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| Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements Directoire sur piété populaire IntraText CT - Lecture du Texte |
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Le Sanctuaire Quelques principes 262. Selon la révélation chrétienne, le sanctuaire suprême et définitif est le Christ ressuscité (cf. Jn 2, 18-21; Ap 21, 22), autour duquel se rassemble et s’organise la communauté des disciples, qui est elle-même la nouvelle demeure du Seigneur (cf. 1 P 2, 5; Ep 2, 19-22). Du point de vue théologique, le sanctuaire, dont l’origine provient assez souvent de la piété populaire, est un signe de la présence active et rédemptrice du Seigneur dans l’histoire; il est aussi un lieu où le peuple de Dieu, qui chemine sur les routes du monde vers la Cité future (cf. He 13, 14), fait une halte et reprend des forces avant de poursuivre son pèlerinage. 263. Le sanctuaire, comme les églises, a une grande valeur symbolique: il est l’icône de la "demeure de Dieu parmi les hommes" (Ap 21, 3), et il évoque "le mystère du Temple", qui s’accomplit dans le corps du Christ (cf. Jn 1, 14; 2, 21), dans la communauté ecclésiale (cf. 1 P 2, 5), et dans la personne de chaque fidèle baptisé (cf. 1 Co 3, 16-17; 6, 19; 2 Co 6, 16). Pour les fidèles, les sanctuaires sont souvent, à cause de leur origine, la mémoire d’un événement considéré par eux comme extraordinaire, et qui a provoqué l’émergence de manifestations de dévotion durable, ou des témoignages de piété et de reconnaissance de tout un peuple pour les grâces reçues en ce lieu. À cause des nombreux signes de miséricorde qui se manifestent dans les sanctuaires, ces derniers sont aussi des lieux privilégiés où Dieu vient en aide aux hommes, et où se manifeste l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie, des Saints ou des Bienheureux. De même, leur emplacement, souvent élevé ou solitaire, leur beauté austère ou, au contraire, agréable, font des sanctuaires des témoins privilégiés de l’harmonie du cosmos, et des lieux où se reflète la beauté de Dieu. La prédication, qui résonne constamment dans les sanctuaires est, pour les fidèles à la fois un appel efficace à la conversion, une invitation à vivre dans la charité et à multiplier les œuvres de miséricorde, enfin, une exhortation à vivre en suivant fidèlement le Christ. Les sacrements, qui peuvent être reçus dans ces lieux, permettent de consolider la foi des fidèles; ils leur permettent aussi de croître dans la grâce, et ils leur procurent le secours et l’espérance dans les épreuves qu’ils peuvent rencontrer. Les sanctuaires, en mettant en valeur un aspect particulier du message évangélique, peuvent être considérés comme une illustration et même un prolongement de la Parole de Dieu. Enfin, l’orientation eschatologique des sanctuaires contribue à transmettre aux fidèles le sens de la transcendance; leur présence dans ces lieux les incitent à diriger leurs pas, à travers les chemins de la vie d’ici-bas, vers le sanctuaire du ciel (cf. He 9, 11; Ap 21, 3). "Toujours et partout, les sanctuaires chrétiens ont été ou ont voulu être des signes de Dieu, de son irruption dans l’histoire humaine. Chacun d’eux est un mémorial du mystère de l’Incarnation et de la Rédemption". La reconnaissance canonique 264. "Par sanctuaire on entend une église ou un autre lieu sacré où les fidèles se rendent nombreux en pèlerinage pour un motif particulier de piété avec l’approbation de l’Ordinaire du lieu". La reconnaissance canonique d’un lieu sacré comme sanctuaire diocésain, national ou international dépend respectivement de l’Évêque diocésain, de la Conférence des Évêques ou du Saint-Siège. L’approbation canonique équivaut à une reconnaissance officielle du lieu sacré et de sa finalité spécifique; cette dernière consiste à accueillir les pèlerinages du peuple de Dieu organisés en ce lieu pour adorer le Père, professer la foi, se réconcilier avec Dieu, avec l’Église et avec ses frères, et implorer l’intercession de la Mère du Seigneur ou d’un Saint. Toutefois, il ne faut pas oublier que, localement, de nombreux autres lieux de culte, souvent humbles - comme certaines petites églises situées dans les villes ou à la campagne - assument un rôle similaire à celui des sanctuaires, tout en ne bénéficiant pas d’une reconnaissance canonique. Ils font eux aussi partie de la "géographie" de la foi et de la piété du peuple de Dieu, puisqu’ils marquent l’emplacement d’une communauté qui demeure sur un territoire déterminé et qui, dans la foi, chemine vers la Jérusalem céleste (cf. Ap 21). Le sanctuaire, lieu des célébrations cultuelles 265. Le sanctuaire a une fonction principalement cultuelle. Les fidèles se rendent, en effet, dans ce lieu pour participer aux célébrations liturgiques et aux pieux exercices. Toutefois, cette fonction cultuelle reconnue du sanctuaire ne doit pas obscurcir, dans la conscience des fidèles, l’enseignement évangélique selon lequel le lieu n’est pas un élément déterminant pour rendre un culte authentique au Seigneur (cf. Jn 4, 20-24). La valeur exemplaire du sanctuaire 266. Les responsables des sanctuaires ont le devoir de veiller à la qualité exemplaire des cérémonies: "La promotion d’une Liturgie de qualité fait partie des fonctions, qui sont dévolues aux sanctuaires; il s’agit même d’une obligation inscrite dans le Code de droit canonique. Cette promotion concerne moins l’obligation d’augmenter le nombre des célébrations que celle d’améliorer la qualité de celles qui existent déjà. Les recteurs des sanctuaires doivent être bien conscients de leur responsabilité dans ce domaine. Ils doivent comprendre, en effet, que les fidèles, qui se rendent dans les différents sanctuaires, doivent en repartir réconfortés sur le plan spirituel et édifiés par les célébrations liturgiques auxquelles ils ont participé: celles-ci auront su leur transmettre le message du salut par la noble simplicité de leurs rites et le respect fidèle des normes liturgiques. Ces mêmes recteurs doivent savoir aussi que les effets d’une célébration liturgique exemplaire ne se limitent pas à ladite célébration accomplie dans le sanctuaire: en effet, les prêtres et les fidèles, qui participent à des cérémonies de qualité, sont portés à les faire connaître dans leurs propres lieux de culte d’origine". La célébration de la Pénitence 267. Pour de nombreux fidèles, la visite du sanctuaire est une occasion particulièrement favorable, et qui équivaut souvent à une recherche très ardente, de s’approcher du sacrement de Pénitence. Il est donc nécessaire de préparer avec soin les différents éléments qui font partie de ce sacrement. Parmi ces derniers, on peut citer, en particulier: - le lieu de la célébration: en plus des confessionnaux traditionnels disposés dans l’église, il est souhaitable que, dans les sanctuaires les plus fréquentés, un lieu soit réservé à la célébration du sacrement de Pénitence, qui puisse convenir à des moments de préparation communautaire et à des célébrations pénitentielles, dans le respect des normes canoniques et tout en garantissant la discrétion requise pour la confession; de plus, un tel lieu doit offrir un espace adapté pour le dialogue du pénitent avec le confesseur. - La préparation au sacrement: les fidèles ont souvent besoin d’être aidés dans l’accomplissement de certains actes qui font partie du sacrement: ce soutien a surtout pour but d’orienter leur cœur vers Dieu, "parce que la vérité de la Pénitence dépend d’une sincère conversion". Il est donc utile d’organiser des rencontres de préparation, qui sont proposées dans l’Ordo Paenitentiae, grâce auxquelles, par l’écoute et la méditation de la Parole de Dieu, les fidèles sont conduits à célébrer fructueusement le sacrement. Il convient du moins de mettre à la disposition des fidèles, des personnes idoines qui puissent les aider, non seulement à préparer la confession de leurs péchés, mais encore et surtout à éprouver un sincère repentir pour les fautes commises. - Le choix du rite, afin de permettre aux fidèles de mieux prendre conscience de la dimension ecclésiale du sacrement de Pénitence. Dans cette optique, la célébration du Rite pour la réconciliation de plusieurs pénitents avec la confession et l’absolution individuelle (seconde forme), à condition qu’elle soit préparée avec soin, ne devrait pas constituer une exception, mais un fait normal; de telles célébrations devraient notamment être organisées à des périodes déterminées ou à l’occasion de célébrations particulièrement importantes de l’Année liturgique. En effet, "la célébration communautaire manifeste plus clairement la nature ecclésiale de la Pénitence". La réconciliation avec absolution générale, qui, par définition, ne comporte pas la confession individuelle et intégrale des péchés, est une forme tout à fait exceptionnelle et extraordinaire du sacrement de Pénitence, qui ne peut être considérée sur le même plan que les deux autres formes ordinaires, comme s’il s’agissait d’une simple alternative; de plus, la grande affluence des pénitents, à l’occasion de certaines fêtes et de pèlerinages, n’est pas une condition suffisante pour justifier le recours à cette forme extraordinaire du sacrement. La célébration de l’Eucharistie 268. "La célébration de l’Eucharistie est le sommet et comme le foyer de toute l’action pastorale des sanctuaires"; c’est pourquoi, il convient de lui prêter la plus grande attention afin que son déroulement soit exemplaire, et qu’elle puisse conduire les fidèles à une rencontre profonde avec le Christ. Il arrive souvent que plusieurs groupes manifestent le désir de célébrer l’Eucharistie en même temps, et séparément. Un tel choix a pour conséquence de contredire la dimension ecclésiale du mystère eucharistique, puisque, dans ce cas, la célébration de la Messe, au lieu d’être un moment d’unité et de fraternité, est plutôt l’expression d’un particularisme qui ne reflète pas les valeurs de communion et d’universalité, qui sont propres à l’Église. Une simple réflexion sur la nature de la célébration de l’Eucharistie, "sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité", devrait convaincre les prêtres, qui guident les pèlerinages, de faire tout pour favoriser la réunion des différents groupes dans une même concélébration, à condition qu’elle soit bien organisée et attentive - si un tel cas se présente - à la diversité des langues. De même, à l’occasion des rassemblements de fidèles appartenant à diverses nationalités, il est vivement recommandé de chanter en langue latine et en recourant à des mélodies faciles, au moins les parties de l’Ordinaire de la Messe, spécialement le symbole de la foi et la prière du Seigneur. Une telle célébration contribue à donner une vraie image de la nature de l’Église et de l’Eucharistie; elle est aussi une occasion pour les pèlerins de s’accueillir mutuellement, tout en leur permettant de s’enrichir réciproquement. La célébration de l’Onction des malades 269. L’Ordo unctionis infirmorum eorumque pastoralis curae prévoit la célébration communautaire du sacrement de l’Onction des malades dans les sanctuaires, surtout à l’occasion des pèlerinages auxquels les malades sont invités à participer. Cette disposition correspond parfaitement à la nature du sacrement et à la fonction du sanctuaire: il est juste que dans un lieu où l’invocation de la miséricorde du Seigneur est plus intense, les fidèles puissent faire l’expérience de la présence maternelle de l’Église en faveur de ses enfants, qui sont atteints par l’épreuve de la maladie ou de la vieillesse. Le rite doit se dérouler selon les indications de l’Ordo, en particulier "s’il y a là plusieurs prêtres, chacun d’eux impose les mains sur quelques malades et fait l’Onction, en disant la formule qui l’accompagne. Les prières sont dites par le seul célébrant principal". La célébration des autres sacrements 270. Dans les sanctuaires, outre l’Eucharistie, la Pénitence et la célébration communautaire de l’Onction des malades, il arrive que les autres sacrements soient célébrés plus moins fréquemment. Cela exige de la part des responsables des sanctuaires, outre le respect des dispositions émises par l’Évêque diocésain: - la recherche d’une entente sincère et d’une collaboration fructueuse entre le sanctuaire et la communauté paroissiale; - l’attention à la nature de chacun des sacrements; ainsi, par exemple, les sacrements de l’initiation chrétienne, qui requièrent une longue préparation et ont pour effet d’enraciner le baptisé dans la communauté ecclésiale, devraient être normalement célébrés dans le cadre de la paroisse; - l’assurance que la célébration de chacun des sacrements a bien fait l’objet d’une préparation adéquate; les responsables d’un sanctuaire ne doivent pas notamment s’engager à célébrer le sacrement de mariage sans avoir reçu auparavant l’autorisation de l’Ordinaire ou du curé; - l’évaluation sereine des multiples situations concrètes, qui sont souvent imprévisibles, et pour lesquelles il n’est pas possible d’établir des normes rigides. La célébration de la Liturgie des Heures 271. Le séjour dans un sanctuaire offre un temps et un lieu favorables pour la prière personnelle et communautaire, et il est aussi une occasion privilégiée pour aider les fidèles à apprécier la beauté de la Liturgie des Heures, et à s’associer à la louange quotidienne que, au cours de son pèlerinage sur la terre, l’Église élève vers le Père, par le Christ, et dans l’Esprit Saint. Les recteurs des sanctuaires sont donc invités à prévoir des célébrations dignes et festives de la Liturgie des Heures, spécialement celles des Laudes et des Vêpres, qu’ils introduiront d’une manière opportune dans les programmes destinés aux pèlerins, en leur suggérant de prier une partie ou la totalité d’un Office votif particulièrement lié au sanctuaire. Durant le pèlerinage, et spécialement au cours des diverses étapes prévues durant le trajet qui mène au sanctuaire, les prêtres qui accompagnent les fidèles ne doivent pas omettre de leur proposer de prier au moins quelques Heures de l’Office Divin. La célébration des sacramentaux 272. Depuis les premiers siècles, l’Église a coutume de bénir les personnes, les lieux, la nourriture et les objets. Toutefois, à notre époque, cette pratique se heurte à quelques difficultés, à cause d’habitudes et de conceptions erronées profondément enracinées dans la mentalité de certains groupes de fidèles. Les bénédictions constituent néanmoins, dans le cadre des sanctuaires, une question d’ordre pastoral assez importante; en effet, les nombreux fidèles, qui se rendent dans ces lieux pour implorer la grâce et l’aide du Seigneur, ainsi que l’intercession de la Mère de la miséricorde et des Saints, demandent souvent aux prêtres de leur accorder les bénédictions les plus variées. Dans le but de guider les recteurs des sanctuaires dans la pastorale des bénédictions, les orientations suivantes leur sont donc adressées: - ils sont tenus d’appliquer progressivement et patiemment les principes contenus dans le Rituale Romanum, qui concourent tous à faire en sorte que les bénédictions soient perçues avant tout par les fidèles comme des expressions authentiques de la foi en Dieu, dispensateur de tous biens; - ils doivent mettre en évidence d’une manière adéquate - quand cela s’avère possible - les deux moments qui constituent "la structure typologique" de toute bénédiction: d’une part, la proclamation de la Parole de Dieu, qui donne un sens au signe sacré, et, d’autre part, la prière, par laquelle l’Église loue Dieu et l’implore de lui accorder ses bienfaits, comme le rappelle aussi le signe de la croix tracé par le ministre ordonné. - ils doivent opter pour une célébration communautaire de préférence à une célébration individuelle ou privée, et encourager les fidèles à participer activement et consciemment à cette bénédiction. 273. Il est souhaitable que, durant les périodes de grande affluence de pèlerins, les recteurs des sanctuaires prévoient, durant la journée, des moments particuliers réservés aux célébrations des bénédictions; ils les organiseront de telle manière que les fidèles puissent comprendre la vraie signification des bénédictions, et qu’ils prennent l’engagement d’observer les commandements de Dieu, afin que leur vie corresponde aux exigences qui résultent d’une demande de bénédiction. Le sanctuaire, lieu d’évangélisation 274. D’innombrables moyens de communication sociale propagent quotidiennement des nouvelles et des messages en tous genres; le sanctuaire est pour sa part le lieu où est constamment proclamé un message de vie: l’ "Évangile de Dieu" (Mc 1, 14; Rm 1, 1) ou "l’Évangile de Jésus-Christ" (Mc 1, 1), c’est-à-dire la bonne nouvelle qui vient de Dieu lui-même, et qui concerne Jésus-Christ: celui-ci est le Sauveur de tous les peuples; c’est en lui seul que la mort et la résurrection, le ciel et la terre se sont réconciliés pour l’éternité. Les éléments essentiels du message évangélique doivent être proposés, d’une manière directe ou indirecte, au fidèle qui se rend dans un sanctuaire: on peut citer, en particulier, le contenu du discours sur la Montagne, qui est un programme de vie, l’annonce joyeuse de la bonté et de la paternité de Dieu et de sa providence miséricordieuse, le commandement de la charité, la signification rédemptrice de la croix, et le destin transcendant de toute vie humaine. Beaucoup de sanctuaires sont de véritables lieux d’évangélisation: le message du Christ est transmis aux fidèles sous les formes les plus variées, afin de les inciter, et aussi de les exhorter à la conversion et à la persévérance, à suivre le Christ, et à conformer leur vie aux exigences de la justice; enfin, le message du Christ leur apporte aussi une parole de consolation et de paix. Il ne faut pas non plus oublier la coopération de beaucoup de sanctuaires à l’œuvre évangélisatrice de l’Église, qui se présente sous les diverses formes d’un soutien généreux aux missions "ad gentes". Le sanctuaire, lieu de la charité 275. La fonction exemplaire du sanctuaire se déploie aussi dans le domaine de la charité. Chaque sanctuaire est, en effet, par nature "un foyer qui irradie la lumière et l’ardeur de la charité", du fait qu’on y célèbre la présence miséricordieuse du Seigneur, ainsi que l’exemplarité et l’intercession de la Vierge Marie et des Saints. Le langage commun et celui des humbles définissent la charité comme "l’amour qui s’exprime au nom de Dieu". Elle se manifeste concrètement dans l’accueil et la miséricorde, dans la solidarité et le partage, dans l’aide et dans le don de soi. Grâce à la générosité des fidèles et au zèle de leurs responsables, de nombreux sanctuaires sont des lieux privilégiés, où il est possible de mettre en relation l’amour de Dieu et la charité fraternelle avec les divers besoins de la personne humaine. De fait, la charité du Christ se répand largement dans ces endroits, de même que se manifestent la sollicitude maternelle de la Vierge Marie et la proximité fraternelle des Saints; cette attention bienveillante s’exprime notamment: - dans la fondation et le soutien permanent d’un grand nombre de centres d’assistance sociale, comme des établissements hospitaliers, des instituts d’éducation destinés aux enfants pauvres et des hospices ou des maisons de retraite pour les personnes âgées. - "dans l’accueil et l’hospitalité réservés aux pèlerins, surtout les plus pauvres, à qui sont offerts, dans la mesure du possible, des lieux et des structures pour se reposer; - dans la sollicitude et le dévouement, qui se manifestent à l’égard des personnes âgées, des malades et des handicapés, à qui sont destinées les attentions les plus délicates, et, en particulier, les meilleures places dans les sanctuaires; de fait, les célébrations sont organisées en tenant compte de leur présence, et donc de leur condition particulière, sans pour autant les isoler des autres fidèles: cela est vrai notamment en ce qui concerne la fixation des horaires. Enfin, il n’est pas rare que s’instaure et se développe une collaboration effective du sanctuaire avec les associations qui assurent généralement le transport de ces personnes. - dans la disponibilité et le service de tous ceux qui se rendent dans le sanctuaire: fidèles érudits et peu instruits, pauvres et riches, compatriotes et étrangers". Le sanctuaire, lieu culturel 276. Tout en étant un lieu de culte, il n’est pas rare que le sanctuaire soit aussi par nature un "bien culturel": en effet, dans ses différents éléments, il constitue comme la synthèse des nombreuses manifestations de la culture locale: témoignages historiques, œuvres d’art, documents littéraires, expressions musicales typiques. Le sanctuaire est donc souvent un point de référence sûr qui permet de définir l’identité culturelle d’un peuple. Et puisque le sanctuaire réalise une synthèse harmonieuse entre la nature et la grâce, la piété et l’art, il peut se présenter aussi comme une expression privilégiée de la via pulchritudinis par la contemplation de la beauté de Dieu, du mystère de la Tota pulchra, et de la merveilleuse proximité des Saints. De même, il faut noter la tendance, toujours plus forte, de faire du sanctuaire un "centre culturel" spécifique, c’est-à-dire un lieu où se tiennent des cours et des conférences, et dans lequel sont promues des initiatives intéressantes dans le domaine de l’édition; il est aussi un endroit où sont organisées des représentations sacrées, des concerts, des expositions et d’autres manifestations artistiques et littéraires. L’activité culturelle du sanctuaire se présente donc comme un ensemble d’initiatives qui contribuent à la promotion de la personne humaine; ce rôle supplémentaire, qui est assumé grâce à l’œuvre d’évangélisation et à l’exercice de la charité, s’ajoute utilement à la fonction primordiale du sanctuaire, en tant que lieu destiné à la célébration du culte divin. Dans ce contexte, les responsables des sanctuaires ont l’obligation de veiller à ce que cette dimension culturelle du sanctuaire n’occulte pas sa fonction cultuelle. Le sanctuaire, lieu de l’engagement œcuménique 277. En tant que lieu d’annonce de la Parole de Dieu et d’exhortation à la conversion, et aussi lieu d’intercession, de vie liturgique intense et d’exercice de la charité, le sanctuaire peut être défini, dans une certaine mesure et selon les indications du Directoire œcuménique, comme un "bien spirituel" commun à tous les chrétiens, c’est-à-dire ouvert aux frères et sœurs qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique. Le sanctuaire est donc appelé à être un lieu où doit se manifester l’engagement œcuménique, et où l’on témoigne d’une attention particulière à la nécessité, à la fois grave et urgente, de réaliser l’unité de tous les disciples du Christ, unique Seigneur et Sauveur. Les recteurs des sanctuaires sont donc appelés à aider les pèlerins à mieux prendre conscience de cet "œcuménisme spirituel", dont parlent le décret conciliaire Unitatis redintegratio et le Directoire œcuménique; en effet, les chrétiens doivent toujours avoir présent à l’esprit le but ultime de réaliser l’unité, en manifestant ce désir dans la prière, la célébration eucharistique et la vie quotidienne. Il convient donc que, dans les sanctuaires, la prière pour l’unité des chrétiens soit intensifiée pendant certaines périodes de l’Année liturgique, en profitant, en particulier, de l’occasion donnée par la semaine de prières pour l’unité des chrétiens, et aussi durant les jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, pendant lesquels les chrétiens évoquent la communauté de Jérusalem réunie dans la prière et dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint, qui est destinée à la confirmer dans l’unité et dans sa mission universelle. De plus, les recteurs des sanctuaires sont incités à saisir toutes les opportunités qui peuvent se présenter pour organiser des rencontres de prières entre les chrétiens des diverses confessions. Durant ces rencontres, qui doivent être préparées avec soin et en commun, il convient de donner la première place à la Parole de Dieu, et de mettre en valeur les manières de prier, qui sont propres aux différentes confessions chrétiennes. Selon les circonstances, il peut être opportun de prêter attention aux membres des autres religions, même si cette démarche doit demeurer exceptionnelle: de fait, il arrive que des sanctuaires soient fréquentés par des non-chrétiens; ces derniers les visitent, car ils sont attirés par les valeurs propres du christianisme. Il importe donc que les actes du culte chrétien, qui se déroulent dans les sanctuaires, soient strictement conformes avec l’identité catholique de ces lieux, sans jamais cacher ce qui appartient en propre à la foi de l’Église. 278. Dans les sanctuaires dédiés à la Vierge Marie, l’engagement œcuménique présente des aspects particuliers. En effet, sur le plan surnaturel, sainte Marie, qui a donné naissance au Sauveur de tous les peuples, et fut à la fois le modèle et le premier des disciples du Christ, exerce certainement une mission de concorde et d’unité à l’égard des disciples de son Fils; cela explique pourquoi l’Église catholique la salue sous le vocable de Mater unitatis. En revanche, sur le plan historique,la figure de Marie a été souvent à l’origine de polémiques et de divisions entre les chrétiens, du fait d’interprétations diverses de son rôle dans l’histoire du salut. Toutefois, il faut reconnaître que, de nos jours, le dialogue œcuménique s’avère particulièrement fructueux dans le domaine de la mariologie.
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