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| Eugene Scribe La domino noir IntraText CT - Lecture du Texte |
La salle à manger de Juliano. Au milieu, un brasero allumé. Au fond, une porte, et dans un pan coupé une croisêe donnant sur la rue. Deux portes à droite, une à gauche. Entre les portes, des armoires, des buffets; au fond une table sur laquelle le couvert est mis.
Une heure du
matin et Don Juliano, mon maître, n'est pas encore rentré.
C'est son habitude: il ne dort jamais que le jour... et je l'aime autant... le
service est bien plus agréable et plus facile avec un maître qui ferme toujours
les yeux!
Mais les maîtres ne s'inquiètent de rien, et n'ont aucun égard, le mien
surtout... et qu'une gouvernante est à plaindre chez un garçon, quand il est
jeune!
Quand il est vieux, c'est autre chose!
S'il est sur terre un emploi, selon moi, qui doive plaire, c'est de servir et
tenir la maison d'un vieux garçon...
Oui, c'est là le paradis.
Là nos avis à l'instant sont suivis.
Par nous bercé dorloté, il nous doit la santé.
Notre force est sa faiblesse et l'on est dame et maitresse.
Ou vieille duègne ou tendrons. qui voulons régner sans cesse. pour cent raisons
choisissons la maison d'un vieux garçon.
Sa gouvernante est son bien, son soutien, et le règne.
Pour elle il est indulgent très galant et complaisant.
Elle aura chez monseigneur les clefs de tout et même de son cœur.
Fidèle de son vivant, il l'est par testament, où brille, c'est la coutume une
tendresse posthume
Ou vieille duègne ou tendrons, etc.
Et demain quand ma nièce Inésille arrivera j'aurai grand soin de la surveiller...
Et Gil Perez ne vient pas…
Que voisje! Une
figure noire, noire!
Je meurs d'effroi!
Dans la nuit de Noêl souper avec !'économe d'un couvent c'est grand péché.
(On frappe encore. Elle ouvre la porte.)
Ah! Miséricorde, le diable!
C'est une pauvre
femme qui a plus peur que vous.
Je sors du bai, et ne puis pas rentrer chez moi.
Dehors il neige... une lumière!...
J'ai frappé.
Voici de l'or! Cachezmoi vite!
Mais que diraije à mon maître?
Quel âge atil?
Vingtcinq ans; et avec des amis il vient pour souper.
S'ils me voyaient ainsi!...
(On entend de la rue une marche militaire.)
Qu'estce donc?
Une patrouille
qui passe sous nos fenêtres; c'est pour la sûreté de la ville.
Ils arrêtent toules les personnes suspectes qu'ils rencontrent...
(à part)
C'en est fait de moi!
Je reste... je reste... mais ce domino, va m'exposer à leurs questions.
Il m'est bien
facile de vous y soustraire.
Ma nièce inésille, une Aragonaise, vient du pays pour être servante.
J'ai déjà reçu sa malle si Ça peut vous convenir.
Habillée ainsi, mon maître et ses amis vous apercevront sans seulement faire
attention à vous... enfin, si toutefois c'est possible...
Entrez vite et que Notre Dame de Lorette vous protège.
{Angéle entre dans la chambre à droite.)
G'l Perez enfin arrive!
Plus tôt c'était impossible.
C'est que le comte Juliano vient souper ici ce soir.
Je peux rester là en somme; sachez que je suis votre homme, je cuisine!
Quelle surprise!
Employé dans une église, j'étais chef par excellence. Hâcher, couper...
On commence!
Courons vite dans la cuisine! Le temps presse, j'imagine.
(Il entre dans la cuisine pendant que Jacinthe va ouvrir la porte du fond. Juliano et plusieurs de ses amis entrent.)
Réveillons,
réveillons l'amour et les belles, réveillons les maris prompts à s'endormir,
réveillons tout jusqu'au désir, réveillons !'amour et les belles, réveillons
les maris prompts à s'endormir, réveillons les amants fidèles, réveillons tout
jusqu'au désir! La nuit est !'instant du plaisir!
Vive !a nuit et le plaisir!
Qu'en son lit la
raison sommeille verre en main à table je veille et me console des amours!
Les belles nuits font les beaux jours!
Révei!!ons, révei!!ons !'amour et les beiles! etc.
(à part)
Tout s'arrange
au mieux, sur mon âme!
Et Lord Elfort en son logis, en rentrant, a trouvé sa femme... Il est un dieu
pour ies maris!... Du reste il va venir.
(haut)
Et toi, belle Jacinthe, soigne les apprêts du festin! Qui manque encore?
Les amis
Oui... mes amis, soyez sans crainte Les amoureux n'ont jamais faim!
Réveillons, réveillons !'amour et les belles! etc.
(Angèle entre, poussée par Jacinthe. Elle est habillée en paysanne aragonaise.)
Oue voisje? quel minais charmant!
Les amis
Quelle est donc cette belle enfant?
(aux autres)
C'est ma nièce! Oui, je suis sa tante!
(à Juhano)
Vous savez que nous l'attendions!
C'est une admirable servante pour un ménage de garçons!
Ah! mes seigneurs, c'est trop d'honneur.
(bas à Jacinthe)
Ah! J'ai bien peur! ah! j'ai grand peur!
(bas à Angèle)
Son nom? Son nom?
La belle fille,
qu'e!!e est gentille, et qu'inésille offre d'attraits!
Quoiqu'ignorante, elle m'enchante, et pour servante je la prendrais!
Et que savezvous faire?
D'une âme généreuse nous vous formerons tous!
Ah! le fus bien
heureuse dipouvoir entrer chez vous!
Dans cette maison que j'honore... (faisant la révérence) j .étre admise
est un grand plaisir.
(à part)
Mais j'en aurai bien plus encore sitôt que j'en pourrai sortir!
Pour servante on la prendrait!
Les amis
Sauvag' qu'est qu'c'est qu'ça?
En fidèle servante, ici vous resterez.
Si je vous
mécontente... dam! vous me renverrez!
Car dans cette maison que j'honore, (faisant la révérence) demeurer est
un grand plaisir!
(à part)
Mais j'en aurai bien plus encore, sitôt que j'en pourrai sortir!
Pour servante on la prendrait!
Offretelle assez d'attraits!
(se mettant entre eux et s'adressant à Angèle)
Allons! c'est
trop jaser!
Oui... finissons, de grâce!
Il faut qu'ici !e service se fasse!
C'est juste! Apportenous Xérès et Malaga!
(à Angèle, qu 'elle prend par le bras)
A!lons! descendons à !a cave!
(effrayée)
A la cave!...
Je vois qu'e!!e n'est pas trop brave!
Les amis
Non, non, messieurs; je suis plus brave, sa tante !'accompagnera! Allons!... venez chercher... Xérès et Malaga!
La belle fille,
qu'elle est gentille, et qu'!nési!!e offre d'attraits!
Quoiqu'ignorante, elle m'enchante, et pour servante je la prendrais!
Inésille, la
pauvre fille,
Inésille les séduirait!
Quoiqu'ignorante, je les enchante; et pour servante on me prendrait!
Elle est
charmante, et ravissante, et pour sa tante on me prendrait.
La belle fille, qu'elle est gentille! Oui, Inésille es séduirait!
(Jacinthe sort en emmenant Angèle par la porte qui mène dans l'intérieur de la maison. Au même instant Horace entre et aperçoit Angèle, il pousse un cri et reste immobile de surprise.)
Ah! La voilà!
C'est lui!
(à Horace)
Eh bien! qu'astu donc? comme tu regardes notre jeune servante…
Ah! c'est une servante?
Une AragonaiseIa nièce de Jacinthe.
Et... tu la connais?
Certainement, et ces messieurs aussi.
Allons, je deviens fou... je perds la tête!
(Tous s'asseyent.)
Tu pense à la demoiselle?
Oui, je brûte pour e!!e, devant mes yeux et dans mon cœur, partout elle est présénte.
(Angèle, qui l'écoute avec émotion, laisse tomber une asslette qul se casse.)
O ciel!
Comme elle est maladroite!
Ça n'a pas d'importance, mais la pénitence demande une chanson qui provient de !'Aragon.
Eh bien, je
chanterai, je chanterai…
La belle Inès fait florès; elle a des attraits, des vertus; et, bien plus, elle
a des écus.
Tous ies garçons, bruns ou blonds, lui font les yeux doux: qui de nous voulezvous
prendre pour époux?
Estce un riche fermier?
Estce un galant muletie,, ou bien un alguazil?
Celuilà vous convientil?
Tra, la, tra, la...
-Non, mon cœur incivil,
Tra, la, tra, la... refuse l'alguazil,
Tra, la, tra, la...
-L'alcade vous plaîtil?
Tra, la, tra, la...
-Fûtce un corrégidor, je le refuse encor.
-Qui voulezvous, belle aux yeux doux?
Répondez, nous vous aimons tous.
Pour époux, ditesnous, qui prendrezvous?
-L'amoureux que je veux c'est celui qui danse le mieux.
Ah! quel son de
voix enchanteur!
Ma nièce me fait de l'honneur!
Et déjà leur cœur amoureux s'enflamme au feu de ses beaux yeux!
C'est bien son
regard enchanteur
Mais ce costume!... estce une erreur?
Et que doisje croire en ces lieux, ou de mon cœur, ou de mes yeux?
C'est un morceau de grand seigneur, et déjà mon cœur amoureux s'enflamme au feu de ses beaux yeux!
Dès ce moment,
chaque amant se m it prom ptement à danser, balancer, passer, repasser, et,
castagnettes en avant. chaque prétendant s'exerçait et donnait le signal du
bal.
Le muletier Pedro possédait le boléro, et l'alcade déjà, brillait dans la
cachucha;
Tra, la, tra, la...
--Messieurs, ce n'est pas ça;
Tra, la, tra, la...
Et, pendant ce tempslà,
Tra, la, tra, la... le jeune et beau Joset,
Tra, la, tra, la... de loin la regardait; et, de travers dansait, car il
l'aimait...
--Belle aux yeux doux, ce beau bal nous réunit tous; qui de nous voulezvous
prendre pour époux?
--Le danseur que je veux: c'est celui qui m'aime le mieux.
Oui, Joset, je te veux, car c'est toi qui m'aime le mieux.
Ah! quel son de voix enchanteur, etc.
C'est bien son regard enchanteur, etc.
Que de grâce! que de candeur, etc.
(voyant sontir Jacinthe, et entourant Angèle)
Je n'y tiens plus! I Non. non vraiment, mon cœur amoureux s'enflamme au feu de tes beaux yeux.
(se défendant)
Ah! finissez, de grâce! Ah! je frémis de leur audace!
Comment, seraitce elle en ces lieux? Non, ce n'est pas!... c'est impossible!
Non, non
vraiment, allons, ne sois pas inflexible!
De l'un de nous daigne accepter la foi!
Rien qu'un baiser, un seul...
(se défendant)
Laissezmoi! Ah,
laissezmoi!
Oh de grâce, O mon dieu!
(poussant un cri, s'échappe de leurs mains et se précipite dans les bras d'Horace)
Ah!... défendezmoi!
C'est elle!
Eh bien! que voisje?
(s'arrêtant)
C'est la tante! De la duègne craignons la colère imposante.
Dans le salon le punch est là qui vous attend.
Tout est prêt.
(faisant signe de passer dans le salon)
C'est charmant! Messieurs, le punch est là qui vous attend.
Oui, oui c'est elle que dans ces lieux l'amour offre encore à mes yeux!
De cet argus fuyons !es yeux, pour toucher son cœur plus tard nous serons plus heureux!
(à Angèle)
Non, ne craignez
rien tant que vous serez sous mes yeux!
Mais voyez donc ces grands seigneurs quelle indécence! quelles mœurs!
(lls entrent dans le salon. Horace et Angèle restent.)
(s'approchant d'elle timidement)
Qu'estce que c'est, Monsieur? Voulezvous du Xérès ou du Malaga?
(étonné)
Non, non, ce n'est pas possible! Je vous ai reconnue.
Qu'estce que vous dites?
Nul besoin de prétendre, Madame, je vous aime.
Il va me reconnaître, Je vous en supplie!
(Angéle entre dans la chambre de Jacinthe, à dro/te. Jullano sort du salon.)
Quel vacarme, qui fait ce bruit?
Qu'y atil?
Une gentille ballerine que je cherche, qui me fuit maintenant, paurtant de souper avec moi elle m'avait promis.
(a part)
Si c'était elle, auelle horreur! Je la tuerai!
Milord Horace,
trop vite le temps passe.
Frivoles et joyeux nous nous verronns aux jeux. On attend ta présence.
(sortant de la cuisine et portant un panier de provisions et un bougeoir, qu'il pose sur une petite table près de la porte à droite)
Nous allons
avoir, grâce à Dieu, bon souper ainsi que bon feu!
Prudemment j'ai mis en réserve les meilleurs vins, les meilleurs plats.
Pour ses élus le ciel conserve les morceaux les plus délicats!
Deo gratias!
Nos maîtres ont soupé très bien, chacun son tour, voici le mien!
Et puis de ma future femme contemplant !es chastes appas, le pieux amour qui
m'enflamme en tiers sera dans le repas!
Deo gratias!
(s'approchant de la chambre de Jacinthe)
Voici sa chambre!... Ah! ia porte en est close... comme je l'avais dit! Mais sur moi prudemment j'ai l'autre clef...
(tirant de sa poche un trousseau de clefs qu'il examine)
C'est elle, je suppose! Car, avec celles du couvent n'allons pas la confondre!...
(s 'approchant)
O quel heureux
instant!
Amour! amour! amour!
Que ton flambeau m'éclaire!
(Au moment d'entrer dans la chambre de Jacinthe, dont il vient d'ouvrir la porte, Angèle para/t devant lui, couverte de son domino et de son masque noir.)
(étendant /a main vers lui et grossissant sa voix)
Téméraire! Impie!!... où vastu?
(tremblant et laissant tomber son bougeoir)
Mon Dieu!... mon
bon Dieu!
Qu'aije vu? Qu'aije vu?
Noir fantôme, que me veuxtu? que me veuxtu?
L'espoir en moi se glasse en voyant son effroi; Il tremble!... Dieu propice, ici protègemoi!
Tous mes membres frémissent de surprise et d'effroi; et mes genoux fléchissent, mon Dieu, protègemoi!
(s'approchant de Perez qui est à genoux et n'ose lever la tête)
(à part)
Il sait mon nom!
C'est moimême.
C'est moi!
Dépose à l'instant même les saintes clefs que tu ne peux porter, ou je lance sur toi l'éternel anathème!
(lui présentant le trousseau)
Les voici, les voici... que Satan n'aille pas m'emporter!
L'espoir en moi se glisse en voyant son effroi; etc.
Tous mes membres frémissent de surprise et d'effroi; etc
(Angèle lui ordonne sur un premier signe de se lever; sur un second, de si diriger vers la chambre de Jacinthe; sur un troisiême d'y entrer; Perez obéit en tremblant.)
(Elle se précipite vivement derrière la porte qui ouvre en dehors et dont le battant la cache aux yeux du spectateur.)
(sortant de la porte du fond, tenant sous le bras un panier de vin et voyant la porte de sa chambre qui est restée ouverte)
Eh, quoi! Perez m'attend déjà!
(Elle entre dans la chambre, et Angèle, qui était derrière la porte, la referme et retire la clef )
L'heure, la
nuit, tout m'est propice!
Du courage... ne tremblons pas!
Vierge sainte, ma protectrice, inspiremoi, guide mes pas!
(Elle sont de la maison par la porte du fond.)
(Horace sort doucement du salon, il marche sur la pointe des pieds, et dans I'obscurité se dirige à tôtons vers la chambre de Jacinthe.)
Amour, viens
finir mon supplice et près d'elle guider mes pas.
L'heure, la nuit, tout m'est propice, je vais la voir, ne tremblons pas, etc.
Amour, viens finir mon supplice, etc.
(Juliano, Lord Elfort et tous les jeunes gens sortent de la porte du salon.)
Juliano, Lord Elfort et les amis
La bonne
affaire!
Silence, ami'!
Avec mystère il est sorti.
Rendezvous tendre ici l'attend, il faut surprendre le conquérant!
(Horace, avec la clef qu'il a dans sa poche, a ouvert la ponte à droite, est entré un instant dans la chambre et en ressort dans l'obscuaté, tenant Jacinthe par /a main.)
Venez, venez, madame venez, n'ayez plus de ciainte!
Qu'estce que ça veut dire?
À votre chevalier, à votre défenseur, il faut vous confier, et vous faire connaître!
(Juliano est entré dans le salon, et en ressont tenant un flambeau à plusieurs branches. Lé théâtre redevient éclairé.)
Ah! grand Dieu!
Juliano, Lord Elfort et les amis
C'est Jacinthe!
La bonne affaire!
Vive à jamais et la douairière et ses attraits!
Qui pourrait croire tel dévoûment?
Honneur et gloire au conquérant!
L'étrange
affaire!
Que voisje, hélas!
Et que! mystère suit donc mes pas?
Dans ma mémoire tout se confond.
Je n'ose croire sa trahison!
L'étrange
affaire!
Qu'ontils donc tous?
La chose est claire, on rit de nous!
Faire à ma gloire pareil affront!
Je n'ose croire à leur soupçon!
(montrant la chambre)
Elle était là pourtant... elle y doit encore être!
Juliano, Lord Elfort et les amis
(Horace entre la chambre et ressort en tenant Gil Perez par la main )
Juliano, Lord Elfort et les amis
Un homme!
(à Juliano)
Gil Perez, que vous devez connaître, un cuisinier de grand talent, qui venait pour m'aider pour le souper!
(souriant)
Vraiment! Ici, dans ton appartement!
(à part)
Et quel destin fetal poursuit ce pauvre Horace Même auprès de Jacinthe, il rencontre un rival!
La bonne
affaire!
Vive à jamais et la douairière et ses attraits!
Qui pourrait croire tel dévoûment?
Honneur et gloire au conquérant!
Les amis
L'étrange
affaire!
Je tremble, hélas!
La chose est claire, c'est Satanas!
Figure noire au front cornu, je n'ose croire ce que j'ai vu!
(qui, pendant la hn de cet ensemble, est entré dans la chambre de Jacinthe, en ressort en ce moment)
Partie!... hélas! partie!... elle n'est plus ici... Et cette fois encor loin de nous elle a fui!
Eh! qui donc?
Fautil vous le dire? L'esprit follet, le sylphe... Ou plutôt le démon qui me trompe, m'abuse et rit de mon martyre!
Ton inconnue...
Eh! oui! je l'ai vue...
Allons donc!
Ici même... à l'instant... c'est cette jeune fi!!e qui nous servait à table.
Inésille!
La nièce de Jacinthe...
(à Jacinthe)
Entendstu!
J'entends bien.
Et que distu?
Je dis que le seigneur Horace pourrait avoir raison!
Parle! achève de grâce! Quel!e estelle?
Je n'en sais rien.
Elle n'est pas ta nièce?
Mon Dieu, non!
Mon Dieu, non!
Tu ne l'as pas vue avant?
Mon Dieu, non! Non, cent fois, non! Je ne connais ni son rang ni son nom!
(à Juliano)
Tu le vois bien, mon cher, c'est un démon!
Juliano, Lord Elfort, Gil Perez
Un démon!
Juliano, Lord Elfort, les amis
Grand Dieu! quelle
aventure!
C'est charmant, je le jure!
Quoi! sous cette figure se cachait un démon!
Mais lutine ou sylphide, que le dépit nous guide, pour trouver !a perfide,
parcourons ta maison!
Ah! pareille
aventure me confond, je le jure!
Son âme et sa figure sont celles d'un démon!
Mais, lutine ou sylphide, que le dépit nous guide, pour trouver la perfide,
parcourons la maison!
Sous l'aspect d'une riche dame l'esprit malin m'est apparu!
Puis, sous les traits d'une gentille femme, a table, ici, nous l'avons vu!
Et moi, j'en jure sur mon âme sous !es traits d'un fantôme au front noir et cornu, je l'ai vue, de mes deux yeux vue!
(à Juliano)
Eh bien, mon cher, qu'en distu?
(riant)
Je dis... je dis...
L'étonnante
aventuré!
C'est charmant, je !e jure!
Quoi! sous cette figure se cachait un démon!
Mais lutine ou sy!phide que le dépit nous guide, pour trouver la penfide,
parcourons ta maison!
éveillons! réveillons!
Parcourons la maison!
Ah! pareille
aventure me confond, je le jure!
Son âme et sa figure sont celles d'un dèmon!
Mais, lutine ou sy!phide, que le dèpit nous guide, pour trouver la perfide,
parcourons la maison,
Réveillons! réveillons! Parcourons la maison!
(Jacinthe et les valets des jeunes seigneurs ont apporté plusieurs flambeaux, chacun en prend un, et tous sortent en désordre et avec grand bruit parles différentes portes de l'appartement.)