donc y compris la maladie, la souffrance et la mort.
|