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POURQUOI CE SUJET ?
La vie religieuse est fondamentalement une réponse qui consiste à suivre le
Christ, et qui dit suivre parle d'itinérance. Ça devrait donc être un chemin à
suivre tout au long de la vie, avec des réinterprètations renouvelées, avec,
pour toile de fond, le service. Donc une vie marquée par le dynamisme, le
changement, le provisoire… Mais, très souvent, nous agissons et nous pensons à
nous-mêmes au travers de modèles, déjà existants ou nouveaux, qui ne
laissent aucune place à la mobilité, qui sont statiques.
Nous constatons que dans la réalité sociale dans laquelle nous sommes
immergés, surgissent constamment des besoins nouveaux qui mettent à l'épreuve
notre capacité d'écoute et de réponse. Nous nous rendons compte que ce qui a
été valable un temps, cesse un jour d'avoir un sens, soit parce que ça ne
correspond plus à un besoin réel, soit parce que ça reste un travail, qui a
peut-être son efficacité, mais qui ne dit rien d'évangélique dans le nouveau
contexte.
Face à cette situation, le défi consiste à dépasser la tentation de
construire un monde à notre mesure (avec les trois tentes de la
transfiguration), dans lequel nous nous trouvons bien parce que nous le
connaissons, parce que c'est ce que nous avons toujours fait, parce que nous
nous y sommes identifiés… mais qui n'est qu'une espèce de nid douillet
qui perd en exigence d'engagement, bien que parfois nous sachions le justifier
par de solides constructions intellectuelles.
Il faut finalement remarquer ce que l'histoire de la Vie Religieuse nous a
enseigné : en tout changement, seules ont survécu les institutions capables de
répondre aux nouvelles sensibilités de manière rénovée. Les autres (et elles
sont nombreuses) ont disparu.
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