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| Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements Directoire sur piété populaire IntraText CT - Lecture du Texte |
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Le langage de la piété populaire 14. Le langage verbal et gestuel de la piété populaire, tout en conservant sa simplicité et sa spontanéité d’expression, doit néanmoins toujours être particulièrement soigné, afin de laisser apparaître, dans tous les cas et en même temps, la vérité de la foi et la grandeur des mystères chrétiens. Les gestes 15. La piété populaire se caractérise par une variété très riche d’expressions corporelles, de gestes et de symboles. On peut citer, par exemple, l’usage d’embrasser ou de toucher avec la main les images et les lieux saints, les reliques ou les objets sacrés; le fait d’entreprendre des pèlerinages ou d’organiser des processions, de parcourir des tronçons de route ou certains parcours "spéciaux" à pieds ou à genoux; la présentation d’offrandes, de cierges et d’ex-voto; le port d’habits particuliers; le fait de s’agenouiller et de se prosterner, de porter des médailles et des insignes... De telles expressions, qui se transmettent depuis des siècles de père en fils, constituent des moyens directs et simples destinés à manifester extérieurement les sentiments présents dans le cœur des fidèles, et aussi leur volonté de vivre d’une manière authentiquement chrétienne. Sans cette dimension d’intériorité, les gestes symboliques risquent de devenir des coutumes vides de sens et, dans le pire des cas, de dégénérer en superstition. Les textes et les formules 16. Bien que les énoncés des prières et les formules de dévotion soient rédigés en employant un langage que l’on pourrait qualifier de moins rigoureux, si on les compare aux prières de la Liturgie, ils doivent néanmoins s’inspirer des textes de la Sainte Écriture, de la Liturgie, des Pères et du Magistère, tout en étant conformes à la foi de l’Église. L’emploi des textes des prières et des actes de piété, qui ont un caractère stable et public, requiert l’approbation de l’Ordinaire du lieu. Le chant et la musique 17. De même, le chant, qui est l’expression naturelle de l’âme d’un peuple, occupe une place de choix dans le cadre de la piété populaire. Le soin apporté à conserver les chants traditionnels transmis par les générations précédentes, doit être associé au sens biblique et ecclésial, et, par conséquent, doit se conjuguer avec la nécessité de révisions successives ou de nouvelles compositions. Certains peuples ont coutume d’associer le chant avec le battement des mains, le mouvement rythmique du corps et la danse. Ces manières particulières d’exprimer les sentiments intérieurs font partie des traditions populaires, spécialement à l’occasion des fêtes des saints Patrons; elles sont recevables dans la mesure où elles constituent les expressions d’une vraie prière commune, et non pas simplement un spectacle. Le fait qu’elles aient cours habituellement dans des lieux bien déterminés ne signifie pas pour autant qu’on doive encourager leur extension à d’autres lieux, dans lesquels leur usage ne conviendrait pas par manque de connaturalité. Les images 18. Une autre expression très importante de la piété populaire est le recours aux images sacrées; celles-ci sont réalisées en tenant compte des règles de la culture ambiante et en fonction de la grande diversité des artistes, et elles aident les fidèles à accéder aux mystères de la foi chrétienne. Il convient d’affirmer que la vénération envers les images sacrées appartient, par nature, à la piété catholique: le signe tangible de cet attachement est constitué par le grand patrimoine artistique, présent dans les églises et les sanctuaires, à la constitution duquel la dévotion populaire a souvent contribué. Il convient de rappeler le principe relatif à l’emploi liturgique des images du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, qui est traditionnellement affirmé et défendu par l’Église, consciente que "l’honneur rendu à l’image est adressé à la personne qui est représentée". Les directives qui s’imposent aux images sacrées présentées dans les églises - concernant la vérité de la foi qu’elles expriment, ainsi que leur hiérarchie, leur beauté et leur qualité - doivent s’appliquer aussi aux images et aux objets destinés à la dévotion privée et personnelle. Puisque l’iconographie, qui a sa place dans les édifices sacrés, n’est pas laissée à l’initiative privée, les responsables des églises et des oratoires doivent exercer la vigilance nécessaire, afin de garantir la dignité, la beauté et la qualité des images présentées à la vénération publique des fidèles, en veillant en particulier à ce que des tableaux ou des statues inspirés par les dévotions privées de quelques personnes, ne soient pas imposés de facto à la vénération commune. Les Évêques, de même que les recteurs des sanctuaires, doivent s’assurer que les images sacrées destinées à l’usage des fidèles, qui sont réalisées de manières diverses, pour être exposées dans les maisons, ou portées en pendentif, ou encore conservées personnellement, ne dégénèrent ni dans la banalité, ni dans l’erreur. Les lieux 19. En plus de l’église, la piété populaire a comme espace privilégié le sanctuaire - il ne s’agit pas toujours d’une église -, qui se distingue par des formes et des pratiques particulières de dévotion, dont la plus notable est le pélerinage. À côté de ces lieux de culte, qui sont explicitement réservés à la prière communautaire et privée, il en existe d’autres, non moins importants, à savoir la maison, les lieux de vie et de travail, et, en certaines circonstances, les rues et les places, qui, ainsi, sont appelées à devenir elles aussi des lieux de manifestation de la foi. Les temps 20. L’alternance des jours et des nuits, la succession des mois et le changement des saisons sont accompagnés par des expressions variées de la piété populaire. De même, cette dernière est associée à des jours particuliers, où sont célébrés des événements joyeux et tristes de la vie personnelle, familiale et communautaire. Surtout, la "fête", avec ses journées de préparation, est destinée à donner du relief aux manifestations religieuses qui ont contribué à forger la tradition particulière d’une communauté déterminée.
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