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| Amedeo Cencini, FDCC Quelles vocations pour une vie consacrée renouée?… IntraText CT - Lecture du Texte |
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2.1. Relation comme
vérité 2.1.1. La relation, sens de la
vie Il y déjà ici une indication pédagogique de l'AV: Une proposition vocationnelle intelligente qui ait la chance de rejoindre des jeunes intelligents, devra en effet souligner que tout individu est libre de faire le choix de la vocation à laquelle il croit, mais il n'est pas libre de se penser en dehors de cette logique, s'il veut vraiment se réaliser il ne pourra pas donner à son histoire une issue différente de celle indiquée dans ce rapport logique, dans cette vérité de la vie. Et c'est justement sur cette vérité fondamentale, sur cette grammaire élémentaire de la vie humaine que toute pastorale vocationnelle doit se fonder. Le document du congrès européen le dit explicitement: "S’il y a un don au début de l’existence de l’homme qui le constitue dans l’être, alors sa vie a le chemin tracé: s’il est un don, il sera pleinement lui-même seulement s’il se réalise dans la perspective de se donner; il sera heureux, à condition de respecter sa propre nature. Il pourra faire le choix qu’il veut, mais toujours dans la logique du don, autrement il deviendra un être en contradiction avec lui-même, une réalité "monstrueuse"; il sera libre de décider de l’orientation spécifique, mais il ne sera pas libre de se penser en dehors de la logique du don." Mais si cette même vérité, la vérité de la vie est à la base de tout choix vocationnel, elle l'est davantage pour le choix radical qu'est celui de la consécration religieuse avec la décision de la donation totale de soi à Dieu. Ce qui suppose dans l'individu une certaine capacité relationnelle qui lui permette de comprendre la grandeur du don reçu, pour s'ouvrir ensuite au choix du don de soi. Se consacrer à Dieu c'est comme prendre conscience d'avoir reçu le premier, tout reçu de Lui. Il ne pourra pas bien se consacrer celui qui n'a pas éprouvé, auparavant, dans son histoire, la grandeur de l'amour reçu, il ne choisit pas authentiquement la vie religieuse celui qui, auparavant, n'a pas contemplé la beauté de la bienveillance divine; elle n'est pas crédible la vocation de celui qui s'est proposé lui-même de suivre le Seigneur, comme ce type de l'évangile que Jésus lui-même décourage parce que sa prétendue vocation ne vient pas de la relation. La vocation religieuse est essentiellement une réponse dans un dialogue d'amour (et elle nous rappelle que chaque vocation est une réponse à l'amour de celui qui nous appelle). Il n'est pas fiable le héros qui exhibe son choix comme quelque chose d'extraordinaire, mais par contre, est fiable celui qui est capable d'adorer le mystère et qui devant le buisson de l'amour inextinguible, répond dans une attitude de surprise reconnaissante et émue. Comme nous l'avons déjà dit, entre autre, ceci est aussi une manière de susciter une adhésion vocationnelle, et même c'est une manière correcte et intelligente de provoquer le jeune, parce que avec ce rappel à la vérité de la vie (vérité universelle, valide pour tous) on ne lui laisse pratiquement aucune issue de secours, personne ne peut s'en écarter ou dire que cela ne le regarde pas. "Toute la pastorale vocationnelle est construite sur cette catéchèse élémentaire de la signification de la vie. Si cette vérité anthropologique est admise on peut faire toute sorte de proposition vocationnelle. Alors la vocation au ministère ordonné ou à la consécration religieuse ou séculière, avec tout son poids de mystère et de mortification, devient la pleine réalisation de l'homme et du don que tout homme a et qu'il est au le plus profond de lui-même". L'animateur de vocation (c'est-à-dire tout consacré) doit viser précisément à ce type de provocation et chercher à faire mûrir lentement chez le jeune la disposition intérieure nécessaire pour accueillir ce sens relationnel de la vie (et de la mort), pour se laisser émouvoir par cette vérité, pour promouvoir cette culture (culture de la vie et authentique culture de la vocation) dans une époque comme la nôtre dans laquelle une culture de la mort ou de la non-réalisation (c'est la même chose) soutient que toute existence "est née sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par hasard". Nous pourrons alors reconnaître, dans certains modes d'être ou certaines dispositions intérieures ou même extérieures de vertu, le signe bon et digne de foi de l'appel à la consécration religieuse. 2.1.2. La relation critère
vocationnel 2.1.2.1.
Gratitude C'est dans cette attitude intérieure de gratitude que devrait se faire la lecture de toute la vie passée. (...) La pastorale vocationnelle est orientée vers la formation à cette logique de la reconnaissance-gratitude, beaucoup plus saine et convaincante, sur le plan humain, et plus théologiquement fondée que la soi-disant "logique du héros", de celui qui n'a pas suffisamment mûri la conscience d'avoir reçu et se sent lui-même l'auteur du don et du choix, comme s’il était plus fort que les autres. Une telle logique, douteuse et suspecte, risque ensuite d'être contradictoire et sélective ou trop faible pour avoir un peu de prise sur la sensibilité juvénile d’aujourd’hui parce qu'elle néglige ou ne souligne pas suffisamment cette vérité fondamentale et relationnelle sur laquelle est construite la catéchèse vocationnelle: la vie est un bien reçu qui tend naturellement à devenir un bien donné. Il faut être bien attentif, car aujourd'hui la gratitude n'est pas tout à fait une vertu bien "cotée en bourse", elle est devenue seulement un question de convenances, de bonnes manières conventionnelles. Pour beaucoup de jeunes, tout est dû et doit être parfait. Nous vivons un temps d'ingratitude, car la relation est faible et toujours moins significative ! La gratitude est la première vertu relationnelle et la première attitude vocationnelle. 2.1.2.2.
Gratuité Méfions-nous alors surtout de ne pas concevoir suffisamment la vocation en termes de gratuité généreuse, de don libre et désintéressé de soi, de celui qui prétend toujours que tout ce qui vient de lui revienne à lui si possible avec les intérêts; mais méfions-nous aussi des vocations dont la gratuité présumée ne vient pas du terrain de la gratitude car si elle n'a pas de racine de gratitude, la gratuité ne dure pas; méfions-nous des héros parce que souvent les héros d'aujourd'hui sont les victimes de demain; méfions-nous de ceux qui ne sont pas assez réconciliés avec leur passé et reconnaissants pour leur histoire, parce que tôt ou tard ils feront payer le compte, même salé, à quelqu'un; méfions-nous de celui qui n'a pas appris à dire "merci", parce que qui n'a personne à remercier est un sauvage et un primitif de l'espèce humaine, il est injuste et faux face à la vie, et il ne saura même pas dire à quelqu'un "je t'aime". 2.1.2.3.
Simplicité et humour Attention donc à celui qui est trop sérieux et ne sait pas voir le côté comique des choses, parce qu'il empoisonne l'air que tous doivent respirer; attention à celui qui exhibe une assurance inoxydable, parce qu'il cache une grande fragilité; attention à celui qui ne pratique pas l'humilité parce que probablement il ne sait pas non plus la confiance et l'abandon; attention à celui qui se prend trop au sérieux, parce que son moi sera si envahissant qu'il voudra tout l'espace et toute l'attention pour lui.
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