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La négation de Dieu: obstacle au dialogue
103 - Nous savons cependant que dans ce cercle sans
confins, il se trouve beaucoup d'hommes, beaucoup trop, malheureusement, qui ne
professent aucune religion, et même nous le savons, sous des formes très
diverses, un grand nombre se déclarent athées. Et nous le savons encore :
quelques-uns font profession ouverte d'impiété et s'en font les protagonistes
comme d'un programme d'éducation humaine et de conduite politique, dans la
persuasion ingénue, mais fatale, de libérer l'homme d'idées fausses et
dépassées touchant la vie et le monde, pour y substituer, disent-ils, une
conception scientifique, conforme aux exigences du progrès moderne.
104 - Ce phénomène est le plus grave de notre époque.
Notre ferme conviction est que la théorie sur laquelle s'établit la négation de
Dieu comporte une erreur fondamentale, qu'elle ne répond pas aux requêtes
dernières et inéluctables de l'esprit, qu'elle prive l'ordre rationnel du monde
de ses bases authentiques et fécondes, qu'elle introduit dans la vie humaine,
non pas une formule de solution, mais un dogme aveugle qui la dégrade et la
rend triste et qu'elle ruine à la racine tout système social qui prétend
reposer sur elle. Ce n'est pas une libération, mais une tentative dramatique en
vue d'éteindre la lumière du Dieu vivant. C'est pourquoi nous résisterons de
toutes nos forces à cette négation envahissante, dans l'intérêt suprême de la
vérité, en vertu du devoir sacro-saint de confesser fidèlement le Christ et son
Evangile comme de l'amour passionné qui nous attache au sort de l'humanité et
que rien ne saurait nous arracher. Nous résisterons avec cet espoir invincible
: l'homme moderne saura encore découvrir dans la conception religieuse à lui
offerte par le catholicisme, sa propre vocation à une civilisation qui ne meurt
pas, mais qui avance sans cesse vers la perfection naturelle et surnaturelle de
l'esprit humain, que la grâce de Dieu, rend capable de la possession honnête et
pacifique des biens temporels, tout en l'ouvrant à l'espérance des biens
éternels.
105 - Ce sont ces raisons qui Nous contraignent, comme
elles y ont obligé Nos prédécesseurs, et avec eux quiconque prend à cœur les
valeurs religieuses, de condamner les systèmes de pensée négateurs de Dieu et
persécuteurs de l'Église, systèmes souvent identifiés à des régimes économiques,
sociaux et politiques, et, parmi eux, tout spécialement le communisme athée. En
un sens, ce n'est pas tant nous qui les condamnons qu'eux-mêmes, les systèmes
et les régimes qui les personnifient, qui s'opposent à nous radicalement par
leurs idées et nous oppriment par leurs actes. Notre plainte est, en réalité,
plutôt gémissement de victimes que sentence de juges.
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