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113.
Les prédicateurs doivent donc viser ce double
objectif : répandre la lumière de la vérité, exciter et développer en leurs
auditeurs la vie surnaturelle ; bref, en cherchant le salut des âmes,
promouvoir la gloire de Dieu. C’est pourquoi, de même qu’on décerne à faux le
titre de médecin à qui n’en exerce pas la profession, et que n’est point
docteur celui qui n’enseigne pas l’art qu’il prétend connaître, de même doit-on
traiter aussi comme un déclamateur futile – et non comme un prédicateur de
l’Evangile – celui dont le souci n’est pas d’amener les hommes à une
connaissance plus étendue de Dieu et sur la voie du salut éternel. Et vraiment, plût au Ciel qu’il n’y eût point de tels
déclamateurs ! Par quels mobiles sont-ils donc surtout guidés ? Quelques-uns
par le désir de la vaine gloire; et voici comment ils le contentent : "
Ils s’étudient à traiter des sujets plus élevés que proportionnés à leur
auditoire; aux faibles intelligences ils font montre d’eux-mêmes et ne
s’occupent pas de leur salut. Ils rougissent d’avoir à exprimer des choses
humbles et faciles à saisir, dans leur peur de paraître n’en pas savoir
davantage... ils rougissent de donner le lait aux petits-enfants (Gillebertus
Abbé, In Cant. Cantic., sermo XXVII, 2 : PL 184, 140). " Alors que
le Seigneur Jésus montrait, par l’humble condition de son auditoire, qu’il
était bien celui qu’on attendait : Les pauvres
reçoivent la bonne nouvelle (Mt 11, 5), pourquoi ces orgueilleux ne se
préoccupent-ils pas de mériter l’estime par leurs sermons plutôt que par la
célébrité des villes et l’éclat des chaires renommées ?
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