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d) La
vocation de l'Europe
Et pourtant,
cette Europe aux nombreuses âmes et à la culture si faible (mais
qui toutefois s'impose souvent avec force) qui manifeste des énergies
insoupçonnées, est on ne peut plus vivante et appelée
à jouer un rôle important sur la scène internationale.
Jamais autant
qu'à notre époque le vieux continent, malgré ses blessures
dues aux récents conflits et aux heurts parfois violents en son sein,
n'a ressenti aussi fortement l'appel à l'unité. Une
unité qu'il faut encore construire, bien que certains murs soient
tombés, et qui devra s'étendre à toute l'Europe, ainsi
qu'à ceux qui lui demandent accueil et hospitalité. Une
unité qui ne pourra pas être seulement politique ou
économique, mais aussi et avant tout spirituelle et morale. Une
unité, encore, qui devra dépasser les vieilles rancoeurs et les
anciennes méfiances et à laquelle ses racines chrétiennes
primitives pourraient précisément fournir un motif de convergence
et une garantie d'entente. Une unité, en particulier, qu'il reviendra
aux jeunes de la génération actuelle de réaliser et de
rendre complète et solide, de l'Ouest en Est, du Nord au Sud, en la
défendant contre toute tentation d'isolement et de repli sur ses propres
intérêts et en la proposant au monde entier comme exemple de
coexistence sereine dans la diversité.
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