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Du Concile
de Trente aux actuelles Encycliques
31 - On sait
encore comment l'Eglise, eu ces derniers temps, a entrepris de mieux s'étudier
elle-même, grâce au travail de savants remarquables, d'esprits élevés et
profonds, d'écoles théologiques qualifiées, de mouvements concernant la
pastorale et l'action missionnaire, d'expériences religieuses pleines d'intérêt
et surtout d'enseignements pontificaux mémorables.
32 - Il serait
trop long de faire, ne fût-ce qu'une simple allusion à l'abondante littérature
théologique qui a pour objet l'Eglise et qu'elle-même a produite durant le
siècle dernier et le nôtre ; de même il serait trop long de rappeler les
documents que l'épiscopat catholique et ce Siège apostolique ont publiés sur un
sujet si vaste et si important. Depuis que le Concile de Trente a cherché à
réparer les conséquences de la crise qui, au XVIe siècle sépara de l'Eglise
beaucoup de ses membres, la doctrine concernant l'Eglise elle-même a été
cultivée par de grands noms et s'est par suite largement développée. Il Nous
suffit ici de Nous référer aux enseignements du premier Concile œcuménique
Vatican en la matière pour comprendre comment les études relatives à l'Eglise
constituent un sujet qui force l'attention aussi bien des pasteurs et des
maîtres que des fidèles et de tous les chrétiens à s'arrêter comme à une étape
obligatoire dans le chemin vers le Christ et toute son œuvre ; si bien que,
comme il a déjà été dit, le second Concile œcuménique du Vatican n'est qu'une
continuation et un complément du premier, précisément à cause de l'obligation
dans laquelle il se trouve de reprendre l'examen et la définition de la doctrine
sur l'Eglise.
Et si Nous n'en disons pas
davantage par souci de brièveté, en parlant à des personnes qui connaissent
bien ce thème de la catéchèse et de la spiritualité aujourd'hui répandues dans
l'Église, Nous ne pouvons cependant omettre deux documents dignes de mémoire
particulière ; Nous voulons dire l’encyclique Satis Cognitum, du Pape
Léon XIII (1896), et l'Encyclique Mystici Corporis, du Pape Pie XII
(1943), documents qui nous offrent une vaste et claire doctrine sur
l'institution divine par laquelle le Christ continua dans le monde son œuvre de
salut et sur laquelle porte aujourd'hui Notre discours. Qu'il suffise de
rappeler les paroles par lesquelles s'ouvre le second de ces documents
pontificaux, qui est devenu, peut-on dire, un texte très autorisé pour la
théologie de l'Eglise et riche de substance pour des méditations spirituelles
sur cette œuvre de la miséricorde divine qui nous concerne tous. Voici donc les
paroles magistrales de Notre grand Prédécesseur : « La doctrine du Corps
mystique du Christ, qui est l'Eglise, a été reçue primitivement des lèvres
mêmes du Rédempteur ; elle met en sa juste lumière le grand bienfait, jamais
assez glorifié, de notre très étroite union avec un si noble Chef. C'est un
enseignement qui, par son importance et son élévation, invite à la
contemplation tous les hommes sensibles aux motions de l'Esprit-Saint qui
illumine leurs esprits et les pousse fortement aux œuvres de salut qui
correspondent aux commandements d'en-haut, » (A.A.S., XXXV, 1943, p. 193.)
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