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P. Jacques Thomas, CICM
Miss. ad gentes et inst. excl. missionnaires

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    • 1. Première période: de 1850 à 1930-50
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1. Première période: de 1850 à 1930-50

1.1. Présupposés théologiques

Pionniers de l'évangélisation, les missionnaires ont procédé selon l'esprit et la théologie de leur temps, non exempts de paternalisme. L'opinion courante selon laquelle ceux qui n'étaient pas baptisés ne pouvaient être sauvés, était encore très répandue. Une certaine inquiétude caractérisait le travail sur le terrain: "Pourvu que personne ne se perde par ma faute". On croyait communément que les autres religions étaient fausses et devaient être considérées comme l'oeuvre du démon. D'où une certaine agressivité qui allait de pair avec le sentiment d'inquiétude.

Ils étaient avant tout préoccupés du salut des âmes. L'accent portait surtout sur la doctrine, la morale et les sacrements considérés comme signes de l'adhésion à la foi et conditions de salut. Les critères de succès de l'activité missionnaire étaient le nombre de baptêmes, de confessions, de communions, de mariages, etc.

Cela ne signifie pas qu'ils aient négligé les corps. De très nombreuses initiatives sont prises dans le domaine de l'enseignement, de la santé, du développement, des sports, mais sont plutôt considérées comme des activités auxiliaires de l'évangélisation. Du point de vue théologique, elles ne faisaient pas partie de la mission au sens strict.

Trois composantes se trouvaient liées:

    ad gentes: le but de la mission était la première évangélisation de populations qui n'avaient pas eu de contact avec l'Evangile; ad extra: ces populations vivaient en dehors de l'Europe chrétienne, donc les missionnaires étaient appelés à quitter leur pays et prononçaient le serment de mission. Ce départ était obligatoire pour tous. La date du départ avait une portée symbolique importante et était reprise dans les directoires; présence parmi les pauvres et les défavorisés: ces populations vivaient effectivement dans des régions peu développées, souvent d’accès difficile. Elles étaient décimées par le fléau des maladies endémiques (typhus, malaria, maladie du sommeil et autres). Nombreux sont les missionnaires qui sont morts de maladie ou d'épuisement après quelques mois de présence sur le terrain. Notre fondateur lui-même est mort de typhus moins de trois ans après son arrivée en Mongolie Intérieure.

1.2. Mise en oeuvre concrète

1.2.1. Lieux

Pendant cette période, les Instituts missionnaires sont de fait engagés dans un travail spécifique de première évangélisation. concrètement, nous CICM, sommes partis en Chine en 1865, au Congo en 1888, aux Philippines (Montañosa) en 1907, en Indonésie en 1937, au Japon en 1948. Une seule exception apparaît en 1946 avec le départ aux USA, justifié d'abord pour des raisons économiques (financement). Mais il est vrai que pendant plusieurs années des doutes ont subsisté sur le caractère authentiquement missionnaire de cette fondation aux USA.

En toute logique, en Europe, nous n'avions pas d'autres activités que le recrutement, la formation, la logistique et la recherche de fonds. Certains missionnaires rentrés au pays pour raisons de santé ou autres sont intégrés dans ces services, rejoignent le clergé diocésain ou sont nommés à titre individuel dans une paroisse.

1.2.2. Méthodes

La méthode consiste généralement dans la création de missions centrales isolées où l'on réunit les catéchumènes, les retirant en quelque sorte de leur milieu afin de leur garantir un accompagnement dans un environnement chrétien. Souvent, les néophytes sont encouragés à s'installer autour de la mission, formant ainsi des foyers de chrétienté, un peu sur le modèle des abbayes du Moyen-âge. La mission centrale se développe de plus en plus, intégrant écoles, hôpitaux, ateliers de mécanique et de menuiserie, fermes. On aboutit ainsi à la création de complexes parfois importants.

Durant cette époque, en vertu du jus commissionis, comme nous étions les seuls responsables de l'évangélisation de vastes territoires, des initiatives ont été prises en tous les domaines: fondations de missions, enseignement, centres de formation, séminaires, imprimeries, procures, garages, menuiseries, constructions, plantations et élevage.

1.3. Conséquences sur le charisme

Parce que pionniers, nous étions acculés à être des hommes polyvalents, bons à tout faire. Ceci a contribué à un nivellement des charismes propres (il n'y avait extérieurement que peu de différence sur le champ de la mission entre un scheutiste et un oblat ou un rédemptoriste) et a créé la mentalité que tout entrait dans notre charisme, pourvu que les besoins de la mission le justifiaient. Et effectivement, en l'absence d'Eglise locale, la mission d'alors se situait dans un réel contexte de première évangélisation.




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