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Saint Joseph
218. Dans sa sagesse
providentielle, Dieu réalisa son plan de salut en assignant à Joseph de
Nazareth, "homme juste" (cf. Mt 1, 19), et époux de la Vierge Marie
(cf. Ibid.; Lc 1, 27), une mission particulièrement importante: d’une
part, introduire légalement Jésus dans la lignée de David de laquelle, selon la
promesse des Écritures (cf. 2 S 7, 5-16; 1 Ch 17, 11-14), devait naître le
Messie Sauveur, et, d’autre part, assumer la fonction de père et de gardien à
l’égard de cet enfant.
En vertu de cette mission, saint Joseph est très présent dans les mystères
de l’enfance du Sauveur: il reçut de Dieu la révélation de l’origine divine de
la maternité de Marie (cf. Mt 1, 20-21), et il fut le témoin privilégié de la
naissance de Jésus à Bethléem (cf. Lc 2, 6-7), de l’adoration des bergers (cf.
Lc 2, 15-16) et de celle des Mages venus de l’Orient (cf. Mt 2, 11); il
accomplit son devoir religieux à l’égard de l’Enfant en l’introduisant dans
l’Alliance d’Abraham, lors de la circoncision (cf. Lc 2, 21), et en lui donnant
le nom de Jésus (cf, Mt 1, 21); selon de la Loi, il présenta l’Enfant au Temple
et le racheta en offrant le don des pauvres (cf. Lc 2, 22-24; Esd 13, 2.12-13)
et, rempli d’étonnement, il entendit le cantique prophétique de Siméon (cf. Lc
2, 25-33); il protégea la Mère et le Fils durant la persécution d’Hérode en
fuyant en Égypte (cf. Mt 2, 13-23); il se rendait chaque année à Jérusalem avec
la Mère et l’Enfant pour la fête de la Pâque et il assista, avec effroi, à
l’événement de la disparition de Jésus, âgé de 12 ans, qui était demeuré dans
le Temple (cf. Lc 2, 43-50); il vécut dans la maison familiale de Nazareth,
exerçant son autorité paternelle à l’égard de Jésus, qui lui était soumis (cf.
Lc 2, 51), et il lui enseigna la Loi et son métier de charpentier.
219. Tout au long des
siècles, et surtout à l’époque récente, la réflexion de l’Église a mis en
évidence les vertus de saint Joseph, parmi lesquelles: la foi, qui, chez lui,
se traduisait par une adhésion entière et courageuse au projet de salut de
Dieu; l’obéissance inconditionnelle et silencieuse à la volonté de Dieu;
l’amour et le respect fidèle de la Loi, la piété sincère et la force dans les
épreuves; l’amour virginal dont il fit preuve à l’égard de la Vierge Marie,
l’exercice assidu de ses devoirs de père de famille, et l’attrait pour une vie
cachée et laborieuse.
220. La piété
populaire met en valeur l’importance et l’universalité du patronage de saint
Joseph, "à la vigilance duquel Dieu a voulu confier les débuts de notre
rédemption" et "ses trésors les plus précieux". Saint
Joseph assume les patronages suivants: l’Église tout entière, que le
bienheureux Pie IX a voulu placer sous la protection spéciale du saint
Patriarche; les personnes qui se consacrent à Dieu en choisissant le célibat
pour le Royaume des cieux (cf. Mt 19, 12): "ils ont en saint Joseph un
exemple et un défenseur de leur virginité"; les travailleurs et les
artisans, dont le charpentier de Nazareth est le modèle exemplaire; les
agonisants, puisque, selon une pieuse tradition, saint Joseph fut assisté, au
moment de sa mort, de Jésus et de Marie.
221. La Liturgie fait
souvent référence à la figure et au rôle de saint Joseph dans les célébrations
des mystères de la vie du Sauveur, en particulier celles qui concernent sa
naissance et son enfance, c’est-à-dire durant le temps de l’Avent, celui de
Noël, spécialement à l’occasion de la fête de la Sainte Famille, lors de la
solennité du 19 mars et à l’occasion de la mémoire du 1 mai.
Le nom de saint Joseph est
mentionné dans le Communicantes du Canon Romain et dans les Litanies
des Saints. Les Prières pour les mourants suggèrent d’invoquer le
saint Patriarche; de même, la communauté prie pour que l’âme du mourant, en
quittant ce monde, soit introduite "dans la paix de la Jérusalem céleste
avec la Vierge Marie, Mère de Dieu, saint Joseph, tous les Anges et les
Saints".
222. La vénération de saint
Joseph occupe aussi une place importante dans la piété populaire: par exemple,
dans des expressions diverses et nombreuses du folklore de certains peuples;
dans la coutume, datant de la fin du XVII siècle, de considérer le mercredi
comme un jour dédié à saint Joseph; à ce propos, il convient de noter que
certains pieux exercices, comme les Sept mercredis, se rattachent à
cette pieuse tradition. La dévotion des fidèles à l’égard de saint Joseph
inspire aussi les pieuses invocations, que de nombreuses personnes aiment
prononcer spontanément, de même que certaines formules de prières, comme celle
qui fut composée par le pape Léon XIII: Ad te, beate Joseph, et qui est
dite chaque jour par de nombreux fidèles, et aussi les Litanies de saint
Joseph, approuvées par saint Pie X, et, enfin, le pieux exercice du
chapelet des Sept angoisses et des sept joies de saint Joseph.
223. Des difficultés
d’harmonisation entre la Liturgie et les expressions de la piété populaire
peuvent surgir du fait que la solennité de saint Joseph (19 mars) est célébrée
durant le Carême, qui est un temps liturgique tout entier consacré à la
préparation des baptêmes et à la célébration de la Passion du Seigneur. Il est
donc indispensable que les pratiques traditionnelles du "mois de saint
Joseph" soient en syntonie avec le temps liturgique qui est célébré. De
fait, le renouveau de la Liturgie a permis aux fidèles d’approfondir le
véritable sens du temps liturgique du Carême. En adaptant les expressions de la
piété populaire à cette exigence, il demeure néanmoins nécessaire de favoriser
et de répandre la dévotion à l’égard de saint Joseph, en ayant constamment à
l’esprit "l’exemple éminent [...], qui surpasse les états de vie
particuliers et qui est proposé à la communauté chrétienne tout entière,
quelles que soient les conditions de vie et les obligations des fidèles".
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