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28. Chers Frères, je vous présente là un sujet complexe dans lequel
beaucoup d'entre vous peuvent se sentir étrangers et sans connaissance
particulière. Mais je crois qu'il est important d'en prendre conscience en
fonction de nos possibilités et nos responsabilités. Selon les critères qui
nous font agir, nous pouvons tuer notre désir de fidélité à Dieu. Dans
l'article 167 des Constitutions, il est rappelé : " L'expérience enseigne
que la vitalité d'une famille religieuse est étroitement liée à la manière dont
elle pratique la pauvreté évangélique ".
Dans le but de vous aider à relire
cette lettre et à y réfléchir, je vous en rappelle trois aspects. Je vous les
confie comme des convictions personnelles, mais peut-être que chacun d'entre
vous a d'autres perspectives intéressantes qui pourront enrichir la réflexion
communautaire que je vous invite à faire sur cette circulaire.
Revitaliser notre charisme . Les processus de refondation ne
deviendront pas réalité tant que nous ne déciderons pas de modifier, de
réorienter et même d'abandonner quelques projets que nous gérons aujourd'hui.
Il me semble nécessaire de créer de nouveaux projets qui nous invitent et nous
aident à vivre avec plus de simplicité et d'austérité, plus proches des classes
populaires et des jeunes socialement marginalisés.
Ce
que je suis en train de vous proposer requiert le service pastoral et de
gouvernement du Frère Provincial et de son Conseil, mais aussi une prise de
conscience de toute la communauté provinciale. Il s'agit de nous motiver, de
discerner sur la réalité, de nous interpeller mutuellement sur des défis qui, à
première vue, peuvent menacer nos sécurités, mais je suis convaincu que chez la
plupart des Frères il y a des richesses paralysées.
Choisir, c'est décider et cela implique qu'il faut opter pour des projets qui
aboutissent concrètement et arrivent à dégager des moyens et des stratégies. Si
nous croyons que les processus de refondation et de vitalité de l'Institut sont
importants et que les enfants et les pauvres sont nos préférés, je vous invite
à analyser le rapport financier de votre communauté, de votre collège et de
votre Province. Les dépenses effectuées révèlent-elles les options vitales et
les valeurs que nous proposent les Constitutions et le XIX° Chapitre général ?
Quels sont les points qui doivent être réorientés ?
Faire confiance à la Providence. Saint Marcellin avait une manière particulière de se
confier à la Providence dans tout ce qu'il entreprenait. Si Dieu veut
que cela réussisse, Il y pourvoira. " Si le Seigneur ne construit la
maison, en vain peinent les maçons " . (Ps 126).
Il
n'y a qu'un fil ténu entre le fait de prévoir sérieusement l'avenir financier
de nos Provinces, et la conscience que nous mettons en péril notre ouverture à
la Providence de Dieu qui devrait être la caractéristique de tout groupe
religieux. Jusqu'à quel
point nous ne dépendons plus de Dieu ? Si nous sommes capables de promouvoir
des projets sérieux qui nous interpellent et soient signes d'une présence
active dans le monde de la souffrance et de la pauvreté, l'argent nous sera
donné. Il s'agit d'être solidaires au-delà de ce que nous jugeons
financièrement raisonnable. Nous ne pourrons le faire qu'à partir
d'une attitude de dépouillement et de confiance en Dieu.
Chers Frères, je vous confie à
Marie, notre Bonne Mère, et à saint Marcellin pour qu'ils vous aident à
discerner ce que signifie " suivre Jésus " en imitant son attitude
devant les biens matériels.
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