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9. Mettre la culture à la
portée des groupes les plus défavorisés et en situation d’exclusion.
C’est exactement ce qu’ont
fait les premiers Frères réunis autour de Jean-Baptiste De La Salle à Reims, à
Rouen, à Paris, et ailleurs. Certes aujourd’hui, nos écoles remplissent
partiellement cette mission en accueillant dans leurs murs des jeunes de toutes
les catégories socioprofessionnelles pour leur offrir des formations
d’enseignement général, technologique et professionnel. Mais au sein de ces
écoles, il convient d’approfondir la manière dont ces jeunes sont accueillis,
et quelles dispositions sont prises pour faciliter leur scolarité lorsqu’ils
sont en situation de grand retard scolaire, voire d’exclusion du système
scolaire ou de difficulté d’intégration sociale.
L’internat, lorsqu’il est
de qualité, peut dans certains cas, constituer une réponse positive à une
carence éducative familiale. Bien sûr, de plus en plus les éducateurs sociaux
préfèrent laisser les jeunes en famille ; pourtant il faut reconnaître que
parfois le jeune a besoin de se refaire dans un cadre plus apaisant et
structuré. Les lasalliens des Baléares et d’Australie ont réfléchi à cette
question.
On peut également
organiser l’accueil de jeunes membres de minorités sociales souvent victimes de
pratiques discriminatoires: les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les
jeunes handicapés, les enfants en hospitalisation longue, les jeunes en
prison…. Pour chacun de ces groupes, on peut imaginer telle ou telle
proposition adaptée de scolarisation ou d’accompagnement. Les lasalliens de
Nouvelle-Zélande font une proposition adaptée aux nombreux groupes minoritaires
qu’ils reçoivent dans leurs trois établissements; tout comme les lasalliens de
Papouasie-Nouvelle-Guinée, et ceux du Cameroun au milieu des populations
Pygmées. Et dans ce domaine l’on pourrait multiplier les exemples avec la
Bolivie, le Guatemala, la Colombie, l’Inde, les Philippines, la Côte d’Ivoire,
l’Italie, Palencia en Espagne.…
Certains gestes
prophétiques sont parfois à envisager, comme la délocalisation de tel
établissement d’un centre-ville vers une banlieue ou la création de petites
écoles primaires comme ont pu le faire de façon volontariste les lasalliens de
Turquie avec leur huit écoles élémentaires récentes.
Enfin, quelques
expériences associatives d’aide et de soutien scolaire, peuvent certainement
être mises en place facilement et être prises en charge et soutenues par un
établissement (non seulement sur le plan financier, mais sur le plan humain:
appel à des grands étudiants pour le tutorat, à des enseignants pour
l’organisation, etc). De petites structures de ce genre existent en France, en
Belgique, en Californie avec le Leo Center, et ailleurs.
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