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| Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements Directoire sur piété populaire IntraText CT - Lecture du Texte |
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Le temps pascal La bénédiction annuelle des familles dans leurs maisons 152. La bénédiction annuelle des familles, qui a lieu à leur domicile, se déroule ordinairement durant le temps pascal, ou à d’autres moments de l’année. Cette visite traditionnelle très appréciée par les fidèles, que les curés et leurs collaborateurs sont vivement invités à accomplir, constitue une occasion très précieuse pour ces derniers de rappeler aux familles chrétiennes la présence constante de la bénédiction de Dieu, et l’invitation à vivre en se conformant au message de l’Évangile; cette démarche a donc pour but d’exhorter les parents et les enfants à conserver et à développer le mystère de la famille en tant qu’ "Église domestique". La "Via lucis" 153. À une époque récente, un pieux exercice, dénommé Via lucis, s’est répandu dans certaines régions. En prenant modèle sur la Via Crucis, les fidèles, pendant la Via lucis, sont invités à parcourir un itinéraire en considérant successivement les différentes apparitions, qui permirent à Jésus - depuis sa Résurrection jusqu’à son Ascension, et dans la perspective de la Parousie - de manifester sa gloire à ses disciples, en attendant qu’ils reçoivent l’Esprit Saint qu’il leur avait promis (cf. Jn 14, 26; 16, 13-15; Lc 24, 29), de conforter leur foi, de porter à leur accomplissement ses nombreux enseignements sur le Royaume, et, enfin, de définir la structure sacramentelle et hiérarchique de l’Église. Le pieux exercice de la Via lucis permet aux fidèles d’évoquer l’événement central de la foi - la Résurrection du Christ - et leur condition de disciples, que le sacrement pascal du baptême a fait passer des ténèbres du péché à la lumière de la grâce (cf. Col 1, 13; Ep 5, 8). Pendant des siècles, la Via Crucis, en permettant aux fidèles de participer à l’événement initial du mystère pascal - la Passion -, a contribué à fixer les divers aspects de son contenu dans la conscience du peuple. À notre époque, d’une manière équivalente, la Via lucis peut permettre de rendre présent auprès des fidèles le second moment si vital de la Pâque du Seigneur, la Résurrection, à condition que ce pieux exercice se déroule dans une grande fidélité par rapport au texte évangélique. On dit communément: "per crucem ad lucem"; il est vrai que la Via lucis peut en outre devenir une excellente pédagogie de la foi. De fait, la Via lucis, avec la métaphore du chemin à parcourir, permet aux fidèles de mieux comprendre l’itinéraire spirituel, qui part de la constatation de la réalité de la souffrance, qui, selon le dessein de Dieu, ne constitue pas le point d’ancrage définitif de la vie humaine, et aboutit à l’espérance de rejoindre le vrai but poursuivi par chaque homme: la libération, la joie, la paix, qui sont des valeurs essentiellement pascales. Enfin, dans une société souvent marquée par l’angoisse et le néant, qui caractérisent la "culture de la mort", la Via lucis constitue au contraire un stimulant efficace permettant d’instaurer une "culture de la vie", c’est-à-dire une culture ouverte aux attentes de l’espérance et aux certitudes de la foi. La dévotion à la divine miséricorde 154. La dévotion à la divine miséricorde, qui est liée à l’octave pascale, s’est propagée à une époque récente, à partir des messages de la religieuse, Sœur Faustine Kowalska, canonisée le 30 avril 2000; elle est centrée sur la personne du Christ, mort et ressuscité, source de l’Esprit Saint, qui pardonne les péchés et transmet la joie du salut. Puisque la Liturgie du "deuxième Dimanche de Pâques ou de la divine miséricorde"- comme il est désormais appelé - constitue le réceptacle naturel où s’exprime l’accueil de la miséricorde du Rédempteur de l’homme, les fidèles doivent donc être éduqués à comprendre une telle dévotion à la lumière des célébrations liturgiques de ces jours de Pâques. En effet, "le Christ de Pâques est l’incarnation définitive de la miséricorde, son signe vivant: signe du salut à la fois historique et eschatologique. Dans le même esprit, la liturgie du temps pascal met sur nos lèvres les paroles du Psaume: "Je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur" (Ps 89 (89), 2). La neuvaine de la Pentecôte 155. La Sainte Écriture atteste que, durant les neuf jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, les apôtres "d’un seul cœur participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus, et avec ses frères" (Ac 1, 14), en attendant d’être "revêtus d’une force venue d’en haut" (Lc 24, 49). Le pieux exercice de la neuvaine de la Pentecôte est donc issu de la réflexion menée dans la prière concernant ce mystère du salut, et il s’est propagé parmi les fidèles. Toutefois, il est possible de constater qu’une telle "neuvaine" est déjà présente dans le Missel et la Liturgie des Heures, surtout les Vêpres: les textes bibliques et eucologiques font référence, de diverses manières, à l’attente du Paraclet. C’est pourquoi, lorsque cela est possible, la neuvaine de la Pentecôte peut consister dans la célébration solennelle des Vêpres. Dans les lieux où une telle célébration n’est pas possible, il faut faire en sorte que la neuvaine de la Pentecôte respecte les thèmes liturgiques de chacun des jours, qui séparent l’Ascension de la Vigile de la Pentecôte. Dans certains endroits, ces jours offrent l’occasion de célébrer la semaine de prières pour l’unité des chrétiens.
LA PENTECÔTE Le dimanche de la Pentecôte 156. Le temps pascal se conclut, le cinquantième jour, avec le dimanche de la Pentecôte, qui célèbre la venue de l’Esprit Saint sur les Apôtres (cf. Ac 2, 1-4), les débuts de l’Église et le commencement de sa mission dans toutes les langues auprès des divers peuples et nations. Il convient de noter l’importance de la célébration de la Messe de la Vigile, spécialement dans l’église cathédrale et aussi dans les paroisses; de fait, celle-ci revêt le caractère d’une prière intense et persévérante de la communauté chrétienne tout entière, en s’inspirant de l’exemple des apôtres réunis dans une prière unanime avec la Mère du Seigneur. En exhortant à la prière et à la mission, le mystère de la Pentecôte concerne aussi la piété populaire, car celle-ci "est une démonstration continuelle de la présence active de l’Esprit Saint dans l’Église. C’est lui qui allume dans les cœurs la foi, l’espérance et l’amour, ces vertus suprêmes qui donnent leur valeur à la piété chrétienne. C’est le même Esprit qui ennoblit les formes si variées et si nombreuses par lesquelles s’exprime le message chrétien, en accord avec la culture et les coutumes propres à chaque lieu, à travers tous les siècles". En employant des formules bien connues, qui proviennent de la célébration de la Pentecôte (Veni, Creator Spiritus, Veni, Sancte Spiritus) ou à l’aide de supplications brèves (Emitte Spiritum tuum et creabuntur...), les fidèles invoquent volontiers l’Esprit Saint, en particulier lorsqu’ils commencent une activité ou un travail, tout comme dans des situations difficiles à vivre. De même, le troisième mystère glorieux du Rosaire est une invitation à méditer la manifestation de l’Esprit Saint, le jour de la Pentecôte. De plus, les fidèles sont coscients d’avoir reçu ce même Esprit Saint, spécialement le jour de leur Confirmation, Esprit de sagesse et de conseil qui les guide dans leur existence, Esprit de force et de lumière qui les aide à prendre des décisions importantes et à supporter les épreuves de la vie. Ils savent que, le jour de leur baptême, leur corps est devenu le temple de l’Esprit Saint, et qu’il doit donc être respecté et honoré, y compris dans la mort, et que, au dernier jour, il ressuscitera par la puissance de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint, tout en ouvrant nos cœurs à la communion avec Dieu dans la prière, nous incite à nous tourner vers notre prochain avec des sentiments authentiques de rencontre, de réconciliation, de témoignage, de désir de justice et de paix, de renouveau moral, de vrai progrès social et d’élan missionnaire. C’est dans cet esprit que, dans certaines communautés, la Pentecôte est célébrée comme " une journée de la souffrance pour les missions".
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