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Sur le culte
d’adoration dû au sacrement de l’Eucharistie
L'Eglise
Catholique fait profession de rendre ce culte d'adoration au Sacrement de
l'Eucharistie non seulement durant la Messe mais aussi en dehors de sa
célébration; elle conserve avec le plus grand soin les hosties consacrées et
les présente aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité.
Cette
vénération est attestée par de nombreux documents très anciens de l'Eglise. En
effet les Pasteurs de l'Eglise exhortaient toujours les fidèles à garder avec
un soin extrême l'Eucharistie qu'ils emportaient chez eux. " C'est en
vérité le Corps du Christ que les fidèles ont à manger ", remarquait saint
Hippolyte. On sait que les fidèles se jugeaient coupables, et avec
raison, comme le dit Origène, si, devenus dépositaires du corps du Seigneur, et
tout en l'entourant de précautions et d'un respect extrêmes, ils en laissaient
par mégarde tomber une parcelle.
La sévérité
avec laquelle les Pasteurs réprouvaient les manques de respect, Novatien en
apporte le témoignage non suspect: il tient pour condamnable celui qui
"sortant de la célébration dominicale et ayant l'Eucharistie sur lui,
selon l'usage... n'a pas emporté immédiatement dans sa maison le Corps sacré du
Seigneur " mais s'est empressé d'aller au spectacle.
Saint Cyrille
d'Alexandrie va jusqu'à rejeter comme une absurdité l'opinion de ceux qui
prétendaient que l'Eucharistie ne contribue plus aucunement à nous sanctifier
s'il s'agit d'un reste d'hostie datant de la veille: " Le Christ n'est pas
sujet à altération, dit-il, et son Corps sacré ne change pas, mais en lui
subsistent toujours la force, la puissance, la grâce qui vivifie
".
On ne peut
oublier non plus que dans l'antiquité les fidèles, soit qu'ils fussent exposés
à la violence des persécutions, soit que par amour de la vie monastique ils
vécussent dans la solitude, avaient coutume de se nourrir de l'Eucharistie même
quotidiennement, prenant la Sainte Communion de leurs propres mains, si le
prêtre ou le diacre faisait défaut.
Ceci soit dit
non pour qu'on modifie la manière de garder l'Eucharistie et de recevoir la
Sainte Communion, telle qu'elle est établie suivant les lois de l'Eglise en
vigueur aujourd'hui, mais pour nous féliciter de voir la foi de l'Eglise rester
toujours la même.
De cette foi unique
est née également la Fête-Dieu; elle fut célébrée la première fois au diocèse
de Liège, spécialement sous l'influence de la Servante de Dieu, la Bienheureuse
julienne de Mont Cornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l'étendit à
l'Eglise universelle. De cette foi tirent leur origine beaucoup d'autres
institutions de piété eucharistique qui, sous l'inspiration de la grâce divine,
sont toujours allées se multipliant et par lesquelles l'Église Catholique
s'efforce, comme à l'envi, soit de rendre hommage au Christ soit de le
remercier pour un don si grand, soit d'implorer sa miséricorde.
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