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2. Innovation pastorale et révision des présences et
des services
Le MR s’est penché sur l’insertion des
religieux et des religieuses dans l’Église particulière, et traite certains
problèmes qui aujourd’hui ont pu être surmontés. Mais il fait aussi allusion
aux nouvelles fondations, aux suppressions d’œuvres et à l’innovation
pastorale58. Aujourd’hui, comme on peut facilement le voir au chapitre V de l’IL et dans la
dernière partie de VC, le champ d’action de la pastorale s’est élargi, il est
devenu plus complexe, plus spécialisé, et il exige de la part des agents
davantage de qualification et de dévouement. Mais par ailleurs, dans l’Église
tout entière se sont accrus l’esprit missionnaire et la solidarité avec les
peuples des autres continents.
Nous les personnes
consacrées, voulant être attentifs aux appels en tous temps et en tous lieux
pour rendre présent le Règne, nous sommes passés par différentes étapes dans le
renouveau de nos structures et de nos services pastoraux. Aujourd’hui, il ne
suffit plus d’évangéliser dans le collège, la paroisse, la clinique, etc. La
demande clé, à laquelle nous tentons aujourd’hui de répondre, est si nous sommes là où nous devons être et,
par conséquent, nous restons, ou si nous ne sommes pas là où nous devrions
être, et où il est nécessaire d’aller. Le renouveau exige le discernement
non seulement des signes des temps, mais aussi des signes des lieux. L’Asie,
l’Afrique et l’Europe de l’Est sont des lieux qui nous interpellent aujourd’hui
avec une intensité particulière en raison des appels insistants du Pape, et qui
nous font retrouver la fraîcheur et la disponibilité, l’énergie et la ferveur
du service à l’Église universelle que l’on découvre à l’origine de tout
Institut. Ainsi apparaissent des tensions qui devraient être en principe
salutaires et dynamiques entre les intérêts de l’Église universelle et ceux des
Églises particulières.
Lorsque nous fixons les orientations de la
pastorale dans un esprit de communion, nous devons, nous aussi, nous poser
certaines questions. Quels critères organisationnels choisissons-nous conjointement pour mettre en œuvre une pastorale renouvelée et
novatrice qui réponde aux nécessités que nous décelons avec tant de lucidité
dans nos Chapitres ? Comment nous situons-nous au moment d’initier une
présence ou un service dans les Églises particulières ? Quelles nouvelles
propositions de pastorale formulons-nous conjointement en Europe et en Amérique
du Nord, face au déclin numérique des vocations et à l’élévation de l’âge des
prêtres, religieux et religieuses ? Est-il légitime aujourd’hui de s’en
tenir à une pastorale de simple conservation et de suppléance ? Est-il
normal que nous les évêques ou les personnes consacrées, adoptions une attitude
individualiste et que nous nous arrangions chacun comme nous pouvons ?
Avons-nous suffisamment contribué à la préparation des laïcs aux responsabilités
qu’ils vont être appelés à assumer ?
Pour ouvrir de nouveaux postes de mission
dans d’autres pays, il est parfois nécessaire de fermer certaines positions
ailleurs. Quelle incidence a sur les Églises particulières le fait que les
Instituts de vie consacrée, si sensibilisés et engagés dans la missio
ad gentes, opèrent des
déplacements de personnel de l’Europe vers les autres continents ? D’après
quels critères prenons-nous ces décisions, et quelles sont les opportunités
données à l’évêque de nous accompagner dans le discernement et de proposer des
solutions ?
Lors de l’Assemblée
précédente, nous avons réfléchi ensemble sur la façon de nous situer face à la
globalisation et de marcher vers une communion pluricentrique et
interculturelle. Les questions qui découlent des faits constatés et les pistes
de solutions possibles affectent la conduite pastorale des Églises
particulières et se répercutent au niveau supra-diocésain. Ne devrions-nous pas
nous efforcer de communiquer, partager et chercher avec nos Pasteurs des
critères d’application élaborés de commun accord ?
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