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Les unions de fait et le
pacte conjugal
(12) La
valorisation des unions de fait présente aussi une dimension subjective.
Nous sommes devant des personnes concrètes, avec leur propre vision de
la vie, leur intentionnalité, en un mot avec leur «histoire». Nous
devons considérer la réalité existentielle de la liberté
individuelle de choix et de la dignité des personnes, lesquelles peuvent
aussi se tromper. Mais dans le cas des unions de fait, la revendication de
reconnaissance publique n’affecte pas seulement le niveau individuel des
libertés. Il convient donc d’aborder ce problème du point de vue
de l’éthique sociale: l’individu humain est une personne, et donc un
être social; l’être humain n’est pas moins social que rationnel[9][9].
Les personnes peuvent se
rencontrer dans le dialogue et se référer à des valeurs
partagées et à des exigences communes en ce qui concerne le bien
commun. Dans ce domaine, la référence universelle, le
critère ne peut être autre que celui de la vérité
concernant le bien humain, une vérité objective, transcendante et
égale pour tous. Atteindre cette vérité et demeurer en elle
est la condition de la liberté et de la maturité personnelle,
véritable but de toute vie en société ordonnée et
féconde. L’attention exclusive au sujet, à l’individu, à
ses intentions et à ses choix, sans la moindre référence
à leur dimension sociale et objective, orientée vers le bien
commun, est le résultat d’un individualisme arbitraire et inacceptable,
aveugle aux valeurs objectives, contraire à la dignité de la
personne et dommageable pour l’ordre social. «Il faut donc promouvoir une
réflexion qui aide non seulement les croyants, mais tous les hommes de
bonne volonté, à découvrir la valeur du mariage et de la
famille. Dans le Catéchisme de l’Église Catholique, on lit: La famille est la 'cellule originelle de la
vie sociale'. Elle est la société naturelle où l’homme et
la femme sont appelés au don de soi dans l’amour et dans le don de la
vie. L’autorité, la stabilité et la vie de relations au sein de
la famille constituent les fondements de la liberté, de la sécurité,
de la fraternité au sein de la société[10][10]. La raison peut arriver à la
redécouverte de la famille en écoutant la loi morale inscrite
dans le cœur humain. Communauté fondée
et vivifiée par l’amour[11][11], la famille tire sa force de l’alliance d’amour
définitive à travers laquelle un homme et une femme se donnent
réciproquement, devenant ensemble des collaborateurs de Dieu dans le don
de la vie[12][12]».
Le Concile Vatican II signale que
l’amour dit libre (amore sic dicto libero)[13][13] est un facteur désagrégeant et
destructif pour le mariage. Il lui manque en effet l’élément
constitutif de l’amour conjugal, fondé sur le consentement personnel et
irrévocable par lequel les époux se donnent et se
reçoivent mutuellement. Ils instaurent ainsi un lien juridique et
créent une unité scellée par une dimension publique de
justice. Ce que le Concile qualifie d’amour «libre», en l’opposant au
véritable amour conjugal, était – et est toujours – le germe qui
donne naissance aux unions de fait. Par la suite, avec la vitesse avec laquelle
se produisent aujourd’hui les changements socioculturels, il a également
fait surgir le projet actuel de conférer un statut public à ces
unions factuelles.
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