22.
Lorsqu'ils abordent des questions nouvelles et qu'ils font en sorte que le
message du Christ éclaire et guide la conscience des hommes pour résoudre les
problèmes nouveaux suscités par les mutations de la société, les Évêques réunis
dans la Conférence épiscopale exercent ensemble leur fonction doctrinale, bien
conscients des limites de leurs déclarations, qui n'ont pas le caractère d'un
magistère universel, tout en étant officiel et authentique et en communion avec
le Siège apostolique. Qu'ils évitent par conséquent soigneusement de gêner
l'œuvre doctrinale des Évêques d'autres territoires, compte tenu des
répercussions dans des zones plus vastes, et même dans le monde entier, que les
moyens de communication sociale donnent aux événements d'une région déterminée.
Étant présupposé que le magistère authentique des Évêques, c'est-à-dire celui
qu'ils exercent revêtus de l'autorité du Christ, doit toujours être en
communion avec le chef du Collège et avec ses membres,(83) si les
déclarations doctrinales des Conférences épiscopales sont approuvées à
l'unanimité, elles peuvent sans aucun doute être publiées au nom des
Conférences elles-mêmes, et les fidèles sont tenus d'adhérer avec une révérence
religieuse de l'esprit à ce magistère authentique de leurs Évêques. Mais si
cette unanimité n'a pas été obtenue, la seule majorité des Évêques d'une
Conférence ne peut publier une éventuelle déclaration comme magistère
authentique de cette Conférence, auquel devraient adhérer tous les fidèles du
territoire, à moins qu'elle n'ait obtenu la reconnaissance (recognitio)
du Siège apostolique, qui ne la donnera pas si cette majorité n'est pas
qualifiée. L'intervention du Siège apostolique se situe par analogie à celle
requise pour que la Conférence épiscopale puisse émettre des décrets généraux.(84)
La reconnaissance (recognitio) du Saint-Siège sert à assurer en outre
que, en abordant les questions nouvelles que posent les changements sociaux et
culturels rapides caractéristiques de ce moment de l'histoire, la réponse
doctrinale favorise la communion, qu'elle ne porte pas préjudice à des
interventions du magistère universel, mais plutôt qu'elles les prépare.
|