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LA CRÉATION, COMMENCEMENT
DE L’ÉCONOMIE DU SALUT
51. L’univers, créé
" ex nihilo ", est le monde dans lequel, par Jésus-Christ,
s’accomplissent réellement le salut et la rédemption.
Déjà, dans l’Ancien
Testament, la vérité de l’action créatrice de Dieu n’est
pas présentée comme un principe philosophique abstrait ; elle
entre dans l’esprit des Israélites, grâce à la connaissance
de l’unité de Dieu, comme une annonce de la puissance et de la victoire
de Yahvé, comme une preuve qui démontre la présence
permanente du Seigneur avec son peuple (cf. Is 40, 27-28 ; 51, 9-13). La
toute-puissance de Dieu créateur se manifeste encore, de manière
éminente, dans la résurrection du Christ, où se
révèle " l’extraordinaire grandeur de sa puissance "
(Eph 1, 19).
C’est pourquoi la
vérité de la création ne doit pas être
présentée simplement comme une vérité se tenant par
elle-même, à part des autres, mais comme quelque chose qui, de
fait, est ordonné au salut accompli par le Christ. La création
des choses visibles et invisibles, du monde et des anges, est le commencement
de l’histoire du salut (cf. DV, 3) ; la création de l’homme (cf. Pie
XII, Enc. Humani Generis, AAS, 1950, page 575 ; GS, 12, 14) doit être
considérée comme le premier don et le premier appel qui
conduisent à la glorification dans le Christ (cf. Rom 8, 29-30).
Lorsqu’il écoute un exposé doctrinal sur la création, un
chrétien, en plus de réfléchir au premier acte par lequel
Dieu " a créé le ciel et la terre " (Gen 1, 1), doit
encore orienter son esprit vers toutes les entreprises salvifiques de Dieu.
Celles-ci sont perpétuellement présentes dans l’histoire de
l’homme et du monde, elles commencent à briller surtout dans l’histoire
d’Israël, elles conduisent à l’événement souverain de
la résurrection du Christ, elles s’achèveront à la fin du
monde, quand apparaîtront des cieux nouveaux et des terres nouvelles (cf.
1 Pierre 3, 13).
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