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Les instituts de formation
théologique et philosophique
pour les religieux candidats au sacerdoce
22.
Les normes fondamentales qui
régissent les Centres inter-instituts de formation philosophique et
théologique pour les religieux candidats au sacerdoce sont les
suivantes:
a) Érection canonique. Avant
de procéder à l'érection canonique d'un Centre
inter-instituts d'études philosophiques et théologiques, on devra
obtenir, pour l'érection du Centre et pour ses Statuts, l'approbation de
la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les
Sociétés de vie apostolique, 83 qui demandera au
préalable l'avis de la Congrégation pour
l'Évangélisation des Peuples, compétente en ce qui
concerne les territoires de mission, et l'approbation de la Congrégation
pour l'Éducation catholique 84 pour ce qui est de l'organisation
des études de philosophie et de théologie, ainsi que des grades
académiques. À ce sujet, les instituts de philosophie et de
théologie réservés aux candidats au sacerdoce sont
encouragés à s'affilier respectivement à une
Faculté de philosophie ou à une Faculté de
théologie.(85)
b) Autorité
de l'institut. Dans les Statuts, il sera clairement défini de quelle
manière s'exercera l'autorité des Supérieurs majeurs qui
constituent l'organisme responsable du Centre.
Il revient
à cette autorité ou à celle qu'elle aura
déléguée à cet effet — habituellement le Conseil de
direction — de nommer, confirmer ou remplacer les enseignants, selon la
procédure prévue par les Statuts,(86) ainsi que de
demander le consentement du Supérieur compétent et de recevoir la
« profession de foi » requise.(87) À la nomination d'enseignant
doit être joint le « mandat » d'enseigner au nom de l'Église.(88)
L'enseignement que les professeurs donneront aux étudiants « une
présentation objective et complète de la doctrine,
structurée en harmonie avec le Magistère de l'Église ».(89)
Cette
même autorité tiendra informés de la formation
donnée et de la marche du Centre les Supérieurs majeurs qui
envoient des étudiants et qui doivent garantir auprès de
l'Église et de leur Congrégation la formation appropriée
des futurs religieux prêtres. Il est nécessaire que cette
autorité informe aussi le Président de la Commission mixte
Évêques-Supérieurs majeurs religieux, afin de promouvoir la
connaissance mutuelle et la collaboration.(90) Les supérieurs
des étudiants — qu'ils soient Supérieurs religieux ou
Évêques responsables — ou, le cas échéant, leurs
représentants, seront invités à des réunions
périodiques de consultation sur la marche du Centre. Là où
l'incidence ecclésiale et pastorale du Centre l'exige, il est
recommandé, dans un esprit de communion, qu'un Évêque soit
membre du Conseil de direction.(91)
c) Programmes.
La formation intellectuelle du futur prêtre est fondée surtout
sur l'étude de la “Sacra Doctrina”, et elle se développe à
partir d'elle.
« La vraie
théologie provient de la foi et entend conduire à la foi ».(92)
« La formation théologique sera donnée de manière que,
à la lumière de la foi et sous la conduite du Magistère,
les séminaristes connaissent l'entière doctrine catholique
fondée sur la Révélation divine, y trouvent un aliment
pour leur propre vie spirituelle et puissent, dans l'exercice du
ministère, l'annoncer et la défendre correctement ».(93)
En ce qui
concerne les études, on prêtera une attention spéciale
à ce que le contenu et les matières prévus pour les six
ans de philosophie et de théologie soient complets.(94) En
respectant les exigences propres de la vie religieuse sacerdotale et «
l'unité du sacerdoce catholique », qu'il soit séculier ou
religieux, (95) ces études devront tenir compte du plan de
formation sacerdotale établi par le Saint-Siège et par la
Conférence épiscopale du pays, (96) veillant à ce
que soit toujours inclus un cours approprié de théologie et de
spiritualité de la vie religieuse ainsi que de théologie de
l'Église particulière.(97) Dans ce cas aussi,
l'éventuelle reconnaissance civile de ces instituts supérieurs ne
devra pas porter préjudice au programme d'études prescrit par
l'Église ou l'altérer.
Là
où, pour des motifs sérieux, les instituts pour la formation des
religieux candidats au sacerdoce accueillent aussi des étudiants
candidats au diaconat permanent ou des frères et religieuses
destinés à d'autres activités apostoliques, le programme
des études pour les futurs prêtres doit apparaître comme une
entité pleinement reconnaissable et à part, (98) en
évitant que la formation ne soit une préparation
ministérielle générale commune à tous. C'est
pourquoi on devra respecter les exigences spécifiques des autres
étudiants et étudiantes, leur offrant un programme
approprié à la préparation au ministère du diaconat
permanent ou aux services ecclésiaux qui correspondent à leur
vocation.
d) Enseignants.
La valeur éducative et la consistance des initiatives
précédemment décrites dépendent en grande partie,
non seulement de l'organisation des programmes et de la vie de l'institut
lui-même, mais encore de la compétence spécifique, du «
sensus ecclesiæ » et de l'autorité des enseignants en
matière religieuse. Les
enseignants se rappelleront en particulier que leur enseignement « doit
susciter et communiquer l'intelligence de la foi au nom du Seigneur et de
l'Église ».(99) Les Supérieurs majeurs en tiendront
compte dans le choix des enseignants. De manière prioritaire par rapport
aux autres tâches pastorales, qu'ils sachent privilégier la
préparation des nouvelles générations, leur donnant les
meilleurs enseignants et formateurs. C'est une responsabilité ecclésiale
qu'ils ne peuvent négliger, pour le bien du peuple de Dieu, de la vie
religieuse et de leur institut, dans le présent comme dans l'avenir.
En plus des compétences
académiques, les enseignants auront soin de cultiver les
capacités didactiques que leur tâche exige. (100) On
s'appliquera tout spécialement à garantir la qualité de
l'enseignement pour les disciplines qui constituent la partie fondamentale du
cursus des études.
Il est nécessaire que tout enseignant
dans les disciplines théologiques soit en possession du mandat
d'enseigner. (101) Les Supérieurs compétents, avant de
donner leur consentement à la nomination d'un enseignant, s'assureront
que l'intéressé a la préparation voulue, la
fidélité au Magistère et le respect de la Tradition
nécessaires, ainsi que la capacité de préparer des
prêtres pour le service des hommes de notre temps. (102)
e) Admission. Pour être admis
au Centre d'études philosophiques et théologiques, le candidat
devra avoir acquis le niveau d'études prescrit par les Statuts, compte
tenu des normes canoniques ainsi que des nécessités des temps et des
lieux. De plus, il faut une lettre de présentation du Supérieur
majeur ou du Supérieur de la maison de formation à laquelle il
est rattaché.
Des candidats du clergé
diocésain peuvent aussi être admis sur demande écrite de
leurs Évêques respectifs, qui, aux termes des Statuts du Centre,
assument les droits et les devoirs des Supérieurs qui y envoient des
étudiants.
Le Centre a le droit d'exclure de ses cours
un étudiant qui, durant l'année, se révélerait
incapable de correspondre aux objectifs et aux conditions de l'admission,
même s'il présente de hautes capacités intellectuelles et
une grande application aux études. Un tel renvoi n'ôte pas
à son Supérieur la faculté de disposer pour lui d'autres
options ailleurs.
f) Communauté de formation et
Centre d'études philosophiques et théologiques. Le
Supérieur et l'équipe de formation de chaque institut religieux
seront toujours les principaux responsables de la formation religieuse et
sacerdotale de leurs sujets. Ils guideront et coordonneront la vie communautaire,
le programme global de formation et les cours complémentaires
spécifiques de leur institut, selon sa spiritualité et sa
finalité pastorale, en tant que réalité unifiante de la
formation humaine, doctrinale, spirituelle et pastorale. Ils garderont un contact
périodique avec le Centre d'études et ils s'intéresseront
activement à ses programmes.
Dans le processus de discernement et
d'évaluation de l'idonéité des religieux candidats au
sacerdoce, les Supérieurs sauront consulter les enseignants et les collaborateurs
de la formation pastorale. La communauté de formation pourra en tirer
avantage, de même que le Centre d'études, qui sentira sa
responsabilité davantage engagée dans le parcours de formation
des futurs prêtres.
Enfin, il est
souhaitable que tout institut religieux qui envoie des étudiants au
Centre s'engage à apporter sa contribution en mettant à sa
disposition quelques membres qualifiés pour l'enseignement et
l'animation de la vie du Centre lui-même.
g) Initiatives propres. Les
initiatives de collaboration inter-instituts mentionnées ci-dessus sont
distinctes des Centres philosophiques ou théologiques
érigés sous la responsabilité d'un institut religieux qui,
tout en maintenant son autonomie, admet comme étudiants des religieux
d'autres instituts. (103) Ces Centres suivent leurs normes propres.
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