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Clarté, douceur, confiance, prudence
83 - Le dialogue
est donc un moyen d'exercer la mission apostolique ; c'est un art de
communication spirituelle. Ses caractères sont les suivants :
1. - La clarté avant tout : le dialogue suppose et exige qu'on se comprenne
; il est une transmission de pensée et une invitation à l'exercice des facultés
supérieures de l'homme ; ce titre suffirait pour le classer parmi les plus
nobles manifestations de l'activité et de la culture humaine. Cette exigence
initiale suffit aussi à éveiller notre zèle apostolique pour revoir toutes les formes
de notre langage : celui-ci est-il compréhensible, est-il populaire, est-il,
choisi ?
2. - Un autre caractère est la douceur, celle que le Christ nous propose
d'apprendre de lui-même : « Mettez. vous à mon école, car je suis doux et
humble de cœur » (Mt., 11, 29) ; le dialogue n'est pas orgueilleux ; il
n'est pas piquant ; il n'est pas offensant. Son autorité lui vient de
l'intérieur, de la vérité qu'il expose, de la charité qu'il répand, de
l'exemple qu'il propose ; il n'est pas commandement et ne procède pas de façon
impérieuse. Il est pacifique ; il évite les manières violentes ; il est
patient, il est généreux.
3. - La confiance, tant dans la vertu de sa propre parole que dans la
capacité d'accueil de l'interlocuteur. Cette confiance provoque les confidences
et l'amitié ; elle lie entre eux les esprits dans une mutuelle adhésion à un
bien qui exclut toute fin égoïste.
84 - 4. - La prudence pédagogique enfin, qui tient grand
compte des conditions psychologiques et morales de l'auditeur (cf. Mt.,
7, 6) : selon qu'il s'agit d'un enfant, d'un homme sans culture ou sans
préparation, ou défiant, ou hostile. Elle cherche aussi à connaître la
sensibilité de l'autre et à se modifier, raisonnablement, soi-même, et à
changer sa présentation pour ne pas lui être déplaisant et incompréhensible.
85 - Dans le dialogue ainsi conduit se réalise l'union de
la vérité et de la charité, de l'intelligence et de l’amour.
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