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POURQUOI CE SUJET ?
En tant que religieux et religieuses, nous savons que nous faisons partie de
l'Église. Avec le Concile Vatican II, nous considérons l'Église comme le peuple
de Dieu et nous nous situons dans la perspective de l'ecclésiologie de la communion,
puisqu'il ne s'agit pas d'une concurrence pour la survie des différentes
vocations, mais de l'évaluation de la richesse que les uns et les autres
apportent, chacun selon sa manière propre de vivre l'Évangile. En ce sens, il
nous semble que l'interpellation mutuelle ( plus qu'une simple collaboration)
entre religieux et laïcs est un signe concret de ce qu'on ne s'en tienne pas
qu'aux mots. Nous témoignons ainsi que cette ecclésiologie est toujours en
vigueur.
Notre dialogue avec les laïcs, qui nous fait dépasser les
inerties cléricales et les situations de privilège, montre le visage d'une
Église de dialogue, capable de s'ouvrir à la réalité de ce qui l'entoure, pour
devenir levain dans la pâte.
Nous ne comprenons pas notre ouverture aux laïcs et aux laïques de manière
unilatérale. Il ne s'agit pas simplement de les rendre participants des dons
que nous avons reçus, comme si l'on était en possession d'une vérité qu'il
s'agit de transmettre. Nous voudrions souligner ici que, de par leurs manières
de voir et de vivre différentes, les laïcs nous enrichissent, nous aident à
approfondir le charisme. Il s'agit donc d'une interaction féconde. Car notre
charisme ne nous appartient pas : c'est un don de l'Esprit Saint à l'Église et
il ne peut rester enfermé dans la manière de Le vivre telle que nous la
pratiquons en tant que religieux et religieuses. Nous ne pouvons pas contrôler
l'Esprit Saint. Les laïcs et les laïques ont quelque chose à dire, une lecture
du charisme immergé dans la vie, à apporter à l'Église et à nous-mêmes.
Comprendre le charisme de cette manière dynamique, dans laquelle religieux
et laïcs s'enrichissent mutuellement et s'approfondissent les uns les autres,
nous rend plus sensibles et plus capables de nous situer dans le monde pluriel
où nous vivons. En ce sens, on peut dire que cela nous humanise.
D'autre part, chaque fois nous acquérons plus d'expérience positive de
partager mission et spiritualité avec les laïcs. Il ne s'agit donc pas d'une
hypothèse de travail : la réalité concrète confirme qu'effectivement, il y a un
enrichissement mutuel.
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