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Eugene Scribe
La domino noir

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ACTE III

 

Entr'acte

 

Le parloir d'un couvent en Espagne. Au fond deux poaes conduisant dans les cours du monastère. A gauche, eh sur le premier plan, la cellule de l'abbesse. A droite du spectateur, sur le prem/er plan, une petite porte qui conduit au jardin; du même côté, sur le second plan, une large travoe qui donne sur l'intérieur de la chapelle.

Brigitte

(seule)

J'ai beau essayer de réciter mes prières c'est impossible... je suis trop inquiète... sœu Angèle n'est pas encore de retour au couvent Pauvre Angèle, mais qu'est elle devenue? La future abbesse des Annonciades obligée de découcher et perdue dans les rues de Madrid!... quel scandale!... Si encore je pouvais ce matin cacher son absence... mais ici il n'y a que des femmes.. pis encore, des nonnes... et toutes ces demo~selles sont si curieuses si indiscrètes si bavardes... On n'a pas d'idée cela dans le monde!

Au réfectoire, à la prière, méme en récitant son rosaire on jase, on jase tant, hélas, que la cloche ne s'entend pas.

Et, s'il faut parler sans rien dire, sur le prochain s'il faut médire, savez­vous où cela s'apprend?
C'est au couvent.
Mes demoiselles qu'on trouve les meilleurs modèles, oui, c'est au couvent qu'en peu de temps cela s'apprend.

Humble et les paupières baissées, jamais de mauvaises pensées mais avant d'entrer au parloir, on jette un coup d'œii au miroir.
Si vous voulez, jeune fillette, être à la fois prude et coquette, savez­vous où cela s'apprend?
C'est au couvent.
Mes demoiselles qu'on trouve les meilleurs modèles, oui, c'est au couvent que tous les temps cela s'apprend.

Ursule

(la saluant en entrant)

Ave, ma sœur!

Brigitte

Ave sœur Ursule!
Vous voici levée de bon matin!

Ursule

J'avais à parler à sœur Angèle.

Brigitte

À notre jeune aoPesse?

Ursule

Oh, elle ne l'est Pas encore.

Brigitte

Aujourd'hui même... dès qu'eile aura pris le voile.

Ursule

Si elle le prend!

Brigitte

Et qui s'y opposera?

Ursule

Moi peut­être! Angèle d'Olivarès est cousine de la re~ne, on !a nomme à la plus riche abbaye de Madrid... avant l'âge et avant qu'elle n'ait prononcé ses vœux! L'injustice me révolte et je ne vois là­dedans que l'intérêt du cie! et du couvent.

Brigitte

Et le désir d'être abbesse.

Ursule

Et quand ce serait
Est­ce qu'elle n'est pas dans son appartement?

Brigitte

E!le ne reçoit personne.

Ursule

Encore!

Brigitte

Elle a la migraine.

Ursule

Comme les grandes dames!

(On frappe à la porte du jardin.)

Qui vient là?

Brigitte

Si c'était elle!

Ursule

Ouvrez donc... ouvrez vite.

Brigitte

Je n'ai pas !a clefje l'ai remise dans la paneterie avec les autres.

Ursule

Je vais !a prendre.

Brigitte

part)

Va .. tu !a chercheras longtemps...

(haut)

Je vous suis, ma chère sœur!...

(Elles sontent par la porte au fond. Angè/e entr'ouvre la porte à droite. Elle est en domino noir, pâle et se soutenant à peine.)

Angèle

Je suis sauvée enfin!... le jour allait éclore, et l'on ne m'a pas vue.

(se jetant sur un fauteuil)

Ah! respirons un peu.

(se levant brusquement)

Qu'entendsje, ô mon Dieu!
Non, rien... j'y croyais étre encore.

(Elle se lève et jette sur le fauteuil qu'elle vient de quitter le trousseau de clefs qu'elle tenait à la main.)

Ah! quelle nuit!
Le moindre bruit me trouble et m'interdit!
Et je m'arrête, hélas à chaque pas.
Soudain j'entends de lourds fusils au loin retentissants... et puis Qui vive? Holà!
Qui marche là?
Ce
sont des soldats un peu gris par un sergent ivre conduits.
Sous un sombre portail soudain je me blottis, et grâce à mon domino noir on passe sans m'apercevoir.
Tandis que moi, droite, immobile et mourante d'effroi, en mon cœur je priais, et je disais:
O mon Dieu! Dieu puissant sauve­moi de tout accident, sauve ithonneur du couvent!

En cet instant, passe en chantant un jeune ètudiant!
Le voleur à ce bruit soudain s'enfuit.
Mon défenseur s'approche alors --
Calmez votre frayeur, je ne vous quitte pas, prenez mon bras.
-
-Non, non, monsieur, seule j'irai...
--Non, signora, bon gré, malgré, jusqu'en votre logis je vous escorterai.
-
-Non, non, cessez de me presser.
--Calmez vous... je vais vous laisser.
Mais un baiser, un seul baiser!
Comment le refuser? Un baiser... je le veux...
Il en prit deux! Et pendant ce moment,
O mon Dieu, disaisje en tremblant, sauve l'honneur du couvent!

Mais je suis, grâce au ciel, à l'abri de l'orage; et je n'ai plus rien à craindre en ce pieux réduit, et je ne sais pourtant quelle fatale image jusqu'au pied du saint lieu m'agite et me poursuit.

Flamme vengeresse, tourment qui m'oppresse, amour qui sans espoir me laisse, tu vois ma faiblesse, hélas pauvre abbesse, devant toi mon pouvoir s'abaisse.
Rends à mon cœur le calme et la paix, toi qu'hélas autrefois je bravais.
Flamme vengeresse, etc.
Comment le fuir et le bannir - le moyen, ah mon Dieu, je l'ignore.
Je veux ici l'oublier, oui, je le veux, et je le vois encore.
Flamme vengeresse, etc. Amour, va tten pour jamais.

Brigitte

(rentrant par la porte du fond qu'elle referme)

C'est vous, madame! Mais qui donc vous a ouvert la porte du couvent?

Angèle

(montrant le trousseau de clefs qu'elle a jeté sur le fauteuil)

Je te le dirai.

Brigitte

Le trousseau de clefs de Gil Perez, le concierge.
Comment est­il entré entre vos mains?

Angèle

C'est une longue histoire

Brigitte

Et aujourd'hui méme, où vous devez prendre le voile!

Angèle

Ah, ces vœux que je vais prononcer feront maintenant le malheur de ma vie.

Brigitte

Mais refusez.

Angèle

Est­ce que c'est possible, quand la reine l'ordonne.
Il faut se soumettre à sa destinée, aujourd'hui, tout sera fini pour moi!

Brigitte

Pauvre abbesse!
On vient, partez vite.

(Angèle rentre dans son appartement à gauche.)

Chœur de nonnes

(entrant, vif et babillard)

Ah! quel malheur pour nous!
Ma chère sœur, combien, hélas, mon cœur partage sa douleur!
Pour calmer son tourment i! nous faut sur­le­champ prier dévotement tous les saints du couvent.
Mais avant tout, le fait est­il certain?
Quoi, madame l'abbesse a depuis ce matin une migraine affreuse!
Oh, le ciel complaisant devrait de pareils maux préserver le couvent!

Brigitte

Qui vous a dit cela?

Les nonnes

Vraiment, c'est notre chère sœur Ursule!

Brigitte

part)

C'est par elle, dans le couvent, que chaque nouvelle circule.

(haut)

Mais calmez­vous, cela va mieux.

Les nonnes

Cela va mieux!...
Ah! quelle ivresse!
Aujourd'hui madame l'abbesse pourra donc prononcer ses vœux?
Ah! la belle cérémonie!
Que! beau spectacle, quel beau jour!
Chez nous, où toujours on s'ennuie, nous aurons la ville et la cour!
Et puis ensuite au réfectoire un grand repas.
Mes chères sœurs. un grand repas.

Brigitte

C'est étonnant, et, d'honneur, on ne pourrait croire comme on est gourmande au couvent!

Les nonnes

Ah! quel bonheur pour nous, ma chère sœur.
Quoi! le ciel protecteur dissipe sa douleur!
D'un miracle aussi grand il faut dévotement remercier le ciel et les saints du couvent.
Il est donc vrai?
Le fait est bien certain!
Cette affreuse migraine a disparu soudain!
Le ciel nous !e devait, oui, le ciel bienfaisant devrait de pareils maux préserver le couvent.

(Ursule entre par le fond. On frappe à la porte à droite.}

Ursule

Quoi! vous n'entendez pas qu'ici l'on frappe encore?

Les nonnes

Et la clef?

Brigitte

(la leur donnant)

La voici.

Ursule

(bas à Brigitte)

Vous qui ne l'aviez pas?…

Brigitte

(d'un air naif)

Tout à l'heure, ma chère, je l'ai retrouvée.

Ursule

part, d'un air de déliance)

Ah!

Les nonnes

Comment, c'est la tourière! Qui donc l'amène?

La tourière

(entrant par la porte à droite, que l'on vient d'ouvrir)

On le saura.
Et sur un fait auquel votre honneur s'intéresse.
Je viens pour consulter madame notre abbesse.

Ursule

part)

On ne peut la voir. Et cela cache encore un mystère.

Brigitte

Tenez, la voilà!

(Angèle sort de son appartement. Elle porte le costume d'abbesse.)

Angèle

Mes chères sœurs, mes sœurs, que l'allégresse et la paix règnent dans vos cœurs, que Dieu vous protège sans cesse et vous comble de ses faveurs!
Que Dieu vous protège sans cesse et vous comble de ses faveurs!

Ursule

part)

Qu'elle est heureuse d'être abbesse!
Mais tout s'obtient par la faveur, et bientôt, grâce à mon adresse, j'aurai peut­être ce bonheur.

Brigitte, la tourière, les nonnes

Qu'elle est gentille, notre abbesse!
Qu'elle a de grâce et de douceur!
Avec elle règnent sans cesse ia douce paix et ie bonheur.

Ursule

(allant à Angéle)

Ah! madame, combien j'étais inquiétée...
Comment avez­vous donc passé la nuit!

Angèle

(regardant Brigitte)

Fort bien. Une nuit assez agitée; mais ce matin ce n'est plus rien.

Ursule

Quel bonheur!

Angèle

(à la tourière qui s'avance)

Eh bien! qu'est­ce?

La tourière

Hélas! dans ces saints lieux je n'avais jamais vu scandale de la sorte...
Le portier du couvent qui se trouve à la porte.

Ursule

Passer la nuit dehors, c'est un scandale affreux.

Ursule, la tourière

Compromettre à ce point la maison!
Un tel événement jamais jusqu'à présent n'aff!igea le couvent.

Les nonnes

Ah! quelle horreur, m a is voyez­do n c, ma u r, compromettre à ce point la maison du seigneur!
Ah! quel scandale affreux!
Un tel événement jamais jusqu'à présent n'affligea le couvent.
N'en parlons pas, car du soir au matin, sans y penser on jase aux dépens du prochain.
Cette fois taisons nous, mes sœurs!
C'est plus prudent pour sauver notre honneur. et celui du couvent.

Angèle

Un instant... un instant... ayons de l'indulgence.
Quelquefois, mes sœurs, on ne peut rentrer aussitôt qu'on le veut.

part)

Je le sais!

(à la tourière)

Que dit­il enfin pour sa défense?

La tourière

Par des brigands, hier soir arrêté...

Angèle

part)

Ah! comme il ment!

La tourière

...par eux enchaîné, garrotté...

Angèle

part)

Ah! comme il ment!

La tourière

...et de tout son argent, et de ses clefs, dépouillé.

Angèle

part)

Comme il ment!

Brigitte

(regardant les clefs qu'elle a prises)

Les voici!

Angèle

(vivement et à voix basse)

Cache­les!

(haut et les yeux fixês sur les clefs)

Je vois bien qu'au couvent il ne pouvait rentrer... et qu'il faut qu'on pardonne.

La tourière, Ursule

Ah! que! horreur...
C'est scandaieux!
Elle est trop bonne...
Un tel événement, etc.

Les nonnes

Ah! quelle horreur, ma is voyez­donc, ma sœu r, compromettre à ce point la maison du seigneur! etc.

Angèle

part)

Que le ciel me pardonne!

La tourière

Ce n'est pas tout encore, et voilà qu'au parloir, un cavalier demande à voir Madame notre abbesse.

Angèle

Impossible à cette heure.
Voici matines, et déjà nous sommes en retard...
Son nom?

La tourière

Massarena.

Angèle

Horace! O ciel ! Que dans cette demeure, i! nous attende!...

Ursule

Eh! mais, à ce nom­là, Madame semble bien émue.

Angèle

Qui, moi? non pas...

part)

M'aurait­on reconnue?

(faisant un pas)

Et saurait­il?

Les nonnes

Les cloches argentines pour nous sonnent matines
Allons d'un cœur fervent prier pour le couvent!

Ursule

Madame, voici matines, et déjà nous sommes en retard.

Brigitte

(avec impatience)

Eh! mon Dieu, I'on y va.

Angèle

M'aurait­on reconnue?

Ursule

Elle semble bien émue.

Toutes les nonnes

Les cloches argentines pour nous sonnent matines, etc.

(Elles dêfilent toutes par les portes du fond, que l'on referme, et la tourière, à qui Angèle a parlê bas, reste la demière.)

La tourière

Entrez, entrez, seigneur cavalier.

(Horace entre de la porte à droite.)

Madame la supérieure vous prie de l'attendre dans ce parloir... en ce moment nous sommes toutes à matines! Dieu vous garde, mon frère.

(Elle sort.)

(On entend le son de l'orgue dans la chapelle.)

Horace

À ces accords religieux, le calme renaît dans mon âme.
Filles du ciel, vous qu'un saint zèle enflamme, à vos pieux accents je veux mêler mes vœux.
Avec elles prions.

(Il se lève et s'approche de la travée à droite qui donne sur la chapelle. Il s'agenouille sur une chaise qui est contre la travée.)

Angèle

(chantant en dehors)

Heureux qui ne respire que pour suivre ta !oi, mon Dieu, sous ton empire ramène notre foi.
Que ton amour m'enflamme, et vienne rendre, Seigneur, le bonheur à mon âme et le calme à mon cœur.

Horace

(qui pendant ce eantique a montré la olus grande émotion)

Ah! quel troubie de moi s'empare!
De surprise et d'effroi tout mon sang s'est glacé!
C'est elle encor! c'est elle!
Ah! ma raison s'égare.
Filles du ciel, priez pour un pauvre insensé

Le chœur

Que ton amour l'enflamme, prends pitié du pécheur!
Rends la paix à son âme et le calme à son cœur.

Angèle

Les amours de la terre ont bien vite passé; leur bonheur éphémère c'est bientôt éclipsé; mais quand tu nous enflammes, toi seul donnes, Seigneur, le bonheur à nos âmes et la paix à nos cœurs.

Horace

Ah! quel trouble de moi s'empare! De surprise et d'effroi, etc.

Le chœur

Que ton amour l'enflamme, prends pitié du pécheur! etc.

Angèle

Toi seul donnes, Seigneur, le bonheur à nos ârnes et la paix à nos coeurs.

Brigitte

(entrant par la porte du fond)

Madame l'abbesse!

(Angèle paratt: elle est enveloppée rdans son voile. Brigitte sort.)

Angèle

Seigneur Horace de Massarena, on m'a dit que vous demandez à me parler...

Horace

Oui, ma sœur... d'une affaire très importante.
M. le duc de San Lucar me destinait sa fille en mariage...
Mais ce mariage est impossible.

Angèle

Que dites­vous?

Horace

Il ne peut plus avoir lieu, parce qu'il en est une autre que j'aime et que j'aimerai toute ma vie.

Angèle

part)

Ah, mon Dieu!

Ursule

(entrant)

Madame, voici déjà le comte Juliano, lord et lady Elfort et puis M. de San Lucar… et des seigneurs de la cour qui arrivent pour la cérémonie

Angèle

O ciei!...

Ursule

Mon oncle don Gregorio m'a dit de vous remettre cette ordonnance qui est scellée des armes de Sa Majesté.

Angèle

Donnez!

Ursule

part)

Je veux être témoin de son dépit... pour aller le conter à tout le couvent.

Angèle

(écartant un instant son voile wur lire la lettre)

Dieu! Que vois-je!

(Elle s'enfuit.)

Horace

(reconnaissant Angéle)

Ah!...

Ursule

Elle sait tout.

(Elle sort en courant )

Horace

C'est mon inconnue… c'est mon domino noir... c'est la servante aragonaise... c'est Inésille, l'abbesse...
Non... elle a pris sa robe, eile a pris ses traits... mais, ce n'est pas elle!

(Entrent Lord et Lady Eltont, Juliano, seigneurs de la cour. Puis Brigitte, Ursule, la tourière et toutes les nonnes. Les nonnes entrent par les portes du fond, et se rangent en demi­cercle au fond du théâtre; derrière elles, les dames et seigneurs de la cour; Angéle, habillée en blanc et voilée, sort de son appantement, et se place au milieu du théâtre; Ursule à côté d'elle.)

Angèle

Mes sœurs, mes chères sœurs, notre auguste souveraine la reine ne veut pas que je sois votre abbesse.

Ursule

(a part)

Quel bonheur!

Angèle

Et par son ordre exprès, à sœur Ursule je remets ce titre et le pouvoir suprême.

Les nonnes

Ah! quel malheur! Ah! quels regrets!

(Pendant que parle Angèle, Horace témoigne la plus grande émotion. Il veut aller à elle. Juliano, qui est plus près de lui, le retient)

Angèle

Il faut vous quitter pour jamais, car on m'ordonne aujourd'hui méme d'avoir à choisir un époux.

Lord Elfort

(s'approchant d'Angèle)

Ah! quelle tyrannie extrême!
Ce n'était pas ainsi chez nous, on était libre...

Angèle

(s'avançant vers Horace)

Et cet époux, voulez­vous l'être, Horace, voulez­vous?

(Pendant cette phrase de chant Brigitte, qui est derriêre Angèle, a retiré peu à peu son voile. Horace lève les yeux, reconnait les traits d'Angèle, pousse un cn et tombe à ses genoux )

Horace

Ah! C'est elle, toujours elle! O moment trop heureux! Démon, ange ou mortelle, ne fuyez plus mes yeux! etc.

Angèle

Ce n'est qu'une mortelle qui veut vous rendre heureux, et d'un amant fidèle récompenser les feux! etc.

Tous

C'est elle, c'est bien elle qui veut le rendre heureux!
O surprise nouvelle qui vient charmer ses yeux! etc.

Horace

De mon bonheur je doute encor moi­même!
Après les changements qu'à chaque instant j'ai vus, c ha nge me nts biza rres et contus .

Angèle

Qu'un mot peut expliquer Horace, je vous aime!

Horace

Ah! maintenant, ne changez plus!
C'est elle, toujours elle, etc.

Angèle

Ce n'est qu'une mortelle, etc.

Tous

C'est elle, toujours elle, etc.

 




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