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Il est donc juste que, le deuxième millénaire du christianisme
arrivant à son terme, l'Église prenne en charge, avec une
conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir
de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son histoire, ils se
sont éloignés de l'esprit du Christ et de son Évangile,
présentant au monde, non point le témoignage d'une vie
inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons
de penser et d'agir qui étaient de véritables formes de
contre-témoignage et de scandale.
Bien qu'elle soit sainte par son
incorporation au Christ, l'Église ne se lasse pas de faire
pénitence: elle reconnaît toujours comme siens, devant Dieu
et devant les hommes, ses enfants pécheurs. La constitution Lumen
gentium dit à ce sujet: « L'Église, qui comprend des
pécheurs en son propre sein, est à la fois sainte et
appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de
pénitence et de renouvellement ».(16)
La Porte sainte du Jubilé de l'An
2000 devra être symboliquement plus large que les précé- dentes
car l'humanité, arrivée à ce terme, laissera
derrière elle non seulement un siècle mais un millénaire.
Il est bon que l'Église franchisse ce passage en étant clairement
consciente de ce qu'elle a vécu au cours de ces dix derniers
siècles. Elle ne peut passer le seuil du nouveau millénaire sans
inciter ses fils à se purifier, dans la repentance, des erreurs, des
infidélités, des incohérences, des lenteurs.
Reconnaître les fléchissements d'hier est un acte de
loyauté et de courage qui nous aide à renforcer notre foi, qui
nous fait percevoir les tentations et les difficultés d'aujourd'hui et
nous prépare à les affronter.
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