Chapitre
V
QUELQUES
REQUETES CONCERNANT L'ASPECT DE LA FORMATION
Le Souverain Pontife et les Evêques
exercent dans l'Eglise le rôle suprême de «Maîtres
authentiques » et de «sanctificateurs» de tout le troupeau (cf. Partie I, chap.
Il). De leur côté, les Supérieurs religieux sont
revêtus d'une autorité spéciale pour la direction de leur
Institut, et ils portent le poids considérable de la formation
spécifique de ses membres (cf. PC, 14; 18; et 1ère partie, chap.
III). En conséquence, que les Evêques et les Supérieurs,
selon leur rôle propre, mais en harmonie entre eux et d'un commun accord,
donnent une véritable priorité aux responsabilités de
formation.
24. - En accord avec les Supérieurs
Religieux, que les Evêques veillent à développer,
spécialement parmi les prêtres diocésains, les laïcs
dévoués et les religieux et les religieuses du lieu , une vive
conscience et l' expérience du mystère et de la structure de
l'Eglise, de l'action vivifiante du Saint-Esprit. A cette fin, qu'ils
organisent en commun des cercles spéciaux et des rencontres de
spiritualité. En outre, qu'ils insistent constamment pour valoriser et
intensifier la prière personnelle et publique, même par des
initiatives appropriées convenablement préparées.
25. - De leur côté, les
Communautés religieuses, surtout les contemplatives, tout en conservant
évidemment la fidélité à leux esprit propre (cf.
PC, 7; AG, 40), offriront aux hommes de notre temps une aide opportune pour la
prière et pour la vie spirituelle, afin que celles-ci puissent
répondre aux nécessités de méditation et
d'approfondissement de la foi, plus ressenties de nos jours. Elles leur
donneront aussi l'occasion et la facilité de participer convenablement
à leurs actions liturgiques, dans le respect des exigences de la
clôture et des normes établies à cet égard.
26. - Les Supérieurs religieux
s'emploieront avec grande attention à ce que leurs frères et
soeurs demeurent fidèles à leur vocation. Ils faciliteront
également les adaptations réclamées par les conditions
culturelles , sociales et économiques, selon les exigences des temps,
tout en veillant à ce que ces adaptations ne développent pas des
habitudes nuisibles à la vie religieuse. Les adaptations culturelles et
les études spécialisées des religieux porteront sur des
matières se rapportant à la vocation spécifique de
l'Institut; ces études seront entreprises non en vue d'une
réalisation personnelle mal comprise pour des finalités
individuelles, mais afin que les religieux puissent répondre aux
exigence des projets apostoliques de leur famille religieuse, en harmonie avec
les besoins de l'Eglise.
27. - En favorisant la formation continue
des religieux, il importe d'insister sur la rénovation du
témoignage de pauvreté et de service des plus démunis, et
de veiller en outre que, par une obéissance et une chasteté
rénovées, les Communautés deviennent signe d'amour
fraternel et d'unité.
Dans les Instituts de vie active, où
l'apostolat constitue un élément essentiel de leur vie religieuse
(cf. CD, 12; 15; 35, 2; LG, 25; 45), on veillera à mettre cet apostolat
en relief dans la formation initiale et continue.
28. - Il revient aux Evêques, comme
Maîtres authentiques et guides de perfection pour tous les membres de
leur diocèse (cf. CD, 12; 15; 35, 2; LG, 25; 45), d'être aussi les
gardiens de la fidélité à la vocation religieuse dans
l'esprit de chaque Institut. Dans l'exercice de ce devoir pastoral, les
Evêques auront soin de promouvoir les rapports avec les Supérieurs
religieux auxquels tous les religieux sont assujettis «en esprit de foi» (cf.
PC, 14), en communion de doctrine et d'intention avec le Souverain Pontife,
ainsi qu'avec les Dicastères du Saint-Siège, les autres
Evêques et Ordinaires locaux.
En union avec leur clergé, les
Evêques seront des partisans convaincus de la vie consacrée, des
défenseurs des communautés religieuses, des éducateurs de
vocations, des tuteurs valables du caractère propre de chaque famille
religieuse, aux plans spirituel et apostolique.
29. - Les Evêques et les
Supérieurs religieux, selon leur compétence propre, seront
zélés pour faire connaître la doctrine du Concile et les
documents pontificaux sur l'Episcopat, la vie religieuse et l'Eglise
particulière, ainsi que sur leurs rapports mutuels. A cette fin, les
initiatives suivantes sont souhaitables:
a) rencontres d'Evêques et de Supérieurs religieux pour
approfondir ces thèmes en commun;
b) cours spéciaux pour les prêtres diocésains, pour les
Religieux et pour les Laïcs engagés dans les activités
apostoliques, en vue de réaliser de nouvelles adaptations plus
appropriées;
c) études et expériences particulièrement
adaptées à la formation des religieux coadjuteurs et des
religieuses;
d) élaboration de documents pastoraux opportuns, dans le
diocèse, la région ou la nation, en vue de présenter ces
sujets avec fruit à la réflexion des fidèles.
Il faut veiller à ce que cette
formation continue ne se limite pas à quelques-uns, mais que tous aient
la possibilité d'en profiter et que ce soit un engagement commun de tous
les religieux.
Il parait opportun en outre, de donner
à cet approfondissement doctrinal une diffusion suffisante par les
moyens de communication sociale, presse, conférences, exhortations, etc.
30. -
Dès le début de la formation, tant ecclésiastique que
religieuse, il convient de proposer l'étude méthodique du
mystère du Christ, de la nature sacramentelle de l'Eglise, du
Ministère épiscopal et de la vie religieuse dans l'Eglise. En conséquence:
a) Dès le noviciat, les religieux et les religieuses seront
formés à une conscience et une sollicitude plus marquées
pour l'Eglise particulière, en même temps qu'à une plus
grande fidélité à leur vocation propre.
b) Les Evêques veilleront à ce que le Clergé
diocésain comprenne les problèmes actuels de la vie religieuse et
l'urgente nécessité missionnaire, et à ce que quelques
prêtres choisis se préparent en vue d'aider les religieux dans
leur progrès spirituel (cf. OT, 10; AG, 39); même si dans bien des
cas, il conviendra de confier cette tâche à des religieux
prêtres prudemment choisis (cf. n. 36).
31. - Une maturation plus complète de
la vocation sacerdotale et religieuse dépend aussi, et de manière
décisive, de la formation doctrinale, distribuée habituellement
dans des centres d'étude au niveau universitaire, dans des écoles
supérieures ou dans des Instituts particulièrement adaptés.
Les Evêques et les Supérieurs
des Religieux intéressés à cette tâche
prêteront efficacement leur collaboration pour la création de ces
centres d'étude et pour leur fonctionnement, surtout lorsque ces centres
sont au service de plusieurs diocèses et Congrégations
religieuses et garantissent mieux l'excellence de l'enseignement ainsi que la
présence d'enseignants et de maîtres dûment
préparés qui soient en mesure de répondre aux exigences de
la formation et assurent en outre une utilisation plus rationnelle du personnel
et des moyens.
Dans la préparation, la
réforme et la mise à jour des Statuts de ces centres
d'étude, il faudra définir clairement les droits et les devoirs
des participants, les tâches qui reviennent à l'Evêque ou aux
Evêques en vertu de leur ministère, les modalités d'action
et la responsabilité des Supérieurs religieux
intéressés, de façon à promouvoir une
présentation objective et complète de la doctrine en harmonie avec
le Magistère de l'Eglise. Sur la base des critères
généraux de compétence et de responsabilité. et
selon les dispositions statutaires, on veillera donc à suivre avec un
soin diligent l'activité et les initiatives de ces centres. Mais en
toute cette discipline délicate et importante, on observera toujours les
normes et les dispositions du Saint-Siège.
32. - Une rénovation adaptée
de la pratique pastorale dans les diocèses requiert une connaissance
plus approfondie de toutes les réalités qui se rapportent
concrètement à la vie humaine et religieuse locale, afin que de
cette base puisse jaillir une réflexion théologique objective et
appropriée, qu'on puisse établir des priorités d'action,
élaborer un plan d'action pastorale, examiner enfin
périodiquement ce qui aura été réalisé. Ce
travail peut demander que les Evêques, avec la collaboration de personnes
compétentes, choisies également parmi les religieux, constituent
et soutiennent des commissions d'étude et des centres de recherche. Ces
initiatives apparaissent toujours plus nécessaires, non seulement pour
une formation plus adaptée des personnes, mais encore pour donner
à la pratique pastorale une structure rationnelle.
33. - Un devoir particulier et
délicat des Religieux est d'avoir l'esprit attentif et une âme
docile au Magistère de la Hiérarchie et de faciliter aux
Evêques l'exercice du ministère de « docteurs authentiques » et de
« témoins de la vérité divine et catholique» (cf. LG, 25),
dans leur responsabilité concernant l'enseignement doctrinal de la foi,
tant dans les centres qui en cultivent l'étude que dans l'utilisation
des moyens pour la transmettre.
a) Pour les publications de livres et de documents, confiées aux
librairies tenues par des Religieux ou des Religieuses, ou aux maisons
d'édition gérées par eux, on observera les normes
établies par la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la
Foi (19.III.1975) concernant l'autorité compétente pour
l'approbation des textes de la Sainte Ecriture et leurs traductions, les livres
liturgiques, de prières et de catéchisme, ou des oeuvres d'un
autre genre contenant des sujets se rapportant de façon
particulière à la religion ou à la vie morale. L'omission
parfois spécieuse et habile de ces normes peut causer un grand dommage
aux fidèles, il est donc particulièrement nécessaire que
les religieux les observent loyalement.
b) Même quand il s'agit de documents et d'éditions provenant
des institutions religieuses locales ou nationales , qui tout en n'étant
pas destinés au public peuvent néanmoins exercer une certaine
influence sur la pastorale, comme par exemple les problèmes nouveaux et
graves sur la question sociale, économique et politique, en rapport avec
la foi et la vie religieuse, l'entente nécessaire avec les Ordinaires
compétents sera toujours sauvegardée.
c) Considérant attentivement la mission propre de certains
Instituts, les Evêques exhorteront et soutiendront les religieux
engagés dans l'important secteur apostolique des éditions et des
communications sociales; ils faciliteront à cet égard une
collaboration apostolique plus étendue, surtout au niveau national; de
même, ils seront soucieux de la formation du personnel
spécialisé dans cette activité, non seulement quant
à la compétence technique, mais aussi et surtout quant à
leur responsabilité ecclésiale.
34. - Ce serait une grave erreur de rendre
indépendantes — et beaucoup plus grave encore d'opposer entre elles — la
vie religieuse et les structures ecclésiales, comme si pouvaient
subsister deux réalités distinctes, l'une charismatique, l'autre
institutionnelle, alors que les deux éléments, dons spirituels et
structures ecclésiales, «forment une réalité unique, bien
que complexe» (LG, 8).
Par suite, les religieux, tout en faisant
preuve d'audace et de perspectives d'avenir (cf. Partie I, chap. III) seront
étroitement fidèles à la finalité et à
l'esprit de l'Institut en pleine obéissance et cohésion à
l'autorité de la Hiérarchie (cf. PC, 2; LG, 12).
35. - L'Evêque, comme Pasteur du
diocèse, et les Supérieurs religieux comme responsables de leur
Institut, encourageront la participation des Religieux à la vie de
l'Eglise particulière et leur connaissance des directives et des
dispositions ecclésiales; ils développeront également,
surtout les Supérieurs, l'unité supranationale de l'Institut et
la docilité envers ses supérieurs généraux (cf.
Partie I, chap. IV).
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