|
3. LA PERSONNE: SA DIGNITÉ, SES DROITS
3.1. Dignité et
égalité
18.
Le concept de dignité de l'être humain doit toujours être la clé
d'interprétation de la Déclaration de 1948. Il est mentionné au premier
paragraphe du préambule, reconnu à l'article premier et réaffirmé par la suite
tout au long de la Déclaration. Toutes les affirmations, principes et droits
mentionnés dans la Déclaration ont été rédigés et doivent être interprétés à la
lumière de la dignité propre à l'être humain.
19. La Déclaration recueille le
fruit du patrimoine historique de l'humanité. La conception chrétienne de
l'homme donne à cette réalité un fondement encore plus solide, puisqu'elle
affirme que l'homme est le seul être qui vaut pour lui-même, et pas seulement
en raison de l'espèce. Qui plus est, c'est un être qui a été créé à l'image et
à la ressemblance de Dieu (Gn 1,27) et qui, de ce fait, est doté d'une
valeur absolue: la créature humaine est aimée de Dieu pour elle-même, comme
fin.(22) Elle n'est donc pas un moyen, une chose manipulable.
20. La Déclaration universelle
commence par affirmer qu'elle reconnaît la dignité inhérente à tous les membres
de la famille humaine, ainsi que leurs droits égaux et
inaliénables.(23) Elle confirme ainsi que cette dignité est une réalité
qui émane de ce que l'homme est, autrement dit de sa nature. Elle est, par
conséquent, le reflet de la réalité substantielle et spirituelle de la personne
humaine, et non celui d'une création de la volonté ou d'une concession des
pouvoirs publics, ni le produit des cultures ou des circonstances historiques.
21. Dans la Déclaration, la
dignité de l'être humain est mise en relation avec la raison et la conscience
dont l'être humain est doté(24) et donc avec son libre arbitre. C'est
aussi ce que souligne expressément l'encyclique Pacem in terris.(25)
Il est donc évident que la dignité n'est pas un concept vague, purement formel
ou vide, mais au contraire un concept riche en contenu, comme le montrent les
articles ultérieurs de la Déclaration. Il s'agit de la dignité et de la possibilité pour
chaque personne réelle de réaliser sa propre personnalité et ses propres
droits, non pas de façon abstraite, mais concrètement, en tant que femme ou
homme, épouse ou époux, enfant ou parent.
22. La Déclaration, d'un
autre côté, proclame et reconnaît la pleine égalité de toute
personne,(26) d'où l'interdiction de toute forme de discrimination ou
de limitation de ses droits pour des motifs " de race, de couleur, de
sexe, de langue, de religion, d'opinion politique,... d'origine nationale ou
sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation
".(27) Cette égalité se manifeste également en reconnaissant à toute
personne des droits à chaque stade de sa croissance et à chaque moment de sa
vie.
|