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Une saine préoccupation pour le manque de
vocations
Il existe, et c'est logique qu'il
existe, une préoccupation quand nous constatons que chaque année nos noviciats
ne reçoivent pas le minimum de candidats qui seraient nécessaires pour suppléer
à la diminution pour cause de décès; la préoccupation est logique et naturelle;
cependant nous devons aussi nous demander si elle est saine et quelles en sont
les motivations.
Car il faut que
notre préoccupation soit évangélique et non angoissante; que lorsque nous
prions le Maître de la moisson, ce soit davantage son Règne et le désir
d'accomplir sa volonté qui nous poussent que la nécessité ou l'angoisse d'avoir
des successeurs pour nous remplacer dans des tâches précises ou des travaux
pastoraux. Nos projets apostoliques sont importants alors que nous devons
toujours compter sur des ressources humaines en diminution, mais ce qui doit
davantage nous préoccuper est que la mission salvatrice de Jésus puisse se
poursuivre telle que le veut le Père qui l'a envoyé. Ainsi notre
"protagonisme" diminuera et la conscience d'être des "serviteurs
de la mission" se développera en nous. Préoccupation ensuite, parce que la
moisson est grande et les ouvriers peu nombreux, cependant il s'agit d'une
moisson universelle qui nécessite des semailles variées selon les lieux et les
époques qu'il faudra discerner à partir d'une attitude de disponibilité et de
réponse à de nouvelles urgences.
Il me semble cependant
convenable, au début de cet exposé, de considérer ou de tenir présente une
préoccupation concrète: Beaucoup se demandent si dans notre monde, la vie
consacrée est "génératrice de vie"; les apparences que nous pouvons
constater, du moins, semblent nous indiquer aujourd'hui que la vie consacrée
n'attire pas les jeunes, n'éveille pas le désir d'être imitée, ne suscite pas
l'attrait et ne communique pas l'enthousiasme; tous ces éléments sont
fondamentaux dans la floraison et la maturation d'une vocation.
Aurions-nous cessé d'être la
"bonne odeur du Christ" (2 Cor 2,15) pour ceux qui nous entourent au
dedans de la même Eglise? Serait-il vrai que notre façon de vivre et d'agir,
personnelle et communautaire a cessé d'avoir cette "surabondance de
gratuité" qui touche (contagie) et attire les jeunes les plus généreux?
(cfr. VC. 104)
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