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Conseil Pontifical de la Culture
Pastorale de la culture

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  • II DÉFIS ET POINTS D'APPUI
    • Une époque nouvelle de l'histoire humaine (Gaudium et Spes, n. 54)
      • Identités et minorités nationales
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Identités et minorités nationales

10. Si leur unité de nature constitue tous les hommes membres d'une seule et même grande communauté, le caractère historique de l'humaine condition les rend nécessairement attachés de façon plus intense à des groupes particuliers: de la famille aux nations. La condition humaine est ainsi placée entre ces deux pôles - l'universel et le particulier -, en tension vitale singulièrement féconde, si elle est vécue dans l'équilibre et l'harmonie.

Le fondement des droits des nations n'est autre que la personne humaine. En ce sens, ces droits ne sont rien moins que les droits de l'homme considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire. Le premier de ces droits est le droit à l'existence. « Personne - ni un Etat, ni une autre nation, ni une organisation internationale - n'est jamais fondé à considérer qu'une nation ne serait pas digne d'exister ».(15) Le droit à l'existence implique naturellement, pour toute nation, le droit à sa propre langue et à sa culture. C'est par elles qu'un peuple exprime et défend sa souveraineté singulière.

Si les droits de la nation traduisent les exigences de la particularité, il importe aussi de souligner celles de l'universalité, avec les devoirs qui en découlent pour chaque nation envers les autres et toute l'humanité. Le premier de tous est sans nul doute le devoir de vivre dans une volonté de paix, respectueuse et solidaire à l'égard des autres. Apprendre aux jeunes générations à vivre leur propre identité dans la diversité est une tâche prioritaire de l'éducation à la culture, d'autant que souvent des groupes de pression ne manquent pas d'utiliser la religion à des fins politiques qui lui sont étrangères.

A l'encontre du nationalisme porteur de mépris, voire d'aversion pour d'autres nations et cultures, le patriotisme est l'amour et le service légitimes, privilégiés, mais non exclusifs, de son propre pays et de sa culture, aussi loin du cosmopolitisme que du nationalisme culturel. Chaque culture est ouverte à l'universel par le meilleur d'elle-même. Elle est appelée aussi à se purifier de sa part d'héritage de péché, inscrite dans certains préjugés, coutumes et pratiques opposés à l'Evangile, à s'enrichir de l'apport de la foi et à « enrichir l'Eglise universelle elle-même d'expressions et de valeurs nouvelles » (Cf. Redemptoris Missio, n. 52 et Slavorum Apostoli, n. 21).

En même temps, la pastorale de la culture s'appuie sur le don de l'Esprit de Jésus et de son amour qui « s'adressent à tous et chacun des peuples et des cultures pour les unir entre eux à l'exemple de l'unité parfaite qui existe en Dieu un et trine » (Ecclesia in America, n. 70).




15) Jean-Paul II, Discours à l'Assemblée générale de l'O.N.U., 5 octobre 1995, n. 8; Doc. Cath., XCII (1995) 920.






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