(13) Comme tout
autre problème humain, celui des unions de fait doit lui-aussi
être abordé du point de vue rationnel, et plus
précisément du point de vue de la «raison droite»[14][14]. Par cette expression de l’éthique
classique, on veut indiquer que la lecture de la réalité et le
jugement de la raison doivent être objectifs, libres de tout
conditionnement tel que l’émotivité désordonnée, la
faiblesse face à des situations affligeantes qui inclinent à une
compassion superficielle, ou encore les éventuels préjugés
idéologiques, les pressions sociales ou culturelles, l’influence des
groupes de pression ou des partis politiques. Il est vrai que le
chrétien a une vision du mariage et de la famille dont le fondement
anthropologique et théologique plonge ses racines, de manière
harmonieuse, dans la vérité qui procède de la Parole de
Dieu, de la Tradition et du Magistère de l’Église[15][15]. Mais la lumière de la foi enseigne que le
sacrement matrimonial n’est pas postérieur et extrinsèque, comme
un simple ajout «sacramentel» extérieur à l’amour des conjoints,
mais qu’il est au contraire la réalité naturelle de l’amour
conjugal assumé par le Christ comme signe et moyen du salut dans l’ordre
de la Nouvelle Alliance. Le problème des unions de fait peut et doit par
conséquent être affronté à partir de la raison
droite. Ce n’est pas tant une question de foi chrétienne que de
rationalité. La tendance à opposer sur ce point «pensée
catholique» confessionnelle et «pensée laïque» est une erreur[16][16].
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