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2.2.
Pour continuer à progresser
En
dépit des nombreux succès obtenus dans la convivialité et dans la pastorale,
nos communautés connaissent des éloignements, des contrariétés et des conflits.
Qu’est-ce qui nous arrive ? Nous devons être réalistes et reconnaître les
éléments objectifs qui font obstacle aux bonnes relations. D’un côté, il y a la
diversité des dons, fruits de l’action de l’Esprit, qui porte en soi une
tension. Certains mettent l’accent sur les dons charismatiques, d’autres sur
les dons hiérarchiques. La tension qui en résulte ne doit pas être un facteur
négatif, désagrégeant ou de division. Il existe des valeurs opposées (Église
universelle - Église particulière ; service à l’Église universelle -
insertion dans l’Église particulière ; autonomie – coopération ;
engagement au niveau diocésain - institut religieux ; prêtre diocésain -
prêtre religieux, etc.) qui créent des situations dialectiques. D’un autre
côté, il faut penser que les conflits sont inhérents à la vie humaine, qui est
pleine de limites et d’incompatibilités et dont on ne peut exclure l’égoïsme et
le péché. Nous savons tous que les conflits surgissent quand on les attend le moins,
à cause de la façon d’interpréter les faits et ses propres compétences, de la
diversité des options évangélisatrices, des divers points de vue sur la façon
de programmer et de mettre en œuvre, et des intérêts, parfois inavouables, de
pouvoir, de prestige ou de désir d’occuper le devant de la scène.
La voie disciplinaire ou réglementaire, même
si elle peut aider, ne parvient pas à surmonter toutes les difficultés. On n’a
pas encore trouvé cette “nouvelle discipline” souhaitée par certains avant le Synode
sur la vie consacrée qui, en délimitant clairement les attributions
respectives, éradiquerait les conflits fâcheux qui nuisent tant à la sérénité
de la vie ecclésiale. Dans la VC, Jean-Paul II propose, pour transformer ces
conflits inévitables en contribution féconde au bien de l’Église, la voie du
dialogue de la vérité dans la charité. Une voie qui suppose l’écoute de
l’Esprit, source de tous les dons dans l’Église. Celle-ci, consciente des défis
et de la grave responsabilité de l’évangélisation du monde contemporain au
seuil du troisième millénaire17, confirme, amine, oriente et encourage
la vie consacrée à promouvoir, à partir d’un vécu authentique du mystère
trinitaire, une spiritualité de communion “pour
que tous croient” (cf. Jn 17, 21) 18.
Des aspects tels que
l’autonomie, l’extension, le service à l’Église universelle et la participation
à l’Église particulière demandent d’être affrontés dans une perspective plus
théologale, missionnaire et de communion. Beaucoup des conflits encore
existants ne peuvent pas être résolus si on n’assimile pas la nouvelle ecclésiologie indiquée par les synodes à
la nouvelle spiritualité à laquelle
ils veulent nous introduire. Ce sont ces deux aspects que nous allons
maintenant traiter à la lumière de l’IL.
Mais
auparavant, je voudrais poser une question. Ce Synode ne pourrait-il pas être
un moment opportun pour remercier nos Pasteurs de leur sollicitude à l’égard de
la vie consacrée et leur demander pardon pour nos manques de collaboration à leur
ministère ? Nos infidélités, notre médiocrité, notre tiédeur dans la
qualification pour les divers ministères ont entravé ou réduit la
collaboration. Cela nous fait du bien de purifier la mémoire. Commencer par
remercier et par demander pardon nous aidera à améliorer et à faire progresser
nos relations avec nos Pasteurs.
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