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La société et
l’État doivent défendre et promouvoir la famille fondée
sur le mariage
(29) Bref, la
promotion humaine, sociale et matérielle de la famille fondée sur
le mariage, et la protection juridique des éléments qui la
composent dans son caractère unitaire, est un bien non seulement pour
chacun des membres de la famille pris individuellement, mais aussi pour la
structure et le bon fonctionnement général des relations
interpersonnelles, l’équilibre des pouvoirs, la garantie des
libertés, les intérêts éducatifs, l’identité
des citoyens et la répartition des fonctions entre les diverses
institutions sociales: «Le rôle de la famille est déterminant et
irremplaçable pour bâtir la culture de la vie[60][60]». Il ne faut pas oublier que si la crise de la
famille a été, dans certaines circonstances et sous certains
aspects, l’une des causes d’un interventionnisme accru de l’État dans
les domaines qui lui sont propres, il n’en est pas moins vrai qu’en maintes
autres occasions et sous d’autres aspects, les initiatives des
législateurs ont favorisé ou provoqué des difficultés
et parfois même la rupture d’un grand nombre de mariages et de familles.
«L’expérience de différentes cultures au long de l’histoire a
montré, pour la société, la nécessité de
reconnaître et de défendre l’institution de la famille (…) La
société et, de façon particulière, l’État et
les Organisations internationales, doivent protéger la famille par des
mesures politiques, économiques, sociales et juridiques, qui ont pour
but de renforcer l’unité et la stabilité de la famille, afin
qu’elle puisse exercer sa fonction spécifique[61][61]».
Il est aujourd’hui plus que
jamais nécessaire – pour la famille et pour la société
tout entière – d’accorder la plus grande attention aux problèmes
auxquels le mariage et la famille doivent faire face actuellement, dans le
respect absolu de sa liberté. À cet effet, il faut une
législation qui protège ses éléments essentiels,
sans limiter sa liberté de décision, notamment en ce qui concerne
le travail féminin, lorsqu’il est incompatible avec le statut
d’épouse et de mère[62][62], la “culture du succès” qui empêche
ceux qui sont dans la vie active de rendre leurs obligations professionnelles
compatibles avec leur vie de famille[63][63], la décision de d’accueillir les enfants,
que les conjoints doivent prendre selon leur conscience[64][64], la défense du caractère permanent
auquel les couples mariés aspirent légitimement[65][65], la liberté religieuse et la dignité
et égalité de droits[66][66], les principes et les choix relatifs à
l’éducation souhaitée pour les enfants[67][67], le traitement fiscal et les autres dispositions
de nature patrimoniale (successions, logement, etc.), le traitement de
l’autonomie légitime de la famille, et enfin le respect et le soutien de
ses initiatives dans le domaine politique, spécialement celles qui ont
trait au milieu familial[68][68]. D’où la nécessité
d’établir une claire distinction, sur le plan social, entre des
phénomènes de nature différente dans leurs aspects
juridiques et dans leur contribution au bien commun, et de les traiter comme
tels. «La valeur institutionnelle du mariage doit être soutenue par les
pouvoirs publics; la situation des couples non mariés ne doit pas
être placée sur le même plan que le mariage dûment
contracté[69][69]».
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