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Parmi les péchés qui
requièrent un plus grand effort de pénitence et de conversion, il
faut évidemment compter ceux qui ont porté atteinte à
l'unité voulue par Dieu pour son peuple. Au cours des mille ans qui
arrivent à leur terme, plus encore qu'au premier millénaire, la
communion ecclésiale, « parfois par la faute de l'une et de l'autre des
parties »,(17) a connu de douloureux déchirements qui s'opposent
ouvertement à la volonté du Christ et sont pour le monde un objet
de scandale.(18) Malheureusement, ces péchés du passé font
encore sentir leur poids et demeurent, même à l'heure actuelle,
comme des tentations. Il est nécessaire d'en faire amende honorable, en
invoquant avec force le pardon du Christ.
En cette dernière partie du
millénaire, l'Église doit s'adresser avec plus de ferveur
à l'Esprit Saint pour lui demander la grâce de l'unité
des chrétiens. C'est là un problème crucial pour le
témoignage évangélique dans le monde. Après le
Concile Vatican II surtout, il y a eu de nombreuses initiatives
œcuméniques, prises avec générosité et
détermination; on peut dire que toute l'activité des
Églises locales et du Siège apostolique ont eu ces
dernières années un souffle œcuménique. Le Conseil
pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens est
devenu l'un des centres principaux où est stimulé le processus
vers la pleine unité.
Mais nous savons tous que la
réalisation de cet objectif ne peut être le fruit des seuls
efforts humains, tout indispensables qu'ils soient. En définitive,
l'unité est un don de l'Esprit Saint. Il nous est demandé de favoriser la concession de ce don sans
nous laisser aller à des légèretés ni à des
réticences dans le témoignage de la vérité mais en
mettant généreusement en pratique les directives tracées
par le Concile et les documents du Saint-Siège qui l'ont suivi,
directives appréciées même par beaucoup de chrétiens
qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique.
Voilà donc l'une des tâches des
chrétiens en marche vers l'An 2000. L'approche de la fin du
deuxième millénaire nous invite tous à un examen de
conscience et à d'utiles initiatives œcuméniques, afin
que nous puissions nous présenter, lors du grand Jubilé, sinon
totalement unis, du moins beaucoup plus près de surmonter les
divisions du deuxième millénaire. Pour cela — chacun le voit bien
— un énorme effort est nécessaire. Il faut poursuivre le dialogue
doctrinal, mais surtout s'engager davantage dans la prière
œcuménique. Cette prière s'est beaucoup
intensifiée après le Concile, mais elle doit se développer
encore et il faut que les chrétiens s'y impliquent toujours davantage,
dans l'esprit de la grande invocation du Christ avant sa Passion: «
Père..., qu'ils soient un en nous, eux aussi » (Jn 17, 21).
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