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FOI " TRADITIONNELLE "
6. Pour beaucoup, la foi chrétienne s’est trouvée gravement en
péril, là où la religion semblait surtout favoriser les
prérogatives de certaines classes sociales, ou bien lorsqu’elle
s’appuyait plus que de raison sur des coutumes ancestrales ou sur
l’unanimité de la pratique religieuse dans la région.
Ces foules glissent peu à peu dans l’indifférence religieuse
ou sont exposées au danger de ne garder qu’une foi privée de son
nécessaire dynamisme, incapable de pénétrer efficacement
la vie réelle. Plutôt que de s’en tenir à des coutumes
religieuses traditionnelles, il s’agit, par-dessus tout, à l’heure
actuelle, de s’appliquer à une ré-évangélisation
des hommes, de les amener à une nouvelle conversion, de les éduquer
au partage d’une foi plus profonde et plus personnelle.
Cela ne veut pas dire, toutefois, qu’il faille négliger la foi
originelle conservée dans les groupes de culture chrétienne
traditionnelle ou faire peu de cas du sens religieux populaire. Le sens religieux,
nonobstant les progrès de la sécularisation, continue
d’être bien vivant dans certaines parties de l’Église. Personne ne
peut en faire fi, puisque, la plupart du temps, il s’exprime avec
sincérité et authenticité dans la vie courante d’une
multitude d’hommes. Bien plus, le sens religieux populaire est l’occasion,
l’amorce d’une annonce de la foi. Il s’agit seulement, en
réalité, de le purifier et d’apprécier correctement les
éléments de valeur qu’il sous-tend, de façon à ne
pas s’attacher à des formes d’action pastorale aujourd’hui
insuffisantes, inadaptées, peut-être même hors de propos.
INDIFFÉRENCE RELIGIEUSE ET ATHÉISME
7. Nombre de baptisés se sont éloignés de la religion,
au point de faire preuve d’un certain indifférentisme, voire presque
d’athéisme. " Beaucoup de nos contemporains ne perçoivent
pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital
qui unit l’homme à Dieu : à tel point que l’athéisme
compte parmi les faits les plus graves de ce temps et doit être soumis
à un examen très attentif " (GS, 19).
Le Concile Vatican II a pris sérieusement en considération ce
problème (cf. GS, 19-20) et il a indiqué, sans équivoque,
les remèdes à y apporter. " Quant au remède à
l’athéisme, on doit l’attendre d’une part d’une présentation
adéquate de la doctrine, d’autre part de la pureté de vie de
l’Église et de ses membres. C’est à l’Église qu’il
revient, en effet, de rendre présents et comme visibles Dieu le
Père et son Fils incarné, en se renouvelant et en se purifiant
sans cesse, sous la conduite de l’Esprit-Saint. Il y faut surtout le
témoignage d’une foi vivante et adulte, c’est-à-dire d’une foi
formée à reconnaître lucidement les difficultés et
capable de les surmonter " (GS, 21).
Il y a même des cas où l’on rencontre une foi chrétienne
contaminée par une forme nouvelle de paganisme, bien qu’il reste un
certain sens religieux et une certaine croyance en l’Être suprême.
Une mentalité religieuse peut être éloignée de
l’influence de la parole de Dieu, de la pratique des sacrements, et même
tirer profit d’une pratique superstitieuse ou magique ; la vie morale peut
régresser vers une éthique pré-chrétienne. Dans la
religion chrétienne, s’introduisent parfois des éléments
empruntés au culte de la nature, à l’animisme, à la
divination, et c’est ainsi qu’en certains endroits on en arrive au
syncrétisme. Il arrive même que se propagent des sectes
religieuses qui mêlent aux mystères chrétiens des
éléments d’une mythologie antique.
Dans ces cas, il importe au plus haut point de renouveler le
ministère de la parole, surtout l’évangélisation et la
catéchèse, selon les directives du Décret Ad Gentes
divinitus, n. 13, 14, 21, 22.
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